La reprise économique mondiale reste fragile. Alors que les tensions internationales continuent de perturber les échanges commerciaux et les marchés des matières premières, les risques inflationnistes refont surface, contraignant les banques centrales à durcir leurs politiques monétaires.
C'est le principal constat dressé par Coface dans sa nouvelle analyse des risques pays et sectoriels, rendue publique lundi 26 octobre 2026.
L'assureur-crédit souligne une dégradation de l'environnement géopolitique au cours de l'été, principalement sous l'effet de la reprise des hostilités entre l'Iran et les États-Unis et de l'intensification du conflit entre la Russie et l'Ukraine.
Ces tensions alimentent la volatilité des marchés, renchérissent les matières premières et compliquent les perspectives économiques pour les entreprises comme pour les États.
Pétrole au-dessus de 100 dollars : le retour du risque inflationniste
L'un des principaux signaux d'alerte concerne l'évolution des prix de l'énergie.
Selon Coface, le pétrole a franchi la barre des 100 dollars le baril en septembre 2026, dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient.
Les prix pétroliers ont progressé de plus de 50 %, tandis que ceux du gaz naturel ont presque doublé, malgré l'augmentation des volumes de pétrole sortant du Golfe grâce au détroit d'Ormuz et à la réorientation de certains flux.
Les produits agricoles subissent également de fortes pressions. Le prix du blé affiche ainsi une hausse de 40 % sur un an, sous l'effet conjugué des perturbations portuaires en mer Noire et des épisodes de chaleur extrême enregistrés en Europe.
Cette flambée des matières premières ravive les inquiétudes autour d'une nouvelle vague d'inflation mondiale, après plusieurs années déjà marquées par des tensions sur les prix.
Les banques centrales resserrent leurs politiques monétaires
Face à la persistance des pressions inflationnistes, les principales banques centrales ont réagi.
D'après Coface, la Réserve fédérale américaine a relevé ses taux directeurs de 25 points de base, suivant le mouvement engagé par la Banque centrale européenne.
Ce durcissement monétaire se traduit par une augmentation des coûts de financement à l'échelle internationale.
Le dollar s'est apprécié de plus de 6 % en termes effectifs depuis son point bas de janvier, tandis que les taux d'intérêt à long terme ont progressé de plus de 100 points de base dans plusieurs grandes zones monétaires depuis fin février.
Pour les entreprises, cette évolution signifie des conditions de crédit plus contraignantes. Pour les États, elle peut accentuer le coût du financement des déficits et de la dette.
Une croissance mondiale qui plafonne à 2,6 % en 2027
Malgré ces turbulences, l'économie mondiale continue de faire preuve d'une certaine résistance.
Coface anticipe néanmoins un ralentissement de la croissance à 2,5 % en 2026, contre 2,8 % en 2025, avant une progression limitée à 2,6 % en 2027.
Le coût du conflit au Moyen-Orient est estimé à 0,5 point de croissance mondiale sur la période 2026-2027, selon l'analyse de l'assureur-crédit.
Les investissements liés à l'intelligence artificielle constituent toutefois l'un des principaux facteurs de soutien à l'activité, particulièrement aux États-Unis.
La croissance mondiale apparaît ainsi de plus en plus contrastée selon les régions et leur exposition aux chocs énergétiques, financiers et géopolitiques.
Moyen-Orient : trois pays déclassés par Coface
Cette dégradation des perspectives se traduit directement dans les évaluations de risques.
Coface annonce trois déclassements de pays, quatre reclassements, ainsi que 20 modifications d'évaluations sectorielles, dont 12 dégradations et huit améliorations.
Au Moyen-Orient, trois économies voient leur notation abaissée :
- Arabie saoudite : de A3 à A4.
- Émirats arabes unis : de A2 à A3.
- Qatar : de A3 à A4.
Ces dégradations reflètent notamment les risques pesant sur les infrastructures énergétiques et les routes commerciales, particulièrement autour du détroit d'Ormuz.
Le secteur agroalimentaire est également déclassé dans six pays, dont la France, l'Autriche et la Pologne, en raison notamment des conditions climatiques extrêmes de l'été 2026.
Des économies qui résistent à des rythmes différents
Les États-Unis conservent une certaine solidité économique grâce à la consommation des ménages et aux investissements dans l'intelligence artificielle. Le marché du travail demeure relativement robuste, avec un taux de chômage de 4 % selon les données reprises par Coface.
En Europe, les économies allemande et espagnole résistent mieux qu'anticipé, malgré les préoccupations concernant la soutenabilité des finances publiques françaises.
En Asie, les contrastes sont particulièrement marqués. Le Vietnam et l'Inde affichent des croissances respectives de 8,4 % et 7,5 %, portées notamment par les infrastructures et les technologies, tandis que la Chine fait face à un affaiblissement de sa demande intérieure.
En Afrique et en Amérique latine, Coface pointe surtout le risque d'une inflation persistante, alimentée par la hausse des prix agricoles et énergétiques, sur fond de perturbations climatiques liées au phénomène El Niño.
Quel impact potentiel sur l'économie marocaine ?
Pour le Maroc, ces évolutions internationales méritent une attention particulière.
Fortement dépendant des importations de produits énergétiques, le Royaume reste exposé à une hausse durable des cours du pétrole et du gaz.
Un renchérissement des hydrocarbures pourrait alourdir la facture énergétique nationale, peser sur les coûts de transport et de production et alimenter certaines tensions sur les prix à la consommation.
La hausse des cours des matières premières agricoles constitue également un facteur de vulnérabilité, notamment lorsque la production nationale ne permet pas de couvrir les besoins du marché.
À ces risques s'ajoute le durcissement des conditions financières internationales, susceptible de rendre certains financements extérieurs plus coûteux pour les entreprises et les investisseurs marocains.
Les relations commerciales avec l'Europe représentent un autre canal de transmission potentiel. Un ralentissement de la demande européenne pourrait affecter certaines exportations marocaines, même si l'ampleur de cet effet dépendrait des secteurs concernés et de l'évolution de leurs marchés.
Il convient toutefois de souligner que Coface ne présente pas, dans ce communiqué, de prévision spécifique concernant la croissance du Maroc. Ces implications constituent donc des risques possibles et non des conséquences déjà mesurées.
Le monde face à une nouvelle équation économique
Pour Jean-Christophe Caffet, chef économiste de Coface, la prolongation du conflit au Moyen-Orient fait ressurgir la menace d'un choc inflationniste mondial.
La combinaison de prix élevés de l'énergie, de tensions sur les matières premières et de coûts de financement plus importants réduit les marges de manœuvre des économies les plus fragiles.
Au-delà des chiffres de croissance, la question centrale est désormais celle de la capacité des États et des entreprises à absorber durablement ces nouveaux chocs.
Pour le Maroc comme pour de nombreuses économies émergentes, l'enjeu sera de préserver la stabilité des prix, de sécuriser les approvisionnements stratégiques et de maintenir les investissements dans un environnement mondial devenu plus incertain.
C'est le principal constat dressé par Coface dans sa nouvelle analyse des risques pays et sectoriels, rendue publique lundi 26 octobre 2026.
L'assureur-crédit souligne une dégradation de l'environnement géopolitique au cours de l'été, principalement sous l'effet de la reprise des hostilités entre l'Iran et les États-Unis et de l'intensification du conflit entre la Russie et l'Ukraine.
Ces tensions alimentent la volatilité des marchés, renchérissent les matières premières et compliquent les perspectives économiques pour les entreprises comme pour les États.
Pétrole au-dessus de 100 dollars : le retour du risque inflationniste
L'un des principaux signaux d'alerte concerne l'évolution des prix de l'énergie.
Selon Coface, le pétrole a franchi la barre des 100 dollars le baril en septembre 2026, dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient.
Les prix pétroliers ont progressé de plus de 50 %, tandis que ceux du gaz naturel ont presque doublé, malgré l'augmentation des volumes de pétrole sortant du Golfe grâce au détroit d'Ormuz et à la réorientation de certains flux.
Les produits agricoles subissent également de fortes pressions. Le prix du blé affiche ainsi une hausse de 40 % sur un an, sous l'effet conjugué des perturbations portuaires en mer Noire et des épisodes de chaleur extrême enregistrés en Europe.
Cette flambée des matières premières ravive les inquiétudes autour d'une nouvelle vague d'inflation mondiale, après plusieurs années déjà marquées par des tensions sur les prix.
Les banques centrales resserrent leurs politiques monétaires
Face à la persistance des pressions inflationnistes, les principales banques centrales ont réagi.
D'après Coface, la Réserve fédérale américaine a relevé ses taux directeurs de 25 points de base, suivant le mouvement engagé par la Banque centrale européenne.
Ce durcissement monétaire se traduit par une augmentation des coûts de financement à l'échelle internationale.
Le dollar s'est apprécié de plus de 6 % en termes effectifs depuis son point bas de janvier, tandis que les taux d'intérêt à long terme ont progressé de plus de 100 points de base dans plusieurs grandes zones monétaires depuis fin février.
Pour les entreprises, cette évolution signifie des conditions de crédit plus contraignantes. Pour les États, elle peut accentuer le coût du financement des déficits et de la dette.
Une croissance mondiale qui plafonne à 2,6 % en 2027
Malgré ces turbulences, l'économie mondiale continue de faire preuve d'une certaine résistance.
Coface anticipe néanmoins un ralentissement de la croissance à 2,5 % en 2026, contre 2,8 % en 2025, avant une progression limitée à 2,6 % en 2027.
Le coût du conflit au Moyen-Orient est estimé à 0,5 point de croissance mondiale sur la période 2026-2027, selon l'analyse de l'assureur-crédit.
Les investissements liés à l'intelligence artificielle constituent toutefois l'un des principaux facteurs de soutien à l'activité, particulièrement aux États-Unis.
La croissance mondiale apparaît ainsi de plus en plus contrastée selon les régions et leur exposition aux chocs énergétiques, financiers et géopolitiques.
Moyen-Orient : trois pays déclassés par Coface
Cette dégradation des perspectives se traduit directement dans les évaluations de risques.
Coface annonce trois déclassements de pays, quatre reclassements, ainsi que 20 modifications d'évaluations sectorielles, dont 12 dégradations et huit améliorations.
Au Moyen-Orient, trois économies voient leur notation abaissée :
- Arabie saoudite : de A3 à A4.
- Émirats arabes unis : de A2 à A3.
- Qatar : de A3 à A4.
Ces dégradations reflètent notamment les risques pesant sur les infrastructures énergétiques et les routes commerciales, particulièrement autour du détroit d'Ormuz.
Le secteur agroalimentaire est également déclassé dans six pays, dont la France, l'Autriche et la Pologne, en raison notamment des conditions climatiques extrêmes de l'été 2026.
Des économies qui résistent à des rythmes différents
Les États-Unis conservent une certaine solidité économique grâce à la consommation des ménages et aux investissements dans l'intelligence artificielle. Le marché du travail demeure relativement robuste, avec un taux de chômage de 4 % selon les données reprises par Coface.
En Europe, les économies allemande et espagnole résistent mieux qu'anticipé, malgré les préoccupations concernant la soutenabilité des finances publiques françaises.
En Asie, les contrastes sont particulièrement marqués. Le Vietnam et l'Inde affichent des croissances respectives de 8,4 % et 7,5 %, portées notamment par les infrastructures et les technologies, tandis que la Chine fait face à un affaiblissement de sa demande intérieure.
En Afrique et en Amérique latine, Coface pointe surtout le risque d'une inflation persistante, alimentée par la hausse des prix agricoles et énergétiques, sur fond de perturbations climatiques liées au phénomène El Niño.
Quel impact potentiel sur l'économie marocaine ?
Pour le Maroc, ces évolutions internationales méritent une attention particulière.
Fortement dépendant des importations de produits énergétiques, le Royaume reste exposé à une hausse durable des cours du pétrole et du gaz.
Un renchérissement des hydrocarbures pourrait alourdir la facture énergétique nationale, peser sur les coûts de transport et de production et alimenter certaines tensions sur les prix à la consommation.
La hausse des cours des matières premières agricoles constitue également un facteur de vulnérabilité, notamment lorsque la production nationale ne permet pas de couvrir les besoins du marché.
À ces risques s'ajoute le durcissement des conditions financières internationales, susceptible de rendre certains financements extérieurs plus coûteux pour les entreprises et les investisseurs marocains.
Les relations commerciales avec l'Europe représentent un autre canal de transmission potentiel. Un ralentissement de la demande européenne pourrait affecter certaines exportations marocaines, même si l'ampleur de cet effet dépendrait des secteurs concernés et de l'évolution de leurs marchés.
Il convient toutefois de souligner que Coface ne présente pas, dans ce communiqué, de prévision spécifique concernant la croissance du Maroc. Ces implications constituent donc des risques possibles et non des conséquences déjà mesurées.
Le monde face à une nouvelle équation économique
Pour Jean-Christophe Caffet, chef économiste de Coface, la prolongation du conflit au Moyen-Orient fait ressurgir la menace d'un choc inflationniste mondial.
La combinaison de prix élevés de l'énergie, de tensions sur les matières premières et de coûts de financement plus importants réduit les marges de manœuvre des économies les plus fragiles.
Au-delà des chiffres de croissance, la question centrale est désormais celle de la capacité des États et des entreprises à absorber durablement ces nouveaux chocs.
Pour le Maroc comme pour de nombreuses économies émergentes, l'enjeu sera de préserver la stabilité des prix, de sécuriser les approvisionnements stratégiques et de maintenir les investissements dans un environnement mondial devenu plus incertain.