Une suspension motivée par des risques phytosanitaires
Selon le Ministère Brésilien de l’Agriculture et de l’Élevage, la présence possible de mélanges d’amandes de cacao provenant de pays voisins dans les cargaisons ivoiriennes justifie cette décision. La suspension restera en vigueur « jusqu’à une manifestation formelle de la Côte d’Ivoire et la présentation de garanties attestant l’origine des fèves ». Le Secrétariat au commerce et le Secrétariat à la défense agroalimentaire sont chargés de vérifier d’éventuels cas de triangulation pouvant présenter des risques sanitaires.
Des conséquences pour le commerce bilatéral
Le Brésil figure parmi les principaux débouchés du cacao ivoirien aux côtés de l’Europe. En 2024, les ventes vers le pays sud-américain avaient atteint un niveau record de 177 millions de dollars, plaçant le Brésil au 10ᵉ rang des marchés d’exportation ivoiriens. La suspension pourrait ralentir le début d’une coopération amorcée en février 2025, lorsque des discussions sur la recherche agronomique et la production durable avaient eu lieu entre la Côte d’Ivoire et l’Agence de Promotion des Exportations et Investissements du Brésil (ApexBrasil).
Une filière ivoirienne sous pression
Cette interdiction s’inscrit dans un contexte difficile pour la filière ivoirienne, confrontée à la chute des prix mondiaux du cacao et aux pressions des traders pour réduire le tarif garanti aux planteurs, actuellement fixé à 2 800 Fcfa/kg (5 $/kg). La combinaison de ces facteurs pourrait affecter la production et les revenus des exploitants locaux, déjà fragilisés par la volatilité des marchés internationaux.