Cette visite, plus qu’un simple déplacement protocolaire, illustre la volonté croissante du Suriname de renforcer ses liens avec le Maroc. Elle s’inscrit dans une dynamique diplomatique plus large marquée, notamment, par la signature récente à Rabat d’une Feuille de route de coopération pour la période 2026-2028, scellant ainsi une feuille de route claire pour les années à venir.
Sur le terrain, l’atmosphère était à la découverte mais aussi à l’analyse critique. Pour Bouva, il s’agissait de « donner un nouvel élan aux relations bilatérales », une phrase qui, dans le contexte marocain, résonne avec un message politique fort : engager une coopération concrète au-delà des discours officiels.
Dans ses échanges avec la presse locale, le ministre surinamais n’a pas seulement évoqué une feuille de route. Il a insisté sur le potentiel concret de secteurs productifs tels que l’agroalimentaire, la pêche ou encore l’infrastructure portuaire, des domaines où la région de Dakhla a déjà commencé à tracer sa singularité.
Le Centre régional d’investissement (CRI) de Dakhla, représenté par son directeur par intérim Ahmed Kathir, a servi de guide à la délégation. Kathir a expliqué que cette visite a offert l’occasion unique de comprendre en profondeur le programme de développement régional, mais surtout d’observer la dynamique de croissance en cours, souvent portée par des investissements publics et privés conjoints.
Ce n’est pas un hasard si la délégation a visité plusieurs sites emblématiques : une usine de transformation des produits de la mer, une ferme agricole moderne, et surtout le chantier du nouveau port Dakhla Atlantique, un projet phare qui place la ville comme un hub logistique prometteur pour le commerce atlantique. Ce port, en développement, s’inscrit dans une stratégie régionale ambitieuse qui a déjà attiré plus de 1,5 milliard de dirhams d’investissements privés, avec la création prévue de milliers d’emplois directs et indirects.
Ce rapprochement s’inscrit aussi dans un cadre politique solide : le Suriname a réaffirmé à Rabat son soutien à l’intégrité territoriale du Maroc, notamment en ce qui concerne les provinces du Sud, et a salué l’adoption en octobre 2025 de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui consacre l’initiative d’autonomie prônée par le Maroc.
Ce soutien diplomatique n’est pas anodin. Il donne une assise politique aux acteurs économiques marocains et étrangers qui misent sur la stabilité et l’avenir de la région saharienne. Pour les jeunes entrepreneurs et investisseurs marocains, cette visite démontre que le Maroc n’est pas seulement une plateforme pour l’Europe ou l’Afrique, mais aussi un pont vers l’Amérique latine et les Caraïbes.
En fin de compte, cette visite surinamais à Dakhla est bien plus qu’un échange de poignées de mains : elle est le signe d’un émergent récit économique où coopération, innovation et vision stratégique se conjuguent pour ouvrir de nouvelles fenêtres d’opportunités, ici même, au sud du Royaume.