La séquence mérite d’être regardée attentivement, car elle dépasse largement une simple réunion de dirigeants du football.
Gianni Infantino traverse une période difficile après l’abandon du projet baptisé FIFA Forward Enterprise, qui envisageait l’ouverture à des investisseurs d’une partie des revenus futurs liés aux grandes compétitions. Le projet, qui devait permettre de lever plusieurs milliards de dollars, a suscité une forte opposition dans plusieurs fédérations et au sein du football européen. La FIFA a finalement reculé.
Reuters confirme que plusieurs responsables africains ont, dans cette période de turbulences, affiché leur soutien au président de la FIFA. Parmi eux figure Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football et vice-président de la Confédération africaine de football.
La nuance est importante : Lekjaa a soutenu la décision d’abandonner le projet controversé tout en maintenant son soutien politique à Infantino. Ce n’est pas exactement la même chose que défendre le projet lui-même.
Le dossier soulève une question plus large de gouvernance. Plusieurs fédérations européennes ont critiqué la méthode employée et réclamé davantage de transparence. Reuters rapporte notamment que l’UEFA a accueilli favorablement le retrait tout en estimant que la confiance autour de la gouvernance de la FIFA avait été affectée.
Dans ce contexte, Rabat devient un lieu assez symbolique. Le Maroc occupe désormais une position centrale dans l’écosystème du football mondial : organisateur du Mondial 2030, acteur influent de la CAF et partenaire régulier de la FIFA.
Cette proximité donne du poids. Elle impose également de la prudence.
Car derrière les investissements, les stades et les compétitions se joue désormais une autre rencontre : celle de la gouvernance du football mondial. Et sur ce terrain-là, les prolongations viennent probablement de commencer.