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DMLA : enfin une puce capable de restaurer une partie de la vision perdue




DMLA : enfin une puce capable de restaurer une partie de la vision perdue
Pendant longtemps, face aux formes les plus avancées de dégénérescence maculaire liée à l’âge, la médecine pouvait surtout tenter de ralentir la maladie. Restaurer une vision déjà détruite semblait appartenir à la science-fiction. PRIMA vient précisément déplacer cette frontière.

Cette minuscule prothèse rétinienne de 2 millimètres sur 2, désormais autorisée à être commercialisée en Europe grâce à son marquage CE, est destinée à certains patients souffrant d’atrophie géographique liée à une DMLA sèche avancée.

Et le mot important est bien : restaurer.

PRIMA ne soigne pas la rétine malade. Elle contourne en partie ses cellules photoréceptrices détruites. Implantée chirurgicalement sous la rétine, la puce comporte 378 pixels photovoltaïques. Des lunettes équipées d’une caméra captent l’environnement puis projettent sur l’implant des signaux lumineux infrarouges. Ceux-ci sont transformés en impulsions électriques capables de stimuler les cellules rétiniennes encore fonctionnelles, lesquelles transmettent ensuite l’information au cerveau.

Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de préserver ce qui reste : une vision artificielle vient compléter la vision biologique encore disponible.

81 % des patients améliorés : Les résultats publiés dans le New England Journal of Medicine expliquent l’intérêt suscité par la technologie.

Dans l'étude PRIMAvera, 38 patients atteints d’atrophie géographique sévère ont reçu l’implant. Parmi les 32 patients évalués après douze mois, 26, soit 81 %, ont obtenu une amélioration cliniquement significative de leur acuité visuelle. L'amélioration moyenne correspondait à environ 25 lettres sur les échelles utilisées en ophtalmologie.

Plus important encore pour la vie quotidienne, la technologie permet à certains patients de reconnaître à nouveau des lettres, des séquences de lettres et des mots, notamment grâce aux possibilités de grossissement offertes par les lunettes.

Les premières études à plus long terme suggèrent également que la vision périphérique naturelle restante peut être préservée après implantation. Des patients suivis jusqu'à quatre ans continuaient à bénéficier d'une vision centrale prothétique.

Pas encore un œil bionique parfait

Il faut cependant résister à la tentation du spectaculaire.

PRIMA ne restitue ni les couleurs, ni la finesse, ni l'étendue d'une vision normale. Sans grossissement, l’acuité prothétique observée dans les essais reste très faible comparée à celle d'un œil sain. Le système suppose également une intervention chirurgicale, des lunettes électroniques, un processeur externe et une phase de rééducation permettant au cerveau d'apprendre à interpréter les nouveaux signaux visuels.

Des événements indésirables sérieux ont par ailleurs été recensés : 26 chez 19 participants de l'étude principale, essentiellement dans les semaines suivant l'intervention, même si la grande majorité s'était résolue rapidement.

La commercialisation européenne devrait commencer progressivement, avec l'Allemagne parmi les premiers marchés, tandis que les discussions sur le remboursement restent déterminantes pour l'accès réel des patients à cette technologie.

Enfin, réparer plutôt que seulement ralentir

C'est probablement là que se situe la véritable rupture.

Pendant des années, le combat contre la DMLA consistait principalement à empêcher de voir moins. Avec PRIMA apparaît une autre ambition : permettre à certains patients de recommencer à voir ce qu'ils avaient déjà perdu.

Ce n'est pas encore le retour à une vision normale. Mais pour la médecine rétinienne, la frontière entre traitement et véritable prothèse visuelle vient incontestablement de bouger.
 

Dimanche 20 Septembre 2026



Rédigé par La Rédaction le Dimanche 20 Septembre 2026