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Construction : le HCP anticipe une hausse de l’activité


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 5 Mars 2026

Le secteur de la construction au Maroc pourrait entamer l’année 2026 sur une note plus dynamique. Selon la dernière enquête de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan (HCP), les chefs d’entreprise du secteur anticipent globalement une hausse de l’activité au premier trimestre 2026. Une évolution portée par certains segments clés, même si des fragilités persistent, notamment sur la trésorerie de plusieurs entreprises.



Construction : le HCP anticipe une hausse de l’activité

Dans les grandes villes marocaines, les chantiers restent omniprésents. Entre programmes immobiliers, routes en construction et projets d’infrastructures, le secteur de la construction continue de jouer un rôle structurant dans l’économie nationale. La dernière note de conjoncture publiée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) confirme d’ailleurs une tendance plutôt encourageante pour les prochains mois.
 

Selon cette enquête trimestrielle menée auprès des entreprises du secteur, les anticipations des chefs d’entreprise font ressortir une augmentation globale de l’activité de la construction au premier trimestre 2026. Cette progression attendue serait principalement liée au dynamisme de deux segments majeurs : la construction de bâtiments et le génie civil.
 

Ces deux branches constituent depuis plusieurs années les principaux moteurs de la construction au Maroc. Les projets immobiliers, les programmes d’aménagement urbain ou encore les infrastructures publiques continuent d’alimenter l’activité du secteur.
 

En revanche, les travaux de construction spécialisés devraient connaître une baisse d’activité durant la même période. Cette catégorie regroupe notamment les activités techniques spécifiques, souvent liées à des interventions précises sur les chantiers. Leur ralentissement n’empêcherait toutefois pas l’ensemble du secteur d’afficher une évolution positive.
 

Cette perspective intervient après une fin d’année 2025 déjà marquée par une amélioration de la conjoncture. Au quatrième trimestre 2025, l’activité du secteur de la construction aurait enregistré une hausse, selon les données recueillies par le HCP.
 

Cette progression a été portée principalement par le génie civil et les travaux de construction spécialisés, tandis que l’activité dans la construction de bâtiments est restée globalement stable durant la même période. Une configuration qui reflète l’hétérogénéité du secteur, où les cycles d’activité peuvent varier d’un segment à l’autre.
 

Du côté des carnets de commandes, les entreprises interrogées évoquent une situation relativement équilibrée. Le niveau des commandes est jugé normal par la majorité des professionnels. Autrement dit, l’activité se maintient sans véritable accélération brutale.
 

Sur le plan de l’emploi, la prudence domine également. Les effectifs dans le secteur auraient stagné au quatrième trimestre 2025, signe que les entreprises préfèrent consolider leur activité avant d’envisager de nouveaux recrutements.
 

L’indicateur du taux d’utilisation des capacités de production (TUC) confirme cette situation intermédiaire. Dans la construction, ce taux s’est établi à 69 % au quatrième trimestre 2025. Cela signifie que les entreprises utilisent une part importante de leurs capacités, mais restent encore en dessous d’un niveau de pleine activité.
 

Certaines contraintes opérationnelles continuent toutefois de peser sur les entreprises. Environ 9 % des sociétés du secteur déclarent avoir rencontré des difficultés d’approvisionnement en matières premières au cours du quatrième trimestre 2025. Même si cette proportion reste limitée, elle rappelle la sensibilité du secteur aux fluctuations des chaînes d’approvisionnement.
 

La question financière demeure, elle aussi, un point de vigilance. Près de 31 % des chefs d’entreprise considèrent que leur situation de trésorerie est difficile, selon l’enquête du HCP. Cette réalité reflète les tensions auxquelles certaines entreprises peuvent être confrontées, notamment en raison des délais de paiement ou des coûts liés aux chantiers.
 

Malgré ces contraintes, une part non négligeable des acteurs du secteur continue d’investir. En 2025, 39 % des entreprises de la construction ont réalisé des dépenses d’investissement, destinées principalement au remplacement d’une partie de leur matériel. Cette stratégie vise surtout à moderniser les équipements et à maintenir la compétitivité des entreprises.
 

Au final, les indicateurs publiés par le HCP dessinent le portrait d’un secteur en progression prudente. L’activité devrait croître au début de l’année 2026, soutenue par certains segments structurants. Mais les entreprises restent attentives à l’évolution de leurs finances et aux conditions du marché.
 

Dans un pays où les infrastructures, l’urbanisation et l’accès au logement occupent une place centrale dans les politiques publiques, la construction demeure un pilier du développement économique. La dynamique attendue au premier trimestre 2026 constitue donc un signal positif, même si la solidité du secteur dépendra, comme souvent, de sa capacité à concilier croissance de l’activité et équilibre financier.





Jeudi 5 Mars 2026