Comme si l’économie se résumait à quelques indicateurs de croissance, à des annonces d’investissements ou à des promesses de création d’emplois.
Or, derrière les chiffres officiels, des interrogations fondamentales mériteraient d’occuper le centre de la campagne électorale.
La première est sans doute celle du rapport entre le capital et le travail.
Depuis plusieurs décennies, le Maroc a fait le choix d’encourager l’investissement privé, l’entrepreneuriat et l’accumulation du capital productif. Ce choix a permis des avancées réelles : développement des infrastructures, modernisation industrielle, montée en puissance de certains secteurs exportateurs, amélioration de l’attractivité du pays.
Mais une question demeure : la rémunération du travail progresse-t-elle au même rythme que celle du capital ?
Autrement dit, les salariés bénéficient-ils équitablement de la richesse créée ?
La question n’est pas idéologique. Elle est économique.
Dans de nombreux pays, le débat porte aujourd’hui sur la répartition de la valeur ajoutée entre les détenteurs de capitaux et les travailleurs. Les gains de productivité profitent-ils davantage aux salaires ou aux profits ? La croissance améliore-t-elle réellement le niveau de vie de ceux qui produisent cette richesse au quotidien ?
Au Maroc, ce débat est presque inexistant.
Pourtant, il touche directement des millions de ménages confrontés à l’augmentation du coût du logement, de l’éducation, de la santé ou encore de l’alimentation.
Une autre question mériterait d’être posée : le travail paie-t-il suffisamment ?
De plus en plus de diplômés, de cadres et de salariés expriment un sentiment de stagnation. Beaucoup ont l’impression que l’effort, l’expérience et les qualifications ne se traduisent plus automatiquement par une amélioration significative du niveau de vie.
La classe moyenne, longtemps présentée comme le moteur de la stabilité sociale et de la consommation intérieure, se retrouve aujourd’hui sous pression.
Cette réalité soulève une interrogation essentielle : comment redonner au travail sa capacité à constituer un véritable ascenseur social ?
Là encore, le débat reste discret.
La fiscalité constitue un autre grand absent de la campagne.
Au Maroc, les prélèvements sur les revenus du travail sont visibles, immédiats et relativement simples à identifier. Les salariés connaissent leur impôt sur le revenu et leurs cotisations sociales.
En revanche, la fiscalité du capital reste souvent plus complexe et moins débattue publiquement.
Faut-il maintenir les équilibres actuels ?
Faut-il alléger davantage la fiscalité du travail pour soutenir le pouvoir d’achat ?
Faut-il au contraire renforcer certaines formes d’imposition sur les revenus du patrimoine ou sur les rentes ?
Ces questions divisent les économistes du monde entier. Elles devraient donc logiquement faire partie des principaux sujets de confrontation démocratique.
Pourtant, elles demeurent largement absentes des discours.
Même constat concernant la productivité.
Pourquoi le Maroc peine-t-il encore à générer suffisamment d’emplois qualifiés malgré les investissements réalisés ?
Comment améliorer la compétitivité des entreprises sans fragiliser davantage les salariés ?
Comment faire évoluer le système éducatif afin qu’il réponde réellement aux besoins de l’économie de demain ?
Quel modèle de croissance voulons-nous construire pour les vingt prochaines années ?
Sur ces sujets stratégiques, les propositions restent souvent générales.
Le débat sur les inégalités est également étonnamment discret.
Le Maroc est confronté à des écarts territoriaux importants, à des différences de revenus significatives et à des disparités persistantes dans l’accès aux services publics.
La question n’est pas seulement sociale.
Elle est économique.
Une économie où une partie importante de la population peine à accéder à une éducation de qualité, à des soins performants ou à des opportunités professionnelles est une économie qui limite son propre potentiel de croissance.
Enfin, un autre sujet mérite d’être placé au cœur de la campagne : la résilience économique.
Les dernières années ont été marquées par une succession de chocs extérieurs : pandémie, sécheresses, inflation mondiale, tensions géopolitiques, perturbations logistiques et énergétiques.
Le prochain gouvernement devra probablement affronter d’autres crises dont personne ne connaît encore la nature.
La vraie question n’est donc pas seulement de savoir combien d’emplois seront créés ou combien de points de croissance seront obtenus.
Elle consiste à déterminer comment construire une économie capable de protéger les ménages lorsque les crises surviennent.
Comment préserver le pouvoir d’achat ?
Comment éviter l’effondrement de certains secteurs ?
Comment garantir la continuité des services essentiels ?
Comment renforcer la souveraineté économique du pays ?
Ces interrogations devraient être au centre de la campagne.
Car au-delà des slogans, des alliances et des calculs électoraux, les élections de septembre 2026 détermineront le modèle économique du Maroc pour les années à venir.
Le paradoxe est là : jamais les enjeux économiques n’ont été aussi importants, et pourtant jamais les grands débats économiques n’ont semblé aussi absents de l’espace public.
La démocratie ne consiste pas seulement à choisir des responsables politiques.
Elle consiste aussi à choisir entre différentes visions de la société, différentes conceptions de la richesse et différentes manières de répartir les fruits de la croissance.
C’est précisément ce débat-là qui manque aujourd’hui.
Or, derrière les chiffres officiels, des interrogations fondamentales mériteraient d’occuper le centre de la campagne électorale.
La première est sans doute celle du rapport entre le capital et le travail.
Depuis plusieurs décennies, le Maroc a fait le choix d’encourager l’investissement privé, l’entrepreneuriat et l’accumulation du capital productif. Ce choix a permis des avancées réelles : développement des infrastructures, modernisation industrielle, montée en puissance de certains secteurs exportateurs, amélioration de l’attractivité du pays.
Mais une question demeure : la rémunération du travail progresse-t-elle au même rythme que celle du capital ?
Autrement dit, les salariés bénéficient-ils équitablement de la richesse créée ?
La question n’est pas idéologique. Elle est économique.
Dans de nombreux pays, le débat porte aujourd’hui sur la répartition de la valeur ajoutée entre les détenteurs de capitaux et les travailleurs. Les gains de productivité profitent-ils davantage aux salaires ou aux profits ? La croissance améliore-t-elle réellement le niveau de vie de ceux qui produisent cette richesse au quotidien ?
Au Maroc, ce débat est presque inexistant.
Pourtant, il touche directement des millions de ménages confrontés à l’augmentation du coût du logement, de l’éducation, de la santé ou encore de l’alimentation.
Une autre question mériterait d’être posée : le travail paie-t-il suffisamment ?
De plus en plus de diplômés, de cadres et de salariés expriment un sentiment de stagnation. Beaucoup ont l’impression que l’effort, l’expérience et les qualifications ne se traduisent plus automatiquement par une amélioration significative du niveau de vie.
La classe moyenne, longtemps présentée comme le moteur de la stabilité sociale et de la consommation intérieure, se retrouve aujourd’hui sous pression.
Cette réalité soulève une interrogation essentielle : comment redonner au travail sa capacité à constituer un véritable ascenseur social ?
Là encore, le débat reste discret.
La fiscalité constitue un autre grand absent de la campagne.
Au Maroc, les prélèvements sur les revenus du travail sont visibles, immédiats et relativement simples à identifier. Les salariés connaissent leur impôt sur le revenu et leurs cotisations sociales.
En revanche, la fiscalité du capital reste souvent plus complexe et moins débattue publiquement.
Faut-il maintenir les équilibres actuels ?
Faut-il alléger davantage la fiscalité du travail pour soutenir le pouvoir d’achat ?
Faut-il au contraire renforcer certaines formes d’imposition sur les revenus du patrimoine ou sur les rentes ?
Ces questions divisent les économistes du monde entier. Elles devraient donc logiquement faire partie des principaux sujets de confrontation démocratique.
Pourtant, elles demeurent largement absentes des discours.
Même constat concernant la productivité.
Pourquoi le Maroc peine-t-il encore à générer suffisamment d’emplois qualifiés malgré les investissements réalisés ?
Comment améliorer la compétitivité des entreprises sans fragiliser davantage les salariés ?
Comment faire évoluer le système éducatif afin qu’il réponde réellement aux besoins de l’économie de demain ?
Quel modèle de croissance voulons-nous construire pour les vingt prochaines années ?
Sur ces sujets stratégiques, les propositions restent souvent générales.
Le débat sur les inégalités est également étonnamment discret.
Le Maroc est confronté à des écarts territoriaux importants, à des différences de revenus significatives et à des disparités persistantes dans l’accès aux services publics.
La question n’est pas seulement sociale.
Elle est économique.
Une économie où une partie importante de la population peine à accéder à une éducation de qualité, à des soins performants ou à des opportunités professionnelles est une économie qui limite son propre potentiel de croissance.
Enfin, un autre sujet mérite d’être placé au cœur de la campagne : la résilience économique.
Les dernières années ont été marquées par une succession de chocs extérieurs : pandémie, sécheresses, inflation mondiale, tensions géopolitiques, perturbations logistiques et énergétiques.
Le prochain gouvernement devra probablement affronter d’autres crises dont personne ne connaît encore la nature.
La vraie question n’est donc pas seulement de savoir combien d’emplois seront créés ou combien de points de croissance seront obtenus.
Elle consiste à déterminer comment construire une économie capable de protéger les ménages lorsque les crises surviennent.
Comment préserver le pouvoir d’achat ?
Comment éviter l’effondrement de certains secteurs ?
Comment garantir la continuité des services essentiels ?
Comment renforcer la souveraineté économique du pays ?
Ces interrogations devraient être au centre de la campagne.
Car au-delà des slogans, des alliances et des calculs électoraux, les élections de septembre 2026 détermineront le modèle économique du Maroc pour les années à venir.
Le paradoxe est là : jamais les enjeux économiques n’ont été aussi importants, et pourtant jamais les grands débats économiques n’ont semblé aussi absents de l’espace public.
La démocratie ne consiste pas seulement à choisir des responsables politiques.
Elle consiste aussi à choisir entre différentes visions de la société, différentes conceptions de la richesse et différentes manières de répartir les fruits de la croissance.
C’est précisément ce débat-là qui manque aujourd’hui.