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Derrière les conflits actuels, une seule bataille : la course au leadership mondial.


Par Abdelghani El Arrasse.

Ce que nous observons aujourd’hui dans le monde relève-t-il d’événements isolés… ou d’une stratégie globale cohérente ?

À première vue, les crises semblent dispersées : Venezuela , Iran , Russie , Europe … autant de foyers de tension sans lien apparent. Pourtant, en prenant du recul, une lecture plus structurée émerge.



Nous assistons probablement à une reconfiguration profonde de l’équilibre mondial, marquée par la montée en puissance d’un acteur majeur : la Chine.

La Chine représente aujourd’hui près de 28 % de la production mondiale et pourrait devenir, à l’horizon 2030, la première économie de la planète.

Mais cette puissance repose sur un talon d’Achille évident : sa dépendance énergétique. Avec plus de 70 % de ses besoins en pétrole importés, son modèle reste vulnérable aux perturbations extérieures.

Dans ce contexte, plusieurs évolutions récentes interpellent. Des fournisseurs majeurs de pétrole vers la Chine, comme le Venezuela ou l’Iran, ont été fragilisés ou déstabilisés.

La Russie, autre acteur clé, fait face à des sanctions lourdes.

Les marchés énergétiques deviennent plus incertains et plus tendus. Sans confrontation directe, une pression s’exerce ainsi sur l’approvisionnement énergétique de la Chine.

Parallèlement, Pékin développe depuis plusieurs années un projet stratégique ambitieux : les Nouvelles Routes de la Soie. Ce réseau d’infrastructures et de corridors commerciaux vise à relier l’Asie à l’Europe et à redessiner les flux du commerce mondial.

Or, certaines zones clés de ce dispositif connaissent aujourd’hui des instabilités croissantes.

L’Europe, de son côté, semble hésiter entre plusieurs pôles d’influence. Ces dynamiques contribuent à ralentir, voire à compliquer, l’expansion commerciale chinoise.

Au cœur des tensions futures, un point cristallise particulièrement les enjeux : Taïwan. Cette île produit l’essentiel des semi-conducteurs les plus avancés au monde, indispensables à toutes les technologies modernes.

Son contrôle représente un levier stratégique majeur pour le XXIe siècle.

Enfin, un autre facteur ne peut être ignoré : dans un contexte de tensions accrues, les dépenses militaires augmentent, les alliances se redéfinissent, et les industries de défense connaissent une forte croissance.

Ainsi, ce qui apparaît comme une succession de crises pourrait s’inscrire dans une logique plus large :

Celle d’une compétition systémique entre grandes puissances.

Au-delà des événements visibles, c’est bien une recomposition du leadership mondial qui est en cours.

Rédigé par Abdelghani El Arrasse - Economiste Membre de L’AEI.


Lundi 30 Mars 2026