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DÉCODAGE | Majorité et opposition : qui fait quoi au Parlement ?


Rédigé par le Jeudi 24 Septembre 2026

Au lendemain des élections, les résultats permettent de savoir quels partis disposeront de sièges à la Chambre des représentants. Mais une fois les députés installés, une autre question apparaît : qui sera dans la majorité et qui sera dans l’opposition ? Et surtout, qu’est-ce que cela change concrètement dans le travail du Parlement ?



DÉCODAGE | Majorité et opposition : qui fait quoi au Parlement ?

La majorité parlementaire regroupe les députés qui soutiennent le gouvernement et son programme. Elle ne correspond donc pas forcément à un seul parti. Lorsque plusieurs formations politiques s’accordent pour former un gouvernement, leurs groupes parlementaires constituent généralement la majorité qui le soutient à la Chambre des représentants. Cette majorité est importante parce que le gouvernement doit obtenir la confiance de la Chambre des représentants pour être investi et a ensuite besoin de soutiens parlementaires pour faire adopter ses textes.


Mais être dans la majorité ne signifie pas que les députés cessent d’exercer leur rôle de parlementaires. Le Parlement dispose de plusieurs missions : il vote les lois, contrôle l’action du gouvernement et évalue les politiques publiques. Les députés de la majorité participent donc eux aussi aux débats, aux commissions, aux propositions et aux votes.


De l’autre côté, il y a l’opposition. La Constitution marocaine lui reconnaît explicitement un statut : elle est considérée comme une composante essentielle des deux Chambres du Parlement et participe aux fonctions de législation et de contrôle. Autrement dit, l’opposition ne consiste pas simplement à voter « non » à tout ce que propose le gouvernement. Elle doit aussi participer au fonctionnement parlementaire, proposer des textes, poser des questions, contrôler l’action gouvernementale et contribuer à l’évaluation des politiques publiques.


L’opposition dispose d’ailleurs de droits spécifiques. Le règlement intérieur actuel de la Chambre des représentants prévoit notamment qu’au moins deux commissions permanentes soient présidées par des membres de l’opposition, dont obligatoirement la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme et des libertés. L’opposition bénéficie également d’une représentation dans le Bureau de la Chambre et dans les délégations parlementaires.


Pourquoi cette séparation entre majorité et opposition est-elle importante ? Parce qu’au Parlement, il ne s’agit pas seulement de faire passer les textes du gouvernement. Les débats permettent aussi de confronter les propositions, de demander des explications au gouvernement et de mettre en lumière d’autres positions politiques. L’opposition peut ainsi contester une politique publique, proposer des modifications ou présenter ses propres propositions de loi.


Imaginons, par exemple, qu’un projet de loi concerne l’éducation. Les députés de la majorité peuvent soutenir le texte du gouvernement et voter en sa faveur. Les députés de l’opposition peuvent l’examiner en commission, proposer des amendements, questionner le gouvernement sur ses conséquences ou défendre une autre approche. Au moment du vote, chaque groupe se positionne selon ses choix politiques.


Il faut également retenir qu’un député n’est pas un ministre. Le gouvernement exerce le pouvoir exécutif, tandis que le Parlement exerce notamment le pouvoir législatif et contrôle l’action du gouvernement. Un député, qu’il appartienne à la majorité ou à l’opposition, reste donc un parlementaire. Sa mission ne se résume pas à soutenir ou à critiquer le gouvernement : il participe au travail législatif et au contrôle de l’action publique.


Au fond, majorité et opposition sont deux composantes différentes d’un même Parlement. La première permet au gouvernement de disposer de soutiens pour mettre en œuvre son programme ; la seconde dispose de droits et de moyens pour contrôler, questionner et proposer. Et entre les deux, c’est dans les commissions et dans l’hémicycle que se construit une grande partie du débat parlementaire.

Après avoir choisi leurs représentants dans les urnes, les électeurs peuvent donc aussi regarder ce qui se passe après : qui soutient le gouvernement, qui le contrôle, qui propose des amendements, qui défend des alternatives et comment les députés utilisent leur mandat. Car une élection ne se termine pas avec l’annonce des résultats : elle ouvre une nouvelle étape, celle du travail parlementaire.





Salma Labtar
Journaliste sportive et militante féministe, lauréate de l'ISIC. Dompteuse de mots, je jongle avec... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 24 Septembre 2026