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Enfants et réseaux sociaux : faut-il une loi marocaine de protection ?


Le Parti de l’Istiqlal propose d’adopter une loi pour protéger les jeunes contre les risques illicites liés aux réseaux sociaux. Dans un Maroc hyperconnecté, où les enfants accèdent de plus en plus tôt aux plateformes numériques, cette mesure pose une question sensible : jusqu’où l’État peut-il protéger sans censurer ?



Une génération exposée très tôt

Enfants et réseaux sociaux : faut-il une loi marocaine de protection ?
Les réseaux sociaux font désormais partie du quotidien des enfants et des adolescents marocains. Vidéos courtes, influenceurs, jeux en ligne, messageries, contenus viraux : l’entrée dans le monde numérique se fait souvent bien avant l’âge de la maturité. Face à cette réalité, le Parti de l’Istiqlal propose, dans son programme 2026-2031, l’adoption d’une loi destinée à protéger les jeunes contre les risques illicites liés aux réseaux sociaux.

La mesure arrive dans un contexte où les familles marocaines se sentent souvent dépassées. Beaucoup de parents savent que leurs enfants passent plusieurs heures par jour devant les écrans, mais ignorent ce qu’ils regardent vraiment, avec qui ils échangent ou quels algorithmes influencent leurs comportements. Cyberharcèlement, exposition à des contenus violents, addiction aux écrans, arnaques, défis dangereux, sexualisation précoce ou manipulation : les risques sont connus, mais les réponses restent dispersées.

L’intérêt de la proposition istiqlalienne est d’abord de reconnaître que la protection numérique des mineurs ne peut plus reposer uniquement sur la vigilance familiale. Elle devient une responsabilité publique, qui concerne l’école, les plateformes, les autorités de régulation, les médias et les familles. En ce sens, le parti tente d’introduire dans le débat marocain une question que plusieurs pays affrontent déjà : faut-il fixer des règles plus strictes pour l’accès des mineurs aux réseaux sociaux ?

La difficulté sera évidemment de trouver le bon équilibre. Une loi trop rigide pourrait être perçue comme une limitation de la liberté numérique. Une loi trop vague resterait sans effet réel. Le défi consiste donc à construire une protection intelligente : vérification d’âge, responsabilité des plateformes, éducation numérique à l’école, accompagnement parental, sanctions contre les contenus dangereux et mécanismes de signalement accessibles.

Cette proposition s’inscrit aussi dans l’axe du programme consacré aux valeurs marocaines. Pour l’Istiqlal, il ne s’agit pas seulement de protéger les enfants contre des risques techniques, mais aussi de préserver leur équilibre, leur identité, leur langue, leur rapport à la famille et à la société. Le parti relie ainsi le numérique à une question culturelle plus profonde : qui éduque nos enfants à l’ère des algorithmes ?


Jeudi 3 Septembre 2026