Croissance marocaine : le HCP prévoit 4,7 % au quatrième trimestre malgré les tensions énergétiques

La dynamique de l'économie nationale peut-elle résister durablement aux chocs extérieurs ?


Rédigé par le Jeudi 22 Octobre 2026

Dans sa note de conjoncture publiée le 14 octobre 2026, le Haut-Commissariat au Plan anticipe une poursuite de la croissance marocaine au second semestre, malgré les perturbations internationales liées au conflit en Iran et à l'augmentation des prix de l'énergie. L'activité économique progresserait de 4,1 % au troisième trimestre et de 4,7 % au quatrième, après une croissance de 4 % au deuxième trimestre. Ces projections reposent notamment sur la contribution de l'agriculture, des services et de la demande intérieure. Elles restent toutefois exposées aux incertitudes extérieures.



​Une activité économique qui conserverait son élan

Le HCP décrit une économie marocaine capable de maintenir une croissance relativement soutenue dans un environnement international perturbé.

Selon sa note de conjoncture numéro 49, le produit intérieur brut aurait progressé de 4 % au deuxième trimestre 2026.

La croissance atteindrait ensuite 4,1 % au troisième trimestre, avant de s'établir à 4,7 % au quatrième.

Ces chiffres doivent être lus avec précision : les estimations et projections trimestrielles ne constituent pas des résultats annuels définitivement arrêtés.

Ils permettent néanmoins de comprendre les tendances anticipées par l'institution statistique.

Le HCP souligne que le second semestre devrait bénéficier de la poursuite de l'expansion des activités agricoles et des services.

La demande intérieure demeurerait également un moteur essentiel de l'activité.

Cette combinaison pourrait contribuer à amortir une partie des effets du choc énergétique international.

Le choc énergétique, principal facteur de vulnérabilité

La note du HCP replace les perspectives marocaines dans un contexte international profondément marqué par la guerre déclenchée en Iran à la fin de février 2026.

Selon l'institution, cette crise a provoqué une nouvelle perturbation des marchés énergétiques et une hausse importante des cours internationaux de certaines matières premières.

Pour le Maroc, la question énergétique est centrale.

Une augmentation durable des prix des combustibles importés peut alourdir les coûts de transport, de production industrielle et de distribution.

Elle peut également exercer une pression sur les entreprises dont l'activité dépend fortement de l'énergie.

Les conséquences sur les prix à la consommation dépendent cependant de plusieurs paramètres : durée du choc, évolution des cours internationaux, taux de change, coûts logistiques et comportement des entreprises.

Une hausse du pétrole ne se répercute donc pas nécessairement de manière immédiate et uniforme sur tous les produits.

Il faudra suivre les données effectives d'inflation pour apprécier l'ampleur des transmissions à l'économie nationale.

​Agriculture et services comme facteurs de soutien

Le HCP identifie l'agriculture et les services parmi les secteurs susceptibles de soutenir l'activité économique au second semestre.

L'agriculture occupe une place particulière dans les équilibres marocains.

Son évolution influence non seulement la production nationale, mais également les revenus ruraux, l'emploi et certaines composantes de la consommation.

Une amélioration des activités agricoles peut ainsi produire des effets dépassant le seul secteur primaire.

Les services constituent également un facteur important, en raison de leur poids dans l'activité économique et dans l'emploi.

Cependant, une croissance globale soutenue n'implique pas nécessairement une amélioration uniforme de la situation de tous les ménages.

Les revenus, les prix, les salaires et l'accès à l'emploi évoluent selon des rythmes différents.

Il convient donc de distinguer la progression du PIB des conditions de vie effectivement ressenties par la population.

La croissance mesure l'augmentation de la valeur produite. Elle ne constitue pas, à elle seule, une mesure complète de la répartition des revenus ou du pouvoir d'achat.

​Une inflation qui resterait relativement contenue

Le HCP indique que la demande intérieure pourrait continuer de bénéficier de conditions monétaires favorables et d'une inflation restant inférieure à 2 %.

Cette perspective est importante dans un environnement où le renchérissement de l'énergie constitue une source potentielle de tension sur les prix.

Mais l'inflation globale ne reflète pas toujours parfaitement l'évolution des dépenses les plus sensibles pour les ménages.

L'alimentation, le logement, les transports et certains services peuvent connaître des trajectoires différentes de l'indice général.

Une inflation faible ne signifie pas non plus que les prix diminuent. Elle indique que leur progression moyenne ralentit ou demeure limitée.

Pour apprécier le pouvoir d'achat, il faut également observer l'évolution des salaires et des autres revenus disponibles.

Du côté des entreprises, l'environnement monétaire et l'accès au financement représentent d'autres variables importantes.

Des conditions de crédit favorables peuvent encourager l'investissement et la consommation, sans garantir que tous les acteurs économiques en bénéficient au même niveau.




Jeudi 22 Octobre 2026
Dans la même rubrique :