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Des Huile d’olive non conforme

58 affaires devant la justice après les contrôles sanitaires


Rédigé par La rédaction le Vendredi 9 Janvier 2026

Les vérifications intensifiées par l'Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA) ont abouti à l'envoi de 58 dossiers devant la justice pour vente d'huile d'olive impropre à la consommation. Ces affaires se déroulent en pleine période de trituration, marquée par un afflux important de produits sur le marché et une vigilance des autorités renforcée. D'après l'ONSSA, cette étape correspond à un sommet de production et de vente d'huile d'olive, amplifié cette année par une récolte exceptionnelle. Cela a provoqué une baisse des prix, mais aussi une augmentation des risques de fraude et de non-conformité, d'où la nécessité de resserrer les contrôles.



Des autorisations réglementées et des contrôles rigoureux

Des Huile d’olive non conforme
D'ici fin 2025, l'ONSSA a attribué 727 autorisations sanitaires aux unités de trituration d'huile d'olive, y compris pour les entreprises spécialisées dans l'extraction d'huile de grignon, appelée « fitour ». Ces autorisations respectent les protocoles réglementaires en vigueur, selon les responsables du service de contrôle des produits végétaux et dérivés à l’ONSSA. Un programme annuel de suivi est en cours, avec un renforcement des mesures pendant la saison de production. Des prélèvements réguliers sont effectués chez les producteurs, dans les magasins et sur les marchés, et analysés par des laboratoires pour en vérifier la conformité aux normes.  

Des commissions mixtes locales sont aussi mobilisées pour surveiller les conditions de stockage, d’exposition et de vente, tout en luttant contre les fraudes.  

Les récentes saisies ont ravivé la discussion concernant le « fitour », un résidu du pressage des olives. Contrairement à certaines croyances, le fitour n'est pas destiné à l'alimentation humaine. La réglementation limite son usage aux unités agréées pour extraire de l'huile de grignon. Les critères relatifs aux huiles d'olive et de fitour, notamment leurs caractéristiques physiques et chimiques, sont définis par le décret n°2.14.268 du 29 janvier 2015 et l’arrêté conjoint n°293.16 du 2 février 2016.

Les huiles d'olive alimentaires sont divisées en plusieurs catégories, selon leur méthode d'extraction et leur taux d'acidité : huile d'olive vierge extra, vierge et vierge courante, sans utilisation de traitement chimique. En parallèle, les huiles d'olive raffinées ou mélangées avec des huiles vierges sont également soumises à des normes précises. Les huiles extraite de fitour, traitées aux solvants, ne peuvent être vendues sous l'appellation « huile d'olive vierge ». Toute commercialisation frauduleuse de ce type constitue une infraction grave, selon l'ONSSA, passible de sanctions judiciaires.

Pour contrer ces comportements frauduleux, les autorités invitent les consommateurs à opter pour des huiles étiquetées, traçables et provenant de circuits reconnus. Les prix trop bas, l'absence d'étiquetage ou des informations floues sur l'origine et la catégorie de l'huile doivent être perçus comme des signaux d'alerte. 

Ces contrôles et actions judiciaires visent à protéger la santé des consommateurs et à garantir la qualité d'un produit emblématique de la gastronomie marocaine.




Vendredi 9 Janvier 2026