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Démarchage interdit en France : choc pour les call centers marocains


Rédigé par le Jeudi 6 Août 2026

La France interdit les appels commerciaux non sollicités à partir du 11 août 2026. Cette décision, pensée pour protéger les consommateurs français, inquiète directement le Maroc, où des milliers de jeunes travaillent dans des centres d’appels tournés vers le marché français.



Une loi française plus stricte : Le Maroc en première ligne

Démarchage interdit en France : choc pour les call centers marocains
La France va interdire les appels de démarchage commercial non sollicités à partir du 11 août 2026. La nouvelle loi impose une règle claire : les entreprises ne pourront plus contacter les consommateurs sans leur accord préalable. Ce système dit d’“opt-in” remplace une logique plus souple, où les personnes devaient s’inscrire sur des listes d’opposition pour éviter les appels commerciaux.

Les sanctions prévues sont lourdes. Les particuliers responsables d’appels illégaux pourront être condamnés à une amende pouvant aller jusqu’à 75.000 euros par appel, tandis que les entreprises risquent jusqu’à 375.000 euros par appel. Le gouvernement français justifie cette réforme par la multiplication des plaintes de consommateurs, souvent dérangés par des appels répétés, parfois liés à des pratiques commerciales abusives ou frauduleuses.

Mais à Casablanca, Rabat, Fès, Marrakech ou Oujda, cette décision se lit autrement. Elle touche un secteur qui emploie de nombreux jeunes Marocains francophones : les centres d’appels et les services externalisés. Le ministre marocain de l’Emploi, Younes Sekkouri, a évoqué jusqu’à 50.000 emplois potentiellement menacés. Le même article indique que le secteur aurait attiré environ 100 millions de dollars d’investissements et générerait plus d’un milliard de dollars de revenus annuels au Maroc.

Le lien avec la France est central. Youssef Chraïbi, président de la Fédération marocaine de l’externalisation des services, affirme que le marché français a historiquement représenté plus de 80 % des revenus du secteur. Il nuance toutefois l’impact en précisant que le télémarketing pur ne représente plus que 15 % à 20 % de l’activité totale, le secteur s’étant diversifié vers le service client, l’assistance technique, le back-office, la modération, la relation digitale et d’autres métiers.

Pour les jeunes Marocains, l’enjeu est concret. Les centres d’appels ont longtemps été une porte d’entrée rapide vers l’emploi, parfois avec des horaires difficiles, une pression commerciale élevée et des perspectives limitées. La loi française peut donc accélérer une transformation déjà nécessaire : passer de l’appel intrusif à des services à plus forte valeur ajoutée.

Le Maroc ne peut pas construire son avenir de l’emploi uniquement sur des modèles vulnérables aux décisions prises à Paris. Le vrai défi est de former les jeunes aux métiers du numérique, de l’intelligence artificielle et des services professionnels. La fin du démarchage sauvage peut devenir un choc, mais aussi une chance : celle de faire monter en gamme un secteur où travaille toute une génération marocaine.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 6 Août 2026