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Conseil de la paix pour Gaza : une coalition internationale inédite entre promesses financières, sécurité et reconstruction

Le Maroc a toute sa place dans cette architecture internationale naissante et n’a aucune raison de ne pas y être.


Rédigé par le Dimanche 22 Février 2026

Sur la base d’une résolution des Nations unies appelant à la protection des civils, à l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire et à la mise en place d’un cadre international de stabilisation pour Gaza, une nouvelle dynamique diplomatique a émergé ces dernières semaines. C’est dans ce contexte que le Conseil de la paix (Board of Peace – BoP) a tenu son premier rassemblement le 19 février, réunissant des États signataires de sa charte autour d’un objectif affiché : contribuer à la sécurisation, à la reconstruction et à la relance institutionnelle de la bande de Gaza après des mois de crise.

Pensé comme un mécanisme multilatéral complémentaire aux dispositifs onusiens existants, le BoP se positionne à l’interface entre aide financière, engagement sécuritaire et reconstruction civile. Les annonces formulées lors de cette première réunion témoignent d’une volonté de structurer une réponse internationale plus coordonnée, à la fois politique, humanitaire et opérationnelle. Reste à mesurer si cette initiative saura s’inscrire durablement dans le cadre du droit international et transformer l’esprit de la résolution onusienne en actions concrètes sur le terrain.



Conseil de la paix pour Gaza : une coalition internationale inédite entre promesses financières, sécurité et reconstruction
Le Conseil de la paix (Board of Peace – BoP) s’impose progressivement comme une nouvelle architecture diplomatique internationale dédiée à la stabilisation des zones de conflit, au premier rang desquelles la bande de Gaza. Lors de son premier rassemblement tenu le jeudi 19 février, plusieurs États membres ont présenté des offres de contribution substantielles en faveur de Gaza, mêlant aide financière, engagements sécuritaires et reconstruction institutionnelle.

Selon les données relayées par Reuters et Independent Arabia, les engagements annoncés atteignent des niveaux rarement observés dans un cadre multilatéral encore jeune. Les États-Unis se positionnent comme premier contributeur avec une promesse de 10 milliards de dollars, destinés à soutenir les efforts humanitaires et la stabilisation du territoire. Les pays du Golfe confirment leur rôle central : l’Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït annoncent chacun 1 milliard de dollars, tandis que les Émirats arabes unis portent leur engagement à 1,2 milliard de dollars.

Au-delà du financement, plusieurs États ont opté pour une implication opérationnelle. L’Indonésie propose le déploiement de 8 000 soldats dans le cadre d’une force internationale de sécurité pour Gaza, illustrant une volonté d’aller au-delà du soutien diplomatique. Le Kazakhstan combine aide financière et approvisionnement en blé, répondant directement aux urgences alimentaires. Le Bahreïn mise sur la reconstruction numérique en proposant l’infrastructure et les compétences nécessaires à la mise en place d’une plateforme de services gouvernementaux digitaux pour Gaza.

D’autres pays ciblent les piliers sociaux et institutionnels. L’Ouzbékistan annonce son soutien à la reconstruction des écoles, des structures de protection de l’enfance et des hôpitaux. L’Égypte s’engage dans la formation des forces de police palestiniennes, tandis que la Roumanie propose une aide à la remise en état des services d’urgence, des écoles et des institutions de sécurité et de justice. La Turquie prévoit une contribution à une force internationale de stabilisation, couplée à un appui à la réhabilitation des secteurs de la santé et de l’éducation.

Le Maroc, membre fondateur du BoP, adopte une approche à la fois humanitaire et sécuritaire : envoi de policiers, programmes de formation, et mise en place d’un hôpital militaire de campagne, s’inscrivant dans une tradition d’interventions humanitaires structurées.

Le Maroc a toute sa place dans cette architecture internationale naissante et n’a aucune raison de ne pas y être. Par son engagement constant en faveur des causes de paix, son respect du cadre onusien et son approche pragmatique des crises régionales, le Royaume s’inscrit logiquement dans l’esprit du Conseil de la paix. Sa contribution annoncée – mêlant soutien humanitaire, formation sécuritaire et déploiement d’un hôpital militaire de campagne – prolonge une tradition d’interventions mesurées, non idéologiques et centrées sur la protection des civils. À l’heure où certaines puissances hésitent entre retrait et surenchère politique, la présence marocaine relève moins d’un choix conjoncturel que d’une continuité diplomatique : celle d’un acteur qui privilégie la stabilité, la coopération multilatérale et l’efficacité sur le terrain plutôt que les postures.

Sur le plan institutionnel, le Board of Peace repose sur une charte signée le 22 janvier 2026, date à laquelle la majorité des États sont devenus membres fondateurs. Selon les données disponible, les États signataires incluent notamment :
Arabie saoudite, Argentine, Arménie, Azerbaïdjan, Bahreïn, Bulgarie, Émirats arabes unis, États-Unis, Hongrie, Indonésie, Jordanie, Kazakhstan, Kosovo, Maroc, Mongolie, Ouzbékistan, Pakistan, Paraguay, Qatar, Turquie, ainsi qu’Israël et le Salvador, dont la signature est intervenue ultérieurement.

Par ailleurs, plusieurs pays ont officiellement exprimé leur intention de rejoindre le BoP : Albanie, Biélorussie, Cambodge, Égypte, Koweït et Vietnam, signe d’un élargissement potentiel de cette coalition.

Reste une interrogation centrale : le BoP saura-t-il transformer cette accumulation d’engagements en mécanismes opérationnels efficaces, coordonnés et durables sur le terrain gazaoui ? Entre ambitions sécuritaires, reconstruction institutionnelle et rivalités diplomatiques sous-jacentes, le Conseil de la paix joue désormais sa crédibilité. L’histoire récente rappelle que, dans ce type d’initiatives, l’écart entre promesses et mise en œuvre est souvent le véritable champ de bataille.

​Reste toutefois l’essentiel, et peut-être le plus fragile : les zones d’ombre qui entourent encore le Conseil de la paix.

Gouvernance réelle du dispositif, articulation avec les mécanismes onusiens existants, chaîne de commandement des forces internationales, contrôle des fonds annoncés, calendrier d’exécution et rôle des acteurs locaux palestiniens : autant de questions encore sans réponses publiques claires. L’histoire récente des initiatives multilatérales rappelle que la paix ne se décrète ni par addition de promesses ni par empilement de coalitions. C’est dans la transparence, la cohérence opérationnelle et la capacité à rendre des comptes que le BoP jouera sa crédibilité — ou révélera ses limites.




Dimanche 22 Février 2026