L'ODJ Média

Du soleil, du couscous... et 112ᵉ au classement du WHR !


Rédigé par La Rédaction le Vendredi 23 Octobre 2026

Quel est le pays le plus heureux du monde ? La Finlande ! Oui, la Finlande détient le titre de pays le plus heureux du monde.

Ce pays où l'on frôle la dépression saisonnière à cause de 9 mois de nuit noire et de températures polaires,  trône au sommet du podium pour la 9ème année consécutive.



Pourquoi ?

Parce que le classement du World Happiness Report mesure des choses « ennuyeuses » comme le soutien social, la sécurité financière, les services publics et la liberté, et non pas le nombre d'heures de soleil au compteur.

Et pendant ce temps, le Maroc, avec son soleil généreux, ses paysages de rêve et son hospitalité légendaire, végète à la 112ᵉ place sur 147 pays.

Cherchez l’erreur ! Nous avons la mer, les montagnes, le désert, une cuisine mondialement appréciée, un artisanat exceptionnel, une musique envoûtante, un peuple festif et des traditions ancestrales qui font le bonheur des touristes.

Certains étrangers viennent même s’installer chez nous et ne veulent plus repartir. Bref, pour les cartes postales, nous sommes champions du monde !

Mais voilà : le bonheur ne se mange pas en tajine et ne se mesure pas au nombre de couchers de soleil sur l’Atlantique.

Car la réalité, mesdames et messieurs, se cache derrière des pré-requis froids et mathématiques :

- Le PIB par habitant : nerf de la guerre (30 % du score). Visiblement, l'artisanat du zellige et le folklore ne paient pas les factures d'eau et d'électricité. Une croissance un tantinet plus inclusive serait de rigueur.

- L’éducation dans son sens le plus large : avoir un système éducatif performant et équitable reste le vrai passeport pour le bonheur collectif.

- ⁠Le civisme : le bonheur d'une nation passe aussi par la conscience citoyenne, le respect du bien commun et la confiance mutuelle. Le civisme est en vacances en ce moment.

- L'espérance de vie en bonne santé : c'est bien beau d'avoir de belles montagnes, mais pouvoir se soigner sans y laisser un rein serait un bonus très appréciable.

-  Le soutien social : remplacer la débrouille au jour le jour par de vrais filets de sécurité pour ne pas laisser les plus vulnérables crever la dalle en silence.

-  La liberté de faire des choix de vie : en d’autres termes, donner un peu d'autonomie et de perspectives d'avenir à cette fameuse jeunesse au lieu de lui vendre du rêve entre deux impasses.

- La générosité et le bénévolat : le Marocain est formidable pour dépanner son voisin en galère, mais il semblerait que l'administration fiscale et les associations officielles peinent un peu plus à inspirer la philanthropie structurée.

- La perception de la corruption : Ah, la cerise sur la pastilla. On a besoin de plus de transparence publique et un soupçon de confiance envers les institutions... Un véritable conte de fées en perspective.

La Finlande a peut-être moins de soleil, mais elle semble avoir compris une chose essentielle : le bonheur ne consiste pas seulement à vivre dans un beau pays, mais à pouvoir y vivre DIGNEMENT.

Au Maroc, nous excellons dans l’art de vendre du rêve. Nous savons embellir nos villes pour les visiteurs, célébrer notre patrimoine et vanter notre hospitalité. Mais quand il s’agit du quotidien des citoyens, le décor ne suffit plus.

Un pays ne se gère pas comme une agence de voyages. Et le bonheur de ses habitants ne se décrète pas dans une brochure touristique ! Alors, Lalla F. Z. MANSOURI, il faudra troquer les discours rassurants contre des résultats mesurables. Remontez vos manches.

Vous avez du pain sur la planche  pour faire nous remonter dans ce classement du WHR et pour remonter le moral des citoyens.

Et en attendant, on peut toujours se consoler en se disant qu'au moins, il fait beau.

Par Anissa Mekouar Senhadji.




Vendredi 23 Octobre 2026