Crowdfunding au Maroc : 7,62 millions de DH pour financer des projets


Rédigé par le Jeudi 29 Octobre 2026

Le financement collaboratif poursuit son développement au Maroc. En 2025, les campagnes liées au Royaume ont permis de mobiliser 7,62 millions de dirhams auprès de plus de 12.000 contributeurs. Malgré des volumes encore modestes, ce mécanisme ouvre de nouvelles possibilités aux entrepreneurs, associations et porteurs de projets.



Plus de 12.000 contributeurs mobilisés : Les plateformes marocaines gagnent du terrain

Financer une idée grâce à la contribution de dizaines, voire de centaines de personnes : le financement collaboratif, également appelé crowdfunding, progresse au Maroc, même si son développement demeure encore limité. Selon le Baromètre du crowdfunding 2025, réalisé par HAPPY SMALA en collaboration avec IDinsight, les campagnes liées au Maroc ont mobilisé 7,62 millions de dirhams au cours de l'année 2025.

Au total, 731 campagnes ont été recensées, réunissant 12.161 contributeurs. Présentée le 10 septembre 2026 lors du Moroccan Impact Finance Forum, organisé au Technopark de Casablanca, cette étude met en évidence l'évolution d'un mécanisme de financement qui permet aux porteurs de projets de solliciter directement le soutien du public.

Dans le détail, chaque campagne a réuni en moyenne 16,6 contributeurs, pour un montant collecté moyen de 10.423 dirhams. La contribution moyenne s'est établie à 627 dirhams. Ces chiffres montrent que le crowdfunding fonctionne principalement grâce à l'accumulation de participations individuelles, souvent relativement modestes. Le baromètre souligne également la montée en puissance des plateformes marocaines, qui ont permis de collecter 3,15 millions de dirhams sur le total recensé.

L'étude intègre notamment des données provenant de Kiwi Collecte et d'Akkan Crowdfunding, dans un contexte marqué par la mise en œuvre progressive de la loi 15.18 relative au financement collaboratif. Ce cadre juridique vise à organiser l'activité des sociétés de financement collaboratif et à encadrer les différentes formes de collecte.

Le crowdfunding peut prendre plusieurs formes, notamment le don, le prêt ou l'investissement. Les obligations applicables diffèrent selon la nature des opérations et les autorisations nécessaires. Son principal intérêt est d'offrir une voie de financement complémentaire aux solutions traditionnelles. Pour un jeune entrepreneur marocain, une association ou un créateur de projet, il peut permettre de mobiliser une communauté autour d'une initiative sans dépendre exclusivement d'un crédit bancaire.

Le financement collaboratif peut également servir à tester l'intérêt du public pour un produit, un service ou une initiative sociale avant son lancement à plus grande échelle. Mais les résultats du baromètre révèlent aussi les limites du modèle. Seulement 35,5 % des campagnes analysées ont atteint au moins la moitié de leur objectif financier, ce qui rappelle les difficultés rencontrées pour mobiliser suffisamment de contributeurs. Le manque de visibilité, la confiance des donateurs et la capacité des porteurs de projets à présenter une proposition convaincante constituent autant de facteurs déterminants.

Pour le Maroc, le potentiel est néanmoins réel, particulièrement dans un environnement où de nombreux jeunes cherchent à lancer des initiatives entrepreneuriales, culturelles ou sociales. L'avenir du crowdfunding dépendra de sa capacité à gagner en crédibilité, à renforcer la protection des contributeurs et à financer des projets dont l'utilité économique ou sociale est clairement identifiable. Car derrière les 7,62 millions de dirhams collectés se dessine une question plus ambitieuse : le Maroc peut-il faire du financement collectif un véritable outil de démocratisation de l'entrepreneuriat ?




Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la… En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 29 Octobre 2026
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