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Du Golfe à Moscou et Pékin : comment le monde accueille le protocole USA–Iran ?


Rédigé par La rédaction le Jeudi 18 Juin 2026

La vraie question n’est donc pas : “la paix est-elle signée ?” mais plutôt : qui paiera, qui vérifiera, et qui trahira le premier ?



Le protocole USA-Iran n’est pas encore une paix. C’est une trêve armée, monétisée et surveillée.

Du Golfe à Moscou et Pékin : comment le monde accueille le protocole USA–Iran ?
Il vise surtout trois objectifs immédiats : prolonger le cessez-le-feu, rouvrir pleinement le détroit d’Ormuz et ouvrir soixante jours de négociations sur le nucléaire, les sanctions et la sécurité régionale. Reuters évoque un mémorandum en quatorze points, incluant la fin des opérations militaires, le recul du blocus naval américain, la reprise du trafic maritime et un mécanisme de discussion sous supervision internationale. 

Le chiffre de trois cents milliards de dollars est le point le plus explosif. Il ne s’agirait pas d’un chèque américain direct, mais d’un fonds de reconstruction et de développement, possiblement alimenté par des pays du Golfe et des investisseurs privés. Trump a toutefois nié que Washington mette de l’argent public dans ce fonds, ce qui montre déjà la fragilité politique de l’accord. 

Iran : Téhéran vend l’accord comme une victoire de résistance. Il obtient une perspective de déblocage financier, de respiration maritime et de levée graduelle des sanctions. Mais il devra accepter des garanties nucléaires plus lourdes, sous regard de l’AIEA. ([Reuters][3])

États-Unis : Washington cherche à transformer une guerre coûteuse en architecture de contrôle. Le pari est clair : contenir l’Iran sans occupation, sécuriser Ormuz et imposer un cadre nucléaire vérifiable.

Israël : c’est le protagoniste le plus contrarié. Tel-Aviv refuse d’être lié par un accord bilatéral USA-Iran, surtout sur le Liban. Des discussions sont en cours avec Washington sur le maintien de zones de sécurité au sud-Liban. 

Hezbollah / Liban : le Hezbollah accueille favorablement le protocole car il y voit un levier pour exiger un retrait israélien du Liban. Mais c’est précisément là que l’accord risque de casser : Washington peut promettre une désescalade, pas forcément contraindre Israël. 

Pays du Golfe : Arabie saoudite, Émirats, Qatar et autres veulent la stabilité d’Ormuz, mais rechignent à financer la reconstruction d’un Iran qui les a longtemps menacés. Leur logique sera transactionnelle : argent contre garanties nucléaires, missiles contenus et fin des perturbations maritimes.

Chine : Pékin est le gagnant discret. Elle sécurise l’énergie, renforce son image de médiateur et garde ses canaux avec Téhéran sans affronter frontalement Washington. Trump a même remercié Xi pour sa “neutralité”. ([Reuters][6])

Russie : Moscou joue plus finement. Elle soutient l’Iran politiquement, mais n’a pas franchi le seuil d’une aide militaire décisive. Elle conserve ainsi son rôle d’arbitre anti-occidental sans payer le prix d’une confrontation directe. ([ABC News][7])

Pakistan et Qatar : médiateurs utiles. Islamabad apparaît comme un canal discret de négociation ; Doha se positionne dans son rôle habituel de diplomatie d’intermédiation. ([Al Jazeera][8])

Ce protocole ne redessine pas encore le Moyen-Orient, mais il ouvre une séquence de marchandage total : nucléaire contre argent, Ormuz contre sanctions, Liban contre garanties sécuritaires, Iran contre normalisation économique.

La vraie question n’est donc pas : “la paix est-elle signée ?” mais plutôt : qui paiera, qui vérifiera, et qui trahira le premier ?

 




Jeudi 18 Juin 2026