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Fatima Ezzahra El Mansouri : le Maroc entre dans le cercle des pays dirigés par une femme


Rédigé par le Jeudi 1 Octobre 2026

Le 29 septembre 2026 restera comme une date particulière dans l’histoire politique du Maroc. Ce jour-là, Fatima Ezzahra El Mansouri a été nommée cheffe du gouvernement par le roi Mohammed VI, devenant ainsi la première femme à occuper cette fonction dans le Royaume.



Fatima Ezzahra El Mansouri : le Maroc entre dans le cercle des pays dirigés par une femme

La nomination est intervenue quelques jours après les élections législatives du 23 septembre, remportées par le Parti Authenticité et Modernité (PAM), arrivé en tête avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants.

En sa qualité de coordinatrice de la direction collégiale du parti, Fatima Ezzahra El Mansouri a été reçue au Palais Royal de Rabat avant d’être chargée, conformément à l’article 47 de la Constitution, de former le nouveau gouvernement.

 


Une première pour le Maroc

Au-delà de la formation du prochain exécutif, cette nomination marque surtout une première institutionnelle. Jamais auparavant une femme n’avait dirigé le gouvernement marocain.

Fatima Ezzahra El Mansouri rejoint ainsi un groupe encore restreint de femmes occupant les plus hautes fonctions exécutives dans leur pays. Mais cette évolution marocaine intervient dans un paysage politique mondial où la présence des femmes au sommet du pouvoir demeure minoritaire.

Selon les données publiées conjointement par l’Union interparlementaire (UIP) et ONU Femmes en mars 2026, seules 28 femmes étaient alors cheffes d’État ou de gouvernement dans le monde. À la même date, 101 pays n’avaient encore jamais été dirigés par une femme.


Un paysage mondial encore peu féminin

La question de la représentation des femmes ne se limite d’ailleurs pas à l’accès à la fonction de cheffe de gouvernement ou de cheffe d’État. Les chiffres disponibles montrent également leur présence encore minoritaire dans les autres espaces de décision politique.

Au 1er janvier 2026, les femmes occupaient 27,5 % des sièges parlementaires dans le monde et 22,4 % des postes ministériels, selon l’UIP et ONU Femmes. Ces données donnent un aperçu de l’écart qui subsiste entre la participation des femmes à la vie politique et leur présence effective dans les lieux où se prennent les décisions.

L’arrivée d’une femme à la tête du gouvernement marocain s’inscrit donc dans une évolution internationale plus large, tout en constituant un changement inédit à l’échelle nationale.


Des situations institutionnelles différentes

Les pays où une femme exerce les fonctions de cheffe d’État ou de gouvernement ne présentent toutefois pas tous la même configuration institutionnelle. Dans certains systèmes, la fonction concernée est celle de présidente de la République ; dans d’autres, il s’agit de la Première ministre ou de la cheffe du gouvernement. Certains pays comptent également une femme à la tête de l’État et une autre à la tête du gouvernement.

Cette diversité rappelle qu’une comparaison internationale doit tenir compte des systèmes politiques et des pouvoirs associés à chaque fonction.

Pour le Maroc, la particularité est claire : Fatima Ezzahra El Mansouri devient la première femme nommée à la tête du gouvernement. Son entrée dans cette fonction ajoute désormais le Royaume à la carte mondiale des pays ayant confié à une femme la direction de leur exécutif.


Une première qui dépasse le symbole

Cette nomination constitue donc une première historique pour les institutions marocaines, mais elle intervient aussi dans un contexte mondial où l’accès des femmes aux plus hauts niveaux du pouvoir politique reste limité.

La question ne se résume toutefois pas au nombre de femmes occupant les fonctions les plus visibles. Elle renvoie également à leur présence dans les parlements, les gouvernements, les partis politiques et les différents espaces où se construisent les décisions publiques.

Avec la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri, une nouvelle page s’ouvre ainsi dans l’histoire politique du Maroc. Reste désormais à observer la composition du prochain gouvernement et la place qui y sera accordée aux femmes, alors que cette première nomination vient modifier, pour la première fois, le visage du pouvoir exécutif marocain.





Salma Labtar
Journaliste sportive et militante féministe, lauréate de l'ISIC. Dompteuse de mots, je jongle avec... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 1 Octobre 2026