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Eau, climat et innovation : le Maroc et l’Australie esquissent un partenariat d’avenir


Par Said Temsamani.

La rencontre entre le ministre de l’Équipement et de l’Eau Nizar Baraka et l’ambassadeur d’Australie au Maroc Damien Donavan n’a rien d’un simple rendez-vous protocolaire.

Elle illustre au contraire l’émergence d’une dynamique de coopération stratégique entre Morocco et Australia, articulée autour de défis majeurs du XXIᵉ siècle : l’eau, le climat et l’innovation technologique.



À l’approche du cinquantième anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays, célébré en 2026, Rabat et Canberra semblent vouloir donner une nouvelle profondeur à leur partenariat.

L’objectif est clair : transformer une relation diplomatique classique en une coopération opérationnelle centrée sur les secteurs stratégiques. Au cœur de cette convergence se trouve la question de l’eau.

Confronté à un stress hydrique croissant, accentué par les cycles de sécheresse et les effets du changement climatique, le Maroc a fait de la gestion durable des ressources hydriques une priorité nationale.

Dans ce contexte, l’expérience australienne — reconnue à l’échelle mondiale dans la gestion de l’eau en zones arides — apparaît comme un atout majeur.

Les pistes de coopération évoquées lors de l’entretien sont nombreuses :

Gestion durable des nappes phréatiques, amélioration de l’efficacité hydrique, optimisation des réseaux d’irrigation et de distribution, mais aussi développement des systèmes météorologiques et d’alerte précoce.

Autant de domaines où l’expertise australienne pourrait contribuer à renforcer la résilience hydrique du Maroc.

Au-delà du secteur de l’eau, la coopération envisagée touche également aux infrastructures face au défi climatique.

Dans un contexte marqué par l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, la conception des routes et des ouvrages publics doit désormais intégrer des critères de durabilité et de résilience.

Le Maroc s’intéresse ainsi à l’expertise australienne dans la construction d’infrastructures capables de résister aux effets du changement climatique, notamment à travers des partenariats entre bureaux d’études des deux pays.

La dimension scientifique et technologique constitue un autre pilier de cette dynamique.

Le ministre a présenté le pôle technologique mis en place par son département, qui regroupe notamment l’École Hassania des Travaux Publics et le Laboratoire Public d’Essais et d’Études.

L’ambition est de créer un écosystème intégrant formation d’ingénieurs, recherche appliquée et expertise technique, tout en développant des partenariats avec les universités et institutions scientifiques australiennes.

Dans cette perspective, la prochaine visite au Maroc d’une délégation d’entreprises australiennes pourrait marquer une étape concrète.

Intéressées par les grands projets liés à l’eau et à l’irrigation, ces entreprises souhaitent notamment se positionner sur les appels d’offres concernant les projets de dessalement de l’eau de mer, un secteur appelé à jouer un rôle déterminant dans la stratégie hydrique du royaume.

Au-delà de ce dialogue bilatéral, cette rencontre révèle une évolution plus profonde :

La montée en puissance d’une diplomatie marocaine fondée sur les projets, la technologie et les partenariats d’innovation.

Dans un monde où la gestion de l’eau et l’adaptation climatique deviennent des enjeux géopolitiques majeurs, la coopération entre le Maroc et l’Australie pourrait ainsi préfigurer une nouvelle génération d’alliances stratégiques.

Par Said Temsamani.


Vendredi 13 Mars 2026