L'ODJ Média

EyesMatch attaque Apple devant l’UPC pour la correction du regard dans FaceTime


Rédigé par le Jeudi 29 Janvier 2026

EyesMatch poursuit Apple à l’UPC pour la fonction Eye Contact de FaceTime, accusée d’enfreindre le brevet EP2,936,439 sur la correction du regard.



EyesMatch attaque Apple devant l’UPC pour la correction du regard dans FaceTime
Apple fait face à une nouvelle action en justice pour violation de brevet, cette fois au sujet d’une fonctionnalité discrète mais déterminante pour l’expérience utilisateur: la correction de l’axe du regard lors des appels FaceTime.

La plainte a été déposée par EyesMatch devant la Cour unifiée des brevets (UPC) le 5 décembre dernier. La société accuse Apple d’enfreindre le brevet EP2,936,439 portant sur une technologie de correction du regard en visioconférence. Ce n’est pas une première pour Apple, déjà engagée dans un contentieux avec Masimo autour de l’Apple Watch. Les litiges de propriété intellectuelle restent monnaie courante chez les géants de la tech, rappelle PhoneArena.

Le brevet visé, EP2,936,439, est également invoqué par EyesMatch dans d’autres procédures, notamment contre Nvidia. Il décrit une “méthode de capture d’images et d’affichage de l’apparence” applicable aux miroirs numériques, aux effets de maquillage et à la modification de l’apparence des yeux.

Le principe consiste à ajuster numériquement la position des yeux pour donner l’illusion d’un regard direct vers la caméra, plutôt que légèrement abaissé, renforçant ainsi la sensation de contact visuel pendant les appels vidéo.

EyesMatch soutient que la fonctionnalité Eye Contact, introduite par Apple dans FaceTime avec iOS 14, repose sur ce principe, en s’appuyant sur des technologies de réalité augmentée pour corriger la direction du regard et afficher une image modifiée plutôt que le flux brut de la caméra.

Des observateurs n’excluent pas que le litige s’étende à l’Apple Vision Pro, qui exploite le suivi oculaire, même si l’attention actuelle se concentre sur FaceTime, considéré comme l’implémentation la plus proche du brevet contesté.

EyesMatch est identifiée comme un “non-practicing entity” (NPE), détenteur d’un large portefeuille de brevets couvrant miroirs numériques, réalité augmentée et traitement d’images. Ses brevets sont attribués aux fondateurs Nissy Filkovsky et Ofir Saban, également liés à MemoMi Lab. Plusieurs inventions remontent à la fin des années 2000; le brevet en cause a été déposé en décembre 2013, délivré en février 2020, et expire en décembre 2033.

L’entreprise a déjà attaqué Samsung et Microsoft devant l’UPC l’an passé; ces dossiers se sont conclus par des accords de licence mondiaux. Une plainte similaire vise également Google et reste pendante.

Beaucoup d’analystes anticipent une issue négociée avec Apple, au vu des précédents, même si la firme pourrait poursuivre sa défense sur le fond. La procédure couvre pour l’instant dix pays européens, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Italie.

Si la fonctionnalité en question peut paraître anodine, l’affaire rappelle le rôle central des brevets dans la tech, où même des détails imperceptibles pour l’utilisateur peuvent cristalliser des litiges à plusieurs millions de dollars.




Jeudi 29 Janvier 2026