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De l’Acropole aux îles de la mer Égée : carnet de voyage d’un Marocain sur les routes de Grèce.


Par Anwar CHERKAOUI.

La Grèce. Plus de 4000 îles. Les unes plus féeriques que les autres. Une communauté marocaine ne dépassant pas les 2000 personnes.
Des monuments historiques à n'en pas finir. Et une diplomatie marocaine présente, feutrée et efficace.

Le Maroc est le doyen des ambassadeurs à Athènes.

La Grèce se découvre comme un long poème méditerranéen.
Chaque étape raconte une histoire, chaque pierre porte une mémoire, chaque horizon semble unir le présent aux légendes antiques.

Pour le voyageur marocain, ce périple ressemble parfois à une conversation entre deux rives de la Méditerranée.



Athènes, là où les dieux semblent encore habiter la ville.

Le voyage commence à Athènes, cité éternelle dominée par l’Acropole.

Au sommet de sa colline sacrée, le Parthénon veille depuis plus de deux millénaires sur une ville où l’histoire ne s’est jamais vraiment retirée. Dans les ruelles de Pláka, sous les façades colorées et les bougainvilliers, l’âme populaire d’Athènes dialogue avec les vestiges de la démocratie naissante.

Au coucher du soleil, depuis la colline du Lycabette, la capitale grecque se pare d’une lumière dorée qui transforme les monuments en silhouettes de légende.

Corinthe, quand l’homme défie la montagne.

En quittant Athènes en bateau vers le Péloponnèse, le regard est soudain capturé par l’impressionnant canal de Corinthe.

Entre deux falaises abruptes coule un mince ruban d’eau turquoise reliant deux mers. Ici, l’ingéniosité humaine a fini par accomplir le rêve que les anciens Grecs poursuivaient depuis l’Antiquité.

Le canal apparaît comme une cicatrice majestueuse dans la roche, symbole de la volonté des hommes de rapprocher les mondes.

Nafplio, la cité gardée par deux sentinelles de pierre.

Plus au sud, Nafplio dévoile l’un des plus beaux visages de la Grèce. Face au golfe Argolique, les forteresses de Palamidi et de Bourtzi dominent toujours la baie. L’une veille depuis la montagne, l’autre depuis les eaux du port.

Ensemble, elles racontent les épopées vénitiennes, ottomanes et grecques qui ont façonné cette cité maritime devenue aujourd’hui l’une des plus romantiques du pays.

Les cactus grecs et le souvenir du Maroc. Autour de Nafplio, les collines couvertes de figuiers de Barbarie rappellent étrangement certains paysages marocains. Pour le visiteur venu du Royaume, cette abondance suscite autant l’admiration que la nostalgie.

Ces cactus prospères évoquent le combat mené au Maroc contre la cochenille et rappellent qu’une renaissance de cette culture emblématique demeure possible.

Spetses, l’île où le silence est devenu un luxe.

Le voyage s’achève à Spetses, joyau de la mer Égée. Ancien village de pêcheurs, l’île a choisi de préserver son âme en limitant fortement la place de l’automobile. Ici, les pas des promeneurs, le bruit des calèches et le murmure des vagues remplacent le vacarme des moteurs.

Entre demeures de capitaines, yachts élégants et tavernes ouvertes sur la mer, Spetses offre un luxe devenu rare : celui du temps qui ralentit.

De l’Acropole aux eaux paisibles de Spetses, la Grèce apparaît ainsi comme un voyage à travers les siècles. Une terre où les dieux, les marins, les bâtisseurs et les voyageurs continuent, chacun à leur manière, d’écrire la même histoire méditerranéenne.

Par Dr Anwar CHERKAOUI.


Jeudi 4 Juin 2026