Le conflit entre la FIFA et l’UEFA connaît un nouvel épisode. Dans un courrier adressé à un tribunal de Floride, la FIFA conteste la demande de l’instance européenne, qu’elle juge « manifestement excessive », et l’accuse de chercher à faire pression sur Gianni Infantino à l’approche de l’élection présidentielle prévue le 18 mars 2027.
ce stade, le président de la FIFA est le seul candidat déclaré à sa succession. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 18 novembre.
Un projet abandonné au cœur du différend
À l’origine de cette confrontation se trouve le projet FIFA Forward Enterprise (FFE), porté par Gianni Infantino et finalement abandonné après les critiques. Il prévoyait de placer les recettes de la Coupe du monde dans une société ouverte à des investisseurs privés.
Fin août, l’UEFA, dirigée par Aleksander Ceferin, a saisi la justice floridienne afin d’obtenir des documents détenus par les filiales américaines de la FIFA. La confédération européenne indique vouloir réunir des éléments en vue d’une éventuelle procédure devant la justice suisse pour « gestion déloyale » contre Infantino et, potentiellement, d’autres responsables ou conseillers de l’instance.
Dans sa requête, l’UEFA expliquait vouloir préparer une procédure étrangère. La FIFA estime, de son côté, que cette démarche vise à « harceler » l’instance plutôt qu’à répondre à un besoin légitime d’instruction.
La FIFA rejette les accusations de mauvaise gestion
Dans sa réponse, la FIFA affirme que le dossier de l’UEFA contient des éléments « faux ou trompeurs » et conteste toute tentative de profit personnel de la part de Gianni Infantino.
L’instance soutient également qu’il aurait été contraire à ses devoirs de ne pas étudier un projet de ce type, compte tenu de l’existence de mécanismes similaires dans le secteur du sport et du divertissement.
Elle précise enfin que le projet FFE aurait été soumis à l’approbation des 211 fédérations membres et du Conseil de la FIFA. L’UEFA, sollicitée par l’AFP, n’a pas souhaité commenter cette nouvelle réponse.
Une contestation plus large de la gouvernance
Ce bras de fer s’inscrit dans une crise plus large entre la FIFA et plusieurs confédérations, notamment l’UEFA, la Concacaf et l’AFC. Ces dernières réclament une réforme de la gouvernance de l’instance, tandis que plusieurs voix ont appelé au départ d’Infantino.
Récemment, Aleksander Ceferin et Victor Montagliani, président de la Concacaf, ont demandé à la FIFA de verser au moins 10 millions de dollars à chacune des 211 fédérations membres, en puisant dans des réserves estimées par les deux dirigeants à environ six milliards de dollars.
Gianni Infantino s’est dit ouvert à des discussions sur une meilleure redistribution des ressources, sans toutefois s’engager sur un montant.
Une consultation annoncée avant le prochain Conseil
Le président de la FIFA a également proposé une consultation des fédérations membres sur une éventuelle réforme du fonctionnement de l’instance. Les propositions doivent être examinées lors du prochain Conseil de la FIFA, prévu le 15 octobre.
En attendant, le différend avec l’UEFA se poursuit sur les terrains judiciaire et institutionnel, à quelques mois d’une élection qui pourrait marquer une nouvelle étape dans la gouvernance du football mondial.