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Conakry en crise : les Guinéens préparent le Ramadan malgré tout


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Mercredi 11 Février 2026

À l’approche du Ramadan 2026, les habitants de Conakry font face à une conjoncture économique difficile. Inflation des denrées de base, chômage et opérations de déguerpissement bouleversent le quotidien, rendant le jeûne de 30 jours encore plus compliqué pour les familles guinéennes.



Au marché de Sonfonia, tout devient luxe

Conakry en crise : les Guinéens préparent le Ramadan malgré tout

Il est un peu plus de dix heures au marché de Sonfonia Centre, où les étals clairsemés et les clients au regard inquiet témoignent d’une atmosphère lourde. Le prix des denrées alimentaires explose à quelques semaines du Ramadan.
 
L’oignon, traditionnel aliment de base, est devenu presque inaccessible. Haby Diallo, commerçante, raconte : « Le sac est revendu à 400.000 francs guinéens et au détail à 2.000. Les gens viennent au marché avec 30.000 ou 50.000 francs. Comment peut-on acheter du riz, du poisson, des oignons ? Il faut que ça change. »
 
Le pouvoir d’achat des Conakryens semble largement insuffisant face à ces flambées, affectant la préparation des repas et l’approvisionnement pour le mois sacré.
 
Déguerpissements et précarité accrue
 
La cherté de la vie n’est pas le seul obstacle. Les récentes opérations de déguerpissement ont privé de nombreux travailleurs informels de leurs lieux d’activité, en particulier les femmes vendant en bordure de route. Privées de revenus, elles affrontent une précarité encore plus sévère à l’approche du Ramadan.
 
Cette double pression – inflation et chômage forcé – met en lumière la vulnérabilité des populations urbaines face aux décisions économiques et sécuritaires locales.
 
Un Ramadan sous tension
 
Les Guinéens s’apprêtent donc à jeûner dans un contexte économique tendu, où les prix élevés et l’insécurité alimentaire compliquent la vie quotidienne. La situation pourrait se détériorer si les tendances actuelles se maintiennent, affectant non seulement le marché alimentaire mais aussi l’ensemble de l’économie informelle, essentielle dans la capitale.
 
Les autorités locales et acteurs économiques sont désormais sous pression pour apporter des solutions rapides, que ce soit par la régulation des prix ou le soutien aux populations affectées par les déguerpissements.





Mercredi 11 Février 2026