L'ODJ Média

Essaouira : le Gnaoua et les chants judéo-marocains clôturent les Andalousies Atlantiques 2026


La 21e édition du Festival des Andalousies Atlantiques s’est achevée le samedi 31 octobre à Essaouira sur une rencontre musicale exceptionnelle. Entre rythmes gnaoua, chants spirituels judéo-marocains et flamenco, la Cité des Alizés a une nouvelle fois célébré la richesse de son patrimoine culturel et les valeurs de coexistence qui font son identité.



Essaouira : le Gnaoua et les chants judéo-marocains clôturent les Andalousies Atlantiques 2026
Essaouira a vibré au rythme d’un dialogue musical entre les cultures à l’occasion de la clôture du Festival des Andalousies Atlantiques. Pour cette dernière soirée, la chanteuse gnaoua Hind Ennaira et le HaPiyut Ensemble ont partagé la scène, offrant au public une création artistique mêlant deux traditions profondément ancrées dans l’histoire du Maroc.

Ce spectacle marque l’aboutissement d’un projet imaginé dès 2022 à Dar Souiri. Après plusieurs années de préparation, les artistes ont réussi à réunir les sonorités du Gnaoua et les chants du piyut, une forme de poésie liturgique issue du patrimoine juif marocain.

Composé de 18 artistes appartenant à différentes générations, le HaPiyut Ensemble s’attache à préserver et à transmettre cet héritage musical. Pour cette collaboration, les musiciens ont travaillé sur des mélodies gnaoua associées à des textes du recueil « Yaguel Yaakov », composé au Maroc par la famille Abihssira.

Durant près de 90 minutes, Hind Ennaira et les membres de l’ensemble ont fait dialoguer leurs univers artistiques. Cette rencontre a permis de mettre en lumière les liens historiques entre des traditions musicales différentes, mais réunies par une mémoire culturelle commune.

Originaire d’Essaouira, Hind Ennaira a exprimé sa satisfaction de participer à cette clôture dans sa ville natale. Habituée aux collaborations internationales, notamment avec l’orchestre andalou d’Amsterdam, l’artiste poursuit son exploration des possibilités de fusion entre le Gnaoua et d’autres expressions musicales.

Pour Avraham Cohen et Yair Harel, membres du HaPiyut Ensemble, cette création constitue également un message de rapprochement entre les cultures. Les deux artistes souhaitent désormais faire découvrir ce projet sur d’autres scènes internationales.

La soirée a aussi été marquée par la participation de la danseuse et chorégraphe espagnole Olga Pericet, figure du flamenco contemporain. Présente pour la première fois au festival, elle a dévoilé son spectacle « Perspectiva de un baile sonoro », avant de rejoindre sur scène le musicien marocain Hamid Ajbar pour une rencontre entre flamenco et musique arabo-andalouse.

La dernière journée avait également proposé plusieurs prestations à Dar Souiri, notamment avec Nouhaila El Kalai, Anass Belhachemi, Hicham Dinar et Mohamed Aaboud, mettant en valeur le chaâbi fassi, la taqtoqa jabalia et différentes traditions musicales marocaines.

Organisée par l’Association Essaouira-Mogador sous le thème « Alif x Alef : deux lettres, une même histoire », cette 21e édition a confirmé le rôle d’Essaouira comme carrefour culturel.

À travers cette programmation, les Andalousies Atlantiques rappellent que la musique constitue un langage universel, capable de transmettre la mémoire, de rapprocher les générations et de faire vivre la diversité du patrimoine marocain.
Lundi 2 Novembre 2026