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Commerce extérieur : les valeurs unitaires des importations marocaines grimpent de 10 %

Comment la hausse des coûts des produits échangés peut-elle peser sur les entreprises et les consommateurs marocains ?


Rédigé par le Jeudi 8 Octobre 2026

Le commerce extérieur marocain subit une nouvelle pression sur les valeurs unitaires des marchandises échangées. Selon les données publiées le 5 octobre par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’indice des valeurs unitaires à l’importation a progressé de 10 % au deuxième trimestre 2026, sur un an. À l’exportation, la hausse atteint 10,9 %. Derrière ces évolutions se dessinent plusieurs enjeux pour l’économie nationale : renchérissement des approvisionnements, compétitivité industrielle, évolution des marges et transmission éventuelle de ces coûts aux consommateurs.



​Des importations plus coûteuses, avec un effet énergétique marqué

Commerce extérieur : les valeurs unitaires des importations marocaines grimpent de 10 %
Les dernières statistiques du HCP confirment une hausse importante des valeurs unitaires des marchandises importées par le Maroc.

Au deuxième trimestre 2026, l’indice correspondant a augmenté de 10 % par rapport à la même période de 2025. Cette évolution reflète notamment le renchérissement de certaines catégories de produits stratégiques.

Le poste « énergie et lubrifiants » enregistre une progression particulièrement élevée de 53,1 %. Les produits bruts d’origine minérale affichent une hausse de 97 %, tandis que les demi-produits progressent de 4,6 %.

Les produits finis d’équipement industriel augmentent de 1,2 %, contre 0,8 % pour les produits finis de consommation.

Toutes les catégories ne suivent cependant pas la même trajectoire. Le HCP relève une baisse de 0,6 % pour l’alimentation, les boissons et le tabac, ainsi qu’un recul de 3,3 % pour les produits finis d’équipement agricole.

Cette diversité rappelle que le renchérissement des échanges extérieurs ne frappe pas uniformément l’ensemble des secteurs économiques.

​À l’exportation, une progression également supérieure à 10 %

L’évolution des exportations mérite une lecture tout aussi attentive.

Selon le HCP, l’indice des valeurs unitaires à l’exportation a progressé de 10,9 % au deuxième trimestre 2026, comparativement au trimestre correspondant de l’année précédente.

Cette progression concerne notamment les demi-produits, dont les valeurs unitaires augmentent de 23,4 %, ainsi que l’alimentation, les boissons et le tabac, en hausse de 16,2 %.

Les produits finis d’équipement industriel enregistrent une progression de 5 %, tandis que celle des produits finis de consommation atteint 3,6 %.

Ces évolutions peuvent correspondre à plusieurs phénomènes : modification des prix internationaux, changement de composition des produits échangés ou montée en valeur de certaines exportations.

Il serait toutefois prématuré de conclure que le Maroc améliore automatiquement sa compétitivité.

Une valeur unitaire plus élevée ne signifie pas nécessairement que les entreprises exportent davantage de produits, ni qu'elles réalisent des marges supérieures.

Pour apprécier leur performance commerciale, il faut examiner les quantités exportées, les recettes réalisées et les coûts de production.

​Pourquoi les valeurs unitaires ne sont pas des prix de détail

L’indice publié par le HCP ne doit pas être confondu avec l’inflation mesurée auprès des consommateurs.

Les valeurs unitaires résultent du rapport entre la valeur commerciale des marchandises et les quantités correspondantes. Leur évolution peut être influencée par les prix, mais aussi par la nature et la qualité des produits concernés.

La distinction est essentielle.

Une hausse des valeurs unitaires à l’importation n’implique pas mécaniquement une augmentation identique des prix dans les commerces marocains.

Entre l’arrivée d’une marchandise au port et son achat par un consommateur interviennent les frais de transport, les droits et taxes éventuels, les coûts de stockage, les marges commerciales et la concurrence.

Les entreprises peuvent également absorber une partie de la hausse, réduire leurs marges ou renégocier leurs contrats.

L’impact final dépend donc de plusieurs paramètres, dont le taux de change, la durée des contrats d’approvisionnement et la disponibilité de produits de substitution.

Quelles conséquences possibles pour l’industrie marocaine ?

Les entreprises qui importent des matières premières, des équipements ou des composants sont directement concernées par ces évolutions.

Dans certaines industries, une hausse des coûts d’approvisionnement peut réduire les marges et compliquer la préparation des budgets.

Elle peut également encourager une diversification des fournisseurs ou une recherche de solutions locales lorsque celles-ci existent et restent compétitives.

Pour les exportateurs, la situation est plus contrastée.

Une hausse de la valeur unitaire des marchandises vendues à l’étranger peut améliorer les recettes, mais uniquement si les volumes, les coûts et les conditions commerciales le permettent.

Les entreprises qui importent leurs intrants avant de réexporter des produits transformés doivent, quant à elles, comparer les évolutions des deux côtés de leur activité.

À ce stade, les données globales du HCP ne permettent pas de mesurer précisément les gains ou pertes de rentabilité des entreprises.

Les indicateurs à suivre dans les prochains mois

La prochaine étape consistera à rapprocher ces indices des données de l’Office des changes sur les flux commerciaux, des statistiques de production industrielle et de l’évolution des prix à la consommation.

Il faudra également surveiller les cours internationaux de l’énergie, les coûts de transport et la situation monétaire.

L’enjeu pour le Maroc n’est pas seulement de savoir combien valent les marchandises importées et exportées, mais de déterminer comment cette évolution affecte la création de valeur, l’emploi et le pouvoir d’achat.

Ces indicateurs permettront de distinguer un renchérissement conjoncturel d’une transformation plus durable de la structure des échanges.




Jeudi 8 Octobre 2026