Une épidémie désormais régionale
L’alerte a été annoncée par Organisation mondiale de la Santé après une réunion d’évaluation de la situation sanitaire dans l’est congolais. Selon l’organisation, le virus représente désormais une menace internationale, même si les critères d’une « urgence pandémique » ne sont pas encore atteints.
L’épidémie actuelle touche principalement la province de l’Ituri, une région enclavée et fragilisée par l’insécurité. Les autorités sanitaires font face au variant Bundibugyo d’Ebola, pour lequel aucun vaccin homologué n’existe à ce jour. Au 16 mai, huit cas confirmés en laboratoire ont été enregistrés, tandis que des centaines de cas suspects restent sous surveillance. Plusieurs dizaines de décès potentiellement liés au virus ont également été recensés.
Le décès en Ouganda change la donne
La situation a pris une dimension régionale après la mort d’un ressortissant congolais de 59 ans à Kampala. L’homme avait quitté l’Ituri avant d’être hospitalisé en Ouganda le 11 mai. Il est décédé trois jours plus tard avant que sa dépouille ne soit rapatriée en RDC.
Les autorités sanitaires redoutent désormais des chaînes de transmission difficiles à contrôler, notamment lors des déplacements familiaux et des cérémonies funéraires. Dans la foulée, le Kenya et le Soudan du Sud ont renforcé leur niveau d’alerte sanitaire. Le Rwanda a de son côté fermé ses postes frontières avec Goma après la confirmation d’un cas dans cette ville de plus d’un million d’habitants.
Une mobilisation sanitaire renforcée
Face à la progression du virus, l’OMS prépare un pont aérien entre Kinshasa et Bunia afin d’acheminer plusieurs tonnes de matériel médical et de prévention. Des experts en épidémiologie doivent également être déployés sur le terrain pour renforcer les capacités locales de riposte.
L’Africa CDC suit désormais la situation de près, conformément aux protocoles régionaux appliqués lorsqu’une épidémie touche plusieurs pays. Cette nouvelle flambée ravive les inquiétudes autour de la capacité des systèmes sanitaires d’Afrique centrale à contenir rapidement des virus hautement contagieux dans des zones marquées par les conflits armés et les déplacements de population.