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Famille : et si le congé parental devenait vraiment partagé ?


Le programme 2026-2031 du Parti de l’Istiqlal propose l’instauration d’un congé flexible et rémunéré pour la garde des enfants. Derrière cette mesure, une évolution importante se dessine : mieux concilier travail, parentalité et égalité au sein des familles marocaines.



Une réponse au quotidien des jeunes parents

Famille : et si le congé parental devenait vraiment partagé ?
Dans beaucoup de familles marocaines, l’arrivée d’un enfant bouleverse l’équilibre économique, professionnel et personnel. La mère assume souvent la plus grande partie de la charge, parfois au prix d’un ralentissement de carrière, d’un retrait temporaire du marché du travail ou d’une fatigue invisible. C’est précisément sur ce terrain que le Parti de l’Istiqlal avance une proposition intéressante : instaurer un congé flexible et rémunéré pour la garde des enfants.

La formulation du programme reste générale, mais l’idée ouvre une porte importante. Un congé parental flexible permettrait aux parents d’organiser autrement les premiers mois ou les premières années de vie de l’enfant. Il pourrait être partagé, modulé, adapté aux réalités professionnelles et familiales. Pour les jeunes couples marocains, notamment dans les villes où les crèches coûtent cher et où l’entraide familiale n’est plus toujours disponible, ce type de dispositif peut devenir un vrai soutien.

La question centrale est celle de la place du père. Au Maroc, les politiques familiales ont longtemps été pensées autour de la mère. Or, l’évolution de la société montre que beaucoup de jeunes hommes souhaitent être plus présents auprès de leurs enfants, sans toujours disposer d’un cadre légal ou professionnel qui le permette. En proposant un congé rémunéré pour la garde des enfants, l’Istiqlal met discrètement sur la table une réforme culturelle : la parentalité ne devrait plus être uniquement une affaire féminine.

Cette mesure pourrait aussi contribuer à maintenir davantage de femmes dans l’emploi. Lorsque la charge de l’enfant repose presque exclusivement sur la mère, le coût professionnel est lourd. En partageant mieux le temps parental, on peut réduire les inégalités de carrière, soutenir l’activité féminine et renforcer la stabilité familiale. Sur ce point, la proposition rejoint les objectifs économiques du pays, qui a besoin d’une meilleure participation des femmes au marché du travail.

Reste la question du financement et de l’application. Qui paiera ce congé ? L’employeur, l’État, la sécurité sociale ou un mécanisme mixte ? Quels salariés seront concernés ? Le secteur informel pourra-t-il en bénéficier ? Ces questions devront être précisées pour éviter qu’une bonne idée ne reste un simple slogan.

Mais politiquement, le signal est clair. L’Istiqlal affirme que l’État social ne doit pas seulement intervenir dans la maladie, la pauvreté ou la retraite, mais aussi dans les moments ordinaires de la vie familiale.

Dans un Maroc où les jeunes veulent travailler, fonder une famille et rester présents auprès de leurs enfants, cette proposition parle à une nouvelle génération de parents. Elle dit une chose simple : construire l’avenir du pays commence parfois par donner du temps aux familles.


Samedi 5 Septembre 2026