Lors d'une Rencontre thématique régionales 2026 de l’Alliance des Économistes Istiqlaliens (AEI), consacrées au système d’éducation et de formation, la question de l’équité scolaire a occupé une place centrale. À Casablanca, l’intervention de Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, a mis en lumière un objectif désormais clairement assumé : construire une école publique à une seule vitesse, capable de garantir à chaque élève, où qu’il vive, les mêmes chances d’apprentissage et de réussite.
L’expression n’est pas anodine. Elle reconnaît implicitement l’existence actuelle de plusieurs vitesses au sein de l’école publique marocaine. Entre établissements urbains bien dotés et écoles rurales sous-équipées, entre centres-villes et périphéries, entre régions attractives et zones déficitaires, l’égalité des chances reste largement théorique.
Une fracture éducative territoriale persistante
Les données présentées lors de cette Rencontre AEI confirment ce diagnostic. Si les indicateurs globaux affichent une amélioration progressive — notamment en matière de préscolarisation — les disparités territoriales demeurent profondes. En milieu rural, l’accès au préscolaire reste plus limité, les classes sont souvent surchargées et la rotation des enseignants plus fréquente.
Cette fracture territoriale se traduit directement dans les parcours scolaires. Le décrochage est plus précoce et plus massif dans les zones défavorisées, alimentant un cercle vicieux où l’école cesse d’être un levier de mobilité sociale pour devenir un facteur de reproduction des inégalités.
Pour Nizar Baraka, cette situation n’est plus tenable : « Une école publique qui ne garantit pas les mêmes fondamentaux à tous les enfants affaiblit le pacte social ». Derrière cette affirmation se profile une idée forte : l’équité éducative est une condition de la cohésion nationale.
Le préscolaire comme socle de l’égalité
L’un des leviers majeurs mis en avant concerne la généralisation du préscolaire. En quelques années, le taux de préscolarisation des enfants de 4 à 5 ans est passé de 72 % à plus de 83 %. L’objectif affiché est clair : atteindre 100 % de préscolarisation, en réduisant drastiquement les écarts entre zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre filles et garçons.
Le préscolaire est présenté comme la condition première de l’acquisition des fondamentaux. Les études internationales comme les expériences locales convergent : les inégalités se construisent très tôt. Ne pas intervenir à ce stade revient à accepter des écarts qui se creusent tout au long de la scolarité.
Mais la généralisation quantitative ne suffit pas. La qualité de l’encadrement, la formation des éducateurs et l’adaptation aux contextes locaux restent des défis majeurs, soulignés par plusieurs participants à cette Rencontre.
L’enseignant au cœur de la réforme
Autre pilier de l’école à une seule vitesse : la question enseignante. La mise en place d’un statut unifié des enseignants, entrée en vigueur en 2024, est présentée comme une avancée structurante. Elle vise à mettre fin à la multiplicité des régimes, source de tensions, de précarité et parfois de démotivation.
Mais au-delà du statut, la problématique de l’affectation reste centrale. Les zones rurales et déficitaires continuent d’attirer difficilement les enseignants. Pour y répondre, l’AEI propose des primes territoriales significatives, des parcours de carrière accélérés et une formation continue adossée aux résultats des élèves.
L’idée est claire : récompenser l’engagement là où il est le plus nécessaire, et faire de l’équité territoriale un critère de gestion des ressources humaines éducatives.
Orientation et deuxième chance : ne laisser personne au bord du chemin
Construire une école à une seule vitesse implique aussi de mieux accompagner les élèves à risque. L’orientation scolaire, souvent tardive et insuffisamment outillée, est identifiée comme un maillon faible du système.
Les propositions avancées lors de cette Rencontre AEI insistent sur un accompagnement dès le collège, avec des conseillers formés, des outils de diagnostic et une approche personnalisée. L’objectif est de prévenir le décrochage plutôt que de le constater.
Pour ceux qui quittent néanmoins le système, les structures de deuxième chance doivent être renforcées et rendues accessibles « sans barrières ». L’accompagnement psychologique systématique, souvent absent des politiques éducatives, est également mis en avant comme une nécessité.
Une équité qui dépasse l’école
Au fil des débats, une évidence s’impose : l’école à une seule vitesse ne peut être pensée isolément. Elle dépend de facteurs sociaux, économiques et territoriaux plus larges. Transport scolaire, internats, accès au numérique, conditions de vie des familles : autant de paramètres qui influencent directement la réussite scolaire.
C’est pourquoi l’AEI plaide pour une approche intersectorielle, associant éducation, collectivités territoriales et politiques sociales. L’école ne peut corriger seule des inégalités produites ailleurs, mais elle peut refuser de les amplifier.
Une promesse sous condition
À l’issue de cette Rencontres, l’ambition d’une école publique à une seule vitesse apparaît comme un horizon politique fort, mais encore fragile. Les leviers existent, les orientations sont claires, les moyens commencent à suivre. Reste la question décisive de l’exécution.
Car l’équité ne se mesure pas aux discours, mais aux trajectoires réelles des élèves. Tant que le lieu de naissance, le milieu social ou le territoire continueront de déterminer largement les chances de réussite, l’école publique marocaine restera à vitesses multiples.
Transformer cette promesse en réalité constitue l’un des défis majeurs pour le prochain gouvernement . Un défi éducatif, mais aussi un enjeu de confiance nationale.
L’expression n’est pas anodine. Elle reconnaît implicitement l’existence actuelle de plusieurs vitesses au sein de l’école publique marocaine. Entre établissements urbains bien dotés et écoles rurales sous-équipées, entre centres-villes et périphéries, entre régions attractives et zones déficitaires, l’égalité des chances reste largement théorique.
Une fracture éducative territoriale persistante
Les données présentées lors de cette Rencontre AEI confirment ce diagnostic. Si les indicateurs globaux affichent une amélioration progressive — notamment en matière de préscolarisation — les disparités territoriales demeurent profondes. En milieu rural, l’accès au préscolaire reste plus limité, les classes sont souvent surchargées et la rotation des enseignants plus fréquente.
Cette fracture territoriale se traduit directement dans les parcours scolaires. Le décrochage est plus précoce et plus massif dans les zones défavorisées, alimentant un cercle vicieux où l’école cesse d’être un levier de mobilité sociale pour devenir un facteur de reproduction des inégalités.
Pour Nizar Baraka, cette situation n’est plus tenable : « Une école publique qui ne garantit pas les mêmes fondamentaux à tous les enfants affaiblit le pacte social ». Derrière cette affirmation se profile une idée forte : l’équité éducative est une condition de la cohésion nationale.
Le préscolaire comme socle de l’égalité
L’un des leviers majeurs mis en avant concerne la généralisation du préscolaire. En quelques années, le taux de préscolarisation des enfants de 4 à 5 ans est passé de 72 % à plus de 83 %. L’objectif affiché est clair : atteindre 100 % de préscolarisation, en réduisant drastiquement les écarts entre zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre filles et garçons.
Le préscolaire est présenté comme la condition première de l’acquisition des fondamentaux. Les études internationales comme les expériences locales convergent : les inégalités se construisent très tôt. Ne pas intervenir à ce stade revient à accepter des écarts qui se creusent tout au long de la scolarité.
Mais la généralisation quantitative ne suffit pas. La qualité de l’encadrement, la formation des éducateurs et l’adaptation aux contextes locaux restent des défis majeurs, soulignés par plusieurs participants à cette Rencontre.
L’enseignant au cœur de la réforme
Autre pilier de l’école à une seule vitesse : la question enseignante. La mise en place d’un statut unifié des enseignants, entrée en vigueur en 2024, est présentée comme une avancée structurante. Elle vise à mettre fin à la multiplicité des régimes, source de tensions, de précarité et parfois de démotivation.
Mais au-delà du statut, la problématique de l’affectation reste centrale. Les zones rurales et déficitaires continuent d’attirer difficilement les enseignants. Pour y répondre, l’AEI propose des primes territoriales significatives, des parcours de carrière accélérés et une formation continue adossée aux résultats des élèves.
L’idée est claire : récompenser l’engagement là où il est le plus nécessaire, et faire de l’équité territoriale un critère de gestion des ressources humaines éducatives.
Orientation et deuxième chance : ne laisser personne au bord du chemin
Construire une école à une seule vitesse implique aussi de mieux accompagner les élèves à risque. L’orientation scolaire, souvent tardive et insuffisamment outillée, est identifiée comme un maillon faible du système.
Les propositions avancées lors de cette Rencontre AEI insistent sur un accompagnement dès le collège, avec des conseillers formés, des outils de diagnostic et une approche personnalisée. L’objectif est de prévenir le décrochage plutôt que de le constater.
Pour ceux qui quittent néanmoins le système, les structures de deuxième chance doivent être renforcées et rendues accessibles « sans barrières ». L’accompagnement psychologique systématique, souvent absent des politiques éducatives, est également mis en avant comme une nécessité.
Une équité qui dépasse l’école
Au fil des débats, une évidence s’impose : l’école à une seule vitesse ne peut être pensée isolément. Elle dépend de facteurs sociaux, économiques et territoriaux plus larges. Transport scolaire, internats, accès au numérique, conditions de vie des familles : autant de paramètres qui influencent directement la réussite scolaire.
C’est pourquoi l’AEI plaide pour une approche intersectorielle, associant éducation, collectivités territoriales et politiques sociales. L’école ne peut corriger seule des inégalités produites ailleurs, mais elle peut refuser de les amplifier.
Une promesse sous condition
À l’issue de cette Rencontres, l’ambition d’une école publique à une seule vitesse apparaît comme un horizon politique fort, mais encore fragile. Les leviers existent, les orientations sont claires, les moyens commencent à suivre. Reste la question décisive de l’exécution.
Car l’équité ne se mesure pas aux discours, mais aux trajectoires réelles des élèves. Tant que le lieu de naissance, le milieu social ou le territoire continueront de déterminer largement les chances de réussite, l’école publique marocaine restera à vitesses multiples.
Transformer cette promesse en réalité constitue l’un des défis majeurs pour le prochain gouvernement . Un défi éducatif, mais aussi un enjeu de confiance nationale.