Nicole Kidman, Demi Moore, Bella Hadid… De plus en plus de célébrités assument la cravate, accessoire historiquement masculin, avec une portée symbolique accrue à l’heure où les droits des femmes vacillent. Qu’elle accompagne un tailleur pantalon comme Nicole Kidman aux Critics Choice Awards en février 2025 ou se juxtapose à une robe noire et une chemise transparente comme Demi Moore à Berlin en novembre, la cravate, longtemps associée au costume et au monde du travail, réapparaît vigoureusement dans le vestiaire féminin.
Popularisée dans les années 1970 sur les tapis rouges par Diane Keaton, elle a récemment été adoptée par des mannequins comme Bella Hadid et Loli Bahia, séduites par l’esthétique boyish. Et son retour ne se cantonne plus aux cérémonies: dans les sphères politiques et économiques, de grandes dirigeantes affichent désormais cet accessoire qui, jusqu’à récemment, restait quasi exclusivement masculin. “C’est une manière de revendiquer la place des femmes dans un système toujours profondément patriarcal”, analyse la spécialiste de la mode Patrycia Centeno. Les influenceuses ont également contribué à ancrer la cravate dans les silhouettes féminines.
L’objet n’est pas nouveau dans l’histoire de l’émancipation: lointain descendant des foulards des mercenaires croates du XVIIe siècle, il a été adopté dès le XIXe siècle par des intellectuelles françaises comme George Sand et Colette, puis par les suffragettes britanniques au début du XXe siècle. “La cravate est, pour certaines féministes, un signe de conquête de droits et de visibilité dans l’espace public”, rappelle l’historienne de la mode Marine Chaleroux.
Marlene Dietrich et Coco Chanel s’en sont également emparées. Dans les années 1980‑1990, alors que les femmes accèdent à des postes de direction, la cravate devient un marqueur visuel de ce pouvoir nouvellement conquis. Ces résurgences coïncident souvent “avec des périodes de fragilité où les droits sont remis en question”, observe Chaleroux.
Le phénomène résonne particulièrement aujourd’hui, alors que nombre d’organisations dénoncent un recul des droits des femmes face à la montée de discours réactionnaires. “Nous sommes confrontés à une approche politique très testostéronée”, souligne Patrycia Centeno, qui rappelle la centralité de la cravate comme symbole phallique. “Le féminisme cherche à s’approprier des signes longtemps réservés aux hommes pour affirmer, et normaliser visuellement, qu’une femme peut exercer le pouvoir.”
Portée par les femmes, la cravate rejaillit aussi sur les podiums masculins. Lors des défilés masculins à Paris cette semaine, elle s’est invitée chez Louis Vuitton, Dries Van Noten ou Issey Miyake.
Sous l’influence d’un port féminin plus créatif, la mode homme expérimente désormais des cravates à l’allure streetwear portées avec pantalons amples, tee‑shirts, hoodies, voire volontairement “mal nouées” comme chez Dior. “Un accessoire traditionnel, inutile et très codifié, peut devenir une sucrerie fashion”, résume Marc Beaugé, directeur du semestriel L’Étiquette. Ainsi, la cravate se transforme en terrain d’expression, de pouvoir et de style, au croisement de l’histoire et des combats contemporains.
Popularisée dans les années 1970 sur les tapis rouges par Diane Keaton, elle a récemment été adoptée par des mannequins comme Bella Hadid et Loli Bahia, séduites par l’esthétique boyish. Et son retour ne se cantonne plus aux cérémonies: dans les sphères politiques et économiques, de grandes dirigeantes affichent désormais cet accessoire qui, jusqu’à récemment, restait quasi exclusivement masculin. “C’est une manière de revendiquer la place des femmes dans un système toujours profondément patriarcal”, analyse la spécialiste de la mode Patrycia Centeno. Les influenceuses ont également contribué à ancrer la cravate dans les silhouettes féminines.
L’objet n’est pas nouveau dans l’histoire de l’émancipation: lointain descendant des foulards des mercenaires croates du XVIIe siècle, il a été adopté dès le XIXe siècle par des intellectuelles françaises comme George Sand et Colette, puis par les suffragettes britanniques au début du XXe siècle. “La cravate est, pour certaines féministes, un signe de conquête de droits et de visibilité dans l’espace public”, rappelle l’historienne de la mode Marine Chaleroux.
Marlene Dietrich et Coco Chanel s’en sont également emparées. Dans les années 1980‑1990, alors que les femmes accèdent à des postes de direction, la cravate devient un marqueur visuel de ce pouvoir nouvellement conquis. Ces résurgences coïncident souvent “avec des périodes de fragilité où les droits sont remis en question”, observe Chaleroux.
Le phénomène résonne particulièrement aujourd’hui, alors que nombre d’organisations dénoncent un recul des droits des femmes face à la montée de discours réactionnaires. “Nous sommes confrontés à une approche politique très testostéronée”, souligne Patrycia Centeno, qui rappelle la centralité de la cravate comme symbole phallique. “Le féminisme cherche à s’approprier des signes longtemps réservés aux hommes pour affirmer, et normaliser visuellement, qu’une femme peut exercer le pouvoir.”
Portée par les femmes, la cravate rejaillit aussi sur les podiums masculins. Lors des défilés masculins à Paris cette semaine, elle s’est invitée chez Louis Vuitton, Dries Van Noten ou Issey Miyake.
Sous l’influence d’un port féminin plus créatif, la mode homme expérimente désormais des cravates à l’allure streetwear portées avec pantalons amples, tee‑shirts, hoodies, voire volontairement “mal nouées” comme chez Dior. “Un accessoire traditionnel, inutile et très codifié, peut devenir une sucrerie fashion”, résume Marc Beaugé, directeur du semestriel L’Étiquette. Ainsi, la cravate se transforme en terrain d’expression, de pouvoir et de style, au croisement de l’histoire et des combats contemporains.


