De la mer au robinet : 60 % en 2031

Comment le dessalement peut-il transformer durablement l’accès à l’eau potable au Maroc ?


Rédigé par La Rédaction le Dimanche 1 Novembre 2026

Faire de la mer une source régulière d’eau potable : le Maroc accélère cette transformation avec un objectif qui parle à chaque foyer. À l’horizon 2031, le dessalement devrait couvrir près de 60 % des besoins nationaux en eau potable. Les projections accompagnant le projet de loi de finances 2027 prévoient une capacité supérieure à 1,8 milliard de mètres cubes par an. Derrière l’ampleur des investissements, la finalité est concrète : sécuriser l’eau qui arrive au robinet, donner davantage de visibilité aux territoires et réduire la dépendance aux aléas des précipitations.



Ouvrir un robinet reste un geste ordinaire. Garantir que l’eau y coule chaque jour mobilise pourtant des infrastructures, de l’énergie et une organisation considérables. Avec la montée en puissance du dessalement, le Maroc entend consolider toute cette chaîne, depuis le prélèvement de l’eau de mer jusqu’à sa distribution aux ménages.

Le changement est profond. Une part croissante de l’approvisionnement pourra être programmée à partir d’une capacité industrielle, offrant une meilleure visibilité aux gestionnaires des réseaux comme aux villes qu’ils desservent. C’est tout le sens de cette ambition : rendre l’accès à l’eau potable plus prévisible.

Une nouvelle géographie de l’eau

Cette trajectoire prend forme dans plusieurs régions. De nouvelles stations sont programmées dans l’Oriental, le Souss-Massa, à Tanger, à Guelmim-Tan-Tan et à Rabat, avec des mises en exploitation annoncées entre 2029 et 2030 pour plusieurs installations. Le programme prévoit également une nouvelle génération d’unités alimentées par des énergies renouvelables. 

Chaque projet constitue un maillon supplémentaire dans la sécurisation de l’approvisionnement. Pour les territoires concernés, l’enjeu dépasse la construction d’une station : il s’agit de pouvoir accompagner la croissance urbaine, accueillir des activités économiques et mieux anticiper les besoins des habitants.

Le cap de 2031 prolonge une dynamique déjà engagée. En mai 2026, le ministère de l’Équipement et de l’Eau faisait état d’une capacité annuelle de dessalement de 420 millions de mètres cubes. L’objectif désormais affiché traduit une accélération importante des ambitions nationales. 

Une ressource supplémentaire, une sécurité renforcée

La portée du chiffre mérite d’être précisée : les 60 % visés concernent les besoins en eau potable. Ils ne désignent pas l’ensemble des usages agricoles, industriels et domestiques du pays. Quant aux 1,8 milliard de mètres cubes, ils correspondent à une capacité annuelle projetée, dont la mobilisation effective dépendra de la livraison et du fonctionnement des équipements. 

Cette distinction permet de mieux apprécier l’avancée attendue. En diversifiant les sources d’approvisionnement, le Maroc se donne davantage de moyens pour organiser sa sécurité hydrique. Le dessalement s’inscrit ainsi dans une politique qui comprend également les barrages, les interconnexions entre bassins et la préservation des nappes souterraines. 

La réussite se mesurera au bout de la chaîne : dans la régularité du service, la qualité de l’eau distribuée et la maîtrise de son coût. Elle passera aussi par des réseaux bien entretenus et une utilisation attentive de la ressource. Chaque mètre cube économisé renforcera l’utilité des nouveaux investissements.

De la mer au robinet, le Maroc construit ainsi une réponse de long terme à un besoin quotidien. À l’horizon 2031, l’ambition est de faire de l’eau potable une sécurité plus solide pour les familles et un appui durable au développement du pays.




Dimanche 1 Novembre 2026
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