L’économie marocaine résiste, et même mieux que prévu dans un environnement international particulièrement instable. Selon le dernier point de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan, le produit intérieur brut aurait progressé de 4,8 % au deuxième trimestre 2026, en variation annuelle, après une croissance de 4,6 % au premier trimestre.
La dynamique pourrait encore s’accélérer au troisième trimestre, avec une croissance attendue de 5,4 %. Une trajectoire solide sur le papier, soutenue par le retour de l’agriculture, la bonne tenue des services et une consommation intérieure toujours robuste.
Mais cette croissance reste loin d’être homogène. Certains secteurs avancent vite, d’autres stagnent ou reculent. Le Maroc retrouve de la croissance, certes, mais pas encore un équilibre durable entre ses différents moteurs économiques.
L’agriculture reprend son rôle de locomotive
Le principal changement vient de l’agriculture. Après plusieurs années marquées par la sécheresse et l’irrégularité des récoltes, le secteur aurait bénéficié d’un régime pluviométrique plus favorable.
Au premier trimestre 2026, la valeur ajoutée agricole a progressé de 18,4 %, contribuant à hauteur de 1,9 point à la croissance nationale. Au deuxième trimestre, cette hausse aurait atteint 20,5 %.
Pour le troisième trimestre, le HCP prévoit encore une progression de 19,9 %. L’agriculture redevient ainsi un puissant levier de croissance, avec des effets directs sur les revenus ruraux, la consommation des ménages et l’activité commerciale.
Cette amélioration constitue un soutien majeur à l’économie. Mais elle rappelle aussi une réalité bien connue : une partie importante de la croissance marocaine reste dépendante de la pluviométrie.
Les services confirment leur solidité
Les activités tertiaires continuent, de leur côté, d’afficher une trajectoire relativement stable. Elles ont progressé de 4,3 % au premier trimestre, puis auraient maintenu le même rythme au deuxième trimestre.
Le tourisme, les transports et le commerce figurent parmi les principaux soutiens de cette performance. Pour le troisième trimestre, la valeur ajoutée des services devrait augmenter de 4,4 %.
La solidité du tertiaire permet ainsi de compenser une partie des difficultés rencontrées dans les branches industrielles. Elle traduit aussi la capacité de certaines activités de services à absorber les chocs extérieurs plus rapidement que les secteurs fortement dépendants de l’énergie, des matières premières ou de la demande étrangère.
L’industrie avance à deux vitesses
La situation est beaucoup plus contrastée dans les activités secondaires. Au premier trimestre 2026, leur valeur ajoutée a reculé de 1 %, mettant fin à dix trimestres consécutifs de hausse.
Les industries extractives, électriques, chimiques et la construction ont été freinées par l’augmentation des coûts de production, le ralentissement de la demande et la dégradation des marges.
Certaines filières émergentes résistent toutefois mieux. L’automobile et l’aéronautique ont enregistré une progression de 5,9 % au premier trimestre, grâce au renforcement de leurs débouchés extérieurs.
Au deuxième trimestre, l’industrie manufacturière aurait néanmoins quasiment stagné, avec une croissance limitée à 0,3 %. Le redressement de l’agroalimentaire et la bonne tenue de l’automobile n’auraient pas suffi à compenser le recul du textile, de la chimie et de l’industrie électrique.
Le HCP anticipe une légère amélioration au troisième trimestre, avec une croissance manufacturière de 1,8 %. Mais cette reprise resterait modeste.
La demande intérieure soutient l’activité
La demande intérieure demeure le principal moteur de la croissance. Elle a contribué à hauteur de 6,9 points à la performance du premier trimestre.
La consommation des ménages a progressé de 4,6 %, après seulement 1,1 % au trimestre précédent. Elle aurait augmenté de 4,7 % au deuxième trimestre, puis de 4,9 % au troisième trimestre.
Cette dynamique serait liée à l’amélioration des revenus, notamment en milieu rural, au renforcement du crédit aux ménages et au rétablissement de certaines dépenses, dont celles liées à l’Aïd Al-Adha.
L’investissement reste également soutenu. La formation brute de capital a progressé de 10,8 % au premier trimestre, avant de ralentir à 9,4 % au deuxième trimestre. Elle devrait ensuite rebondir à 11,1 % au troisième trimestre, portée par les infrastructures portuaires, routières et hydrauliques.
Le commerce extérieur reste le point faible
La vigueur de la demande intérieure a cependant un coût : elle stimule les importations plus rapidement que les exportations.
Au premier trimestre, les exportations de biens et services ont progressé de 9,2 %, mais les importations ont augmenté de 12,7 %. Les échanges extérieurs ont ainsi retiré 2,3 points à la croissance.
Le scénario devrait se poursuivre au troisième trimestre. Les exportations progresseraient de 10,2 %, notamment grâce aux dérivés du phosphate, mais les importations augmenteraient de 12,4 %.
La contribution extérieure resterait donc négative, à hauteur de 2,1 points.
Inflation contenue, mais pression énergétique
L’inflation aurait atteint 1,1 % au deuxième trimestre, après un recul de 0,1 % au trimestre précédent.
La remontée des prix des carburants aurait contribué pour 0,8 point à cette évolution. Les prix non alimentaires auraient progressé de 2,5 %, tandis que les prix alimentaires auraient encore reculé de 0,7 %.
Au troisième trimestre, l’inflation devrait s’établir à 1,2 %, sous l’hypothèse d’un cours du Brent autour de 85 dollars le baril.
La dynamique pourrait encore s’accélérer au troisième trimestre, avec une croissance attendue de 5,4 %. Une trajectoire solide sur le papier, soutenue par le retour de l’agriculture, la bonne tenue des services et une consommation intérieure toujours robuste.
Mais cette croissance reste loin d’être homogène. Certains secteurs avancent vite, d’autres stagnent ou reculent. Le Maroc retrouve de la croissance, certes, mais pas encore un équilibre durable entre ses différents moteurs économiques.
L’agriculture reprend son rôle de locomotive
Le principal changement vient de l’agriculture. Après plusieurs années marquées par la sécheresse et l’irrégularité des récoltes, le secteur aurait bénéficié d’un régime pluviométrique plus favorable.
Au premier trimestre 2026, la valeur ajoutée agricole a progressé de 18,4 %, contribuant à hauteur de 1,9 point à la croissance nationale. Au deuxième trimestre, cette hausse aurait atteint 20,5 %.
Pour le troisième trimestre, le HCP prévoit encore une progression de 19,9 %. L’agriculture redevient ainsi un puissant levier de croissance, avec des effets directs sur les revenus ruraux, la consommation des ménages et l’activité commerciale.
Cette amélioration constitue un soutien majeur à l’économie. Mais elle rappelle aussi une réalité bien connue : une partie importante de la croissance marocaine reste dépendante de la pluviométrie.
Les services confirment leur solidité
Les activités tertiaires continuent, de leur côté, d’afficher une trajectoire relativement stable. Elles ont progressé de 4,3 % au premier trimestre, puis auraient maintenu le même rythme au deuxième trimestre.
Le tourisme, les transports et le commerce figurent parmi les principaux soutiens de cette performance. Pour le troisième trimestre, la valeur ajoutée des services devrait augmenter de 4,4 %.
La solidité du tertiaire permet ainsi de compenser une partie des difficultés rencontrées dans les branches industrielles. Elle traduit aussi la capacité de certaines activités de services à absorber les chocs extérieurs plus rapidement que les secteurs fortement dépendants de l’énergie, des matières premières ou de la demande étrangère.
L’industrie avance à deux vitesses
La situation est beaucoup plus contrastée dans les activités secondaires. Au premier trimestre 2026, leur valeur ajoutée a reculé de 1 %, mettant fin à dix trimestres consécutifs de hausse.
Les industries extractives, électriques, chimiques et la construction ont été freinées par l’augmentation des coûts de production, le ralentissement de la demande et la dégradation des marges.
Certaines filières émergentes résistent toutefois mieux. L’automobile et l’aéronautique ont enregistré une progression de 5,9 % au premier trimestre, grâce au renforcement de leurs débouchés extérieurs.
Au deuxième trimestre, l’industrie manufacturière aurait néanmoins quasiment stagné, avec une croissance limitée à 0,3 %. Le redressement de l’agroalimentaire et la bonne tenue de l’automobile n’auraient pas suffi à compenser le recul du textile, de la chimie et de l’industrie électrique.
Le HCP anticipe une légère amélioration au troisième trimestre, avec une croissance manufacturière de 1,8 %. Mais cette reprise resterait modeste.
La demande intérieure soutient l’activité
La demande intérieure demeure le principal moteur de la croissance. Elle a contribué à hauteur de 6,9 points à la performance du premier trimestre.
La consommation des ménages a progressé de 4,6 %, après seulement 1,1 % au trimestre précédent. Elle aurait augmenté de 4,7 % au deuxième trimestre, puis de 4,9 % au troisième trimestre.
Cette dynamique serait liée à l’amélioration des revenus, notamment en milieu rural, au renforcement du crédit aux ménages et au rétablissement de certaines dépenses, dont celles liées à l’Aïd Al-Adha.
L’investissement reste également soutenu. La formation brute de capital a progressé de 10,8 % au premier trimestre, avant de ralentir à 9,4 % au deuxième trimestre. Elle devrait ensuite rebondir à 11,1 % au troisième trimestre, portée par les infrastructures portuaires, routières et hydrauliques.
Le commerce extérieur reste le point faible
La vigueur de la demande intérieure a cependant un coût : elle stimule les importations plus rapidement que les exportations.
Au premier trimestre, les exportations de biens et services ont progressé de 9,2 %, mais les importations ont augmenté de 12,7 %. Les échanges extérieurs ont ainsi retiré 2,3 points à la croissance.
Le scénario devrait se poursuivre au troisième trimestre. Les exportations progresseraient de 10,2 %, notamment grâce aux dérivés du phosphate, mais les importations augmenteraient de 12,4 %.
La contribution extérieure resterait donc négative, à hauteur de 2,1 points.
Inflation contenue, mais pression énergétique
L’inflation aurait atteint 1,1 % au deuxième trimestre, après un recul de 0,1 % au trimestre précédent.
La remontée des prix des carburants aurait contribué pour 0,8 point à cette évolution. Les prix non alimentaires auraient progressé de 2,5 %, tandis que les prix alimentaires auraient encore reculé de 0,7 %.
Au troisième trimestre, l’inflation devrait s’établir à 1,2 %, sous l’hypothèse d’un cours du Brent autour de 85 dollars le baril.
Une croissance solide, mais encore vulnérable
Le scénario du HCP reste globalement positif. Une croissance de 5,4 % au troisième trimestre placerait l’économie marocaine sur une trajectoire dynamique, soutenue par l’agriculture, les services, la consommation et l’investissement public.
Mais cette performance ne doit pas masquer les fragilités structurelles : stagnation industrielle, déficit commercial, dépendance énergétique, besoin de financement accru et sensibilité persistante aux aléas climatiques.
La croissance est là. Elle s’élargit progressivement. Mais pour devenir véritablement durable, elle devra moins dépendre de la pluie, importer moins de valeur et produire davantage de compétitivité industrielle.
Mais cette performance ne doit pas masquer les fragilités structurelles : stagnation industrielle, déficit commercial, dépendance énergétique, besoin de financement accru et sensibilité persistante aux aléas climatiques.
La croissance est là. Elle s’élargit progressivement. Mais pour devenir véritablement durable, elle devra moins dépendre de la pluie, importer moins de valeur et produire davantage de compétitivité industrielle.