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Fête du Trône : pourquoi certains événements, semble-t-il, viennent systématiquement parasiter ce temps fort de la nation ?


Par Aziz Daouda.

Chaque année, la Fête du Trône constitue bien davantage qu'une simple célébration institutionnelle. Elle est le moment où le Royaume dresse le bilan d'une année d'action, fixe les orientations de l'avenir et réaffirme le lien historique unissant le Trône et le peuple.

C'est aussi un rendez-vous observé avec attention par les partenaires comme par les adversaires du Maroc.



Un phénomène intrigue de nombreux observateurs.

À l'approche ou durant cette période, surgissent fréquemment des événements inattendus qui captent soudainement l'attention médiatique à l'international, parfois au détriment du contenu même de la fête et du discours royal.

Cette récurrence conduit certains à s'interroger : s'agit-il de simples coïncidences ou d'une stratégie de perturbation informationnelle ?

Il convient d'abord de distinguer les faits des interprétations. Les faits sont observables : à plusieurs reprises, des crises diplomatiques, des campagnes médiatiques hostiles, des polémiques internationales ou des incidents aux frontières ont coïncidé avec cette période particulièrement symbolique.

En revanche, attribuer ces événements à une coordination délibérée exige des preuves qu'il serait imprudent d'affirmer sans éléments tangibles.

Pour autant, l'hypothèse d'opérations d'influence ne peut être écartée d'un revers de main. Dans le monde contemporain, la guerre de l'information est devenue une composante essentielle des rapports de force entre États.

Il ne s'agit plus seulement d'affrontements militaires ou économiques, mais également de la capacité à imposer un récit, détourner l'attention ou brouiller un message politique.

L'épisode récent de Ceuta illustre parfaitement ce questionnement. Une foule importante de jeunes désœuvrés ou pas d'ailleurs, s'est retrouvée en un temps record à proximité de la frontière avant que plusieurs tentent la traversée à la nage.

Les images ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux et des chaînes internationales. Deux lectures sont alors possibles.

La première privilégie l'explication sociale : chômage, précarité, désespoir et effet d'entraînement via les réseaux sociaux suffisent à expliquer ce type de mouvement spontané.

La seconde considère que, sans nécessairement nier ces facteurs sociaux, des acteurs peuvent exploiter ces frustrations, diffuser des rumeurs, encourager des regroupements ou amplifier médiatiquement les événements afin de créer un impact maximal. 

Dans ce cas, la vulnérabilité sociale quand elle existe, devient un levier au service d'une bataille informationnelle.

Les sciences politiques parlent aujourd'hui d'« opérations cognitives ». Leur objectif n'est pas forcément de créer un événement de toutes pièces, mais de tirer profit d'un contexte existant pour produire un effet psychologique et médiatique disproportionné.

Pourquoi choisir alors la période de la Fête du Trône ? Parce qu'elle représente l'un des moments où le Maroc bénéficie de la plus forte visibilité internationale.

Le discours de Sa Majesté le Roi est analysé par les chancelleries, les investisseurs, les médias et les chercheurs. Toute actualité concurrente est donc susceptible de réduire la portée de ce message ou d'en modifier la perception.

L'histoire contemporaine montre que les grandes puissances comme les puissances régionales cherchent souvent à influencer les récits médiatiques lors des moments symboliques de leurs compétiteurs. Le Maroc n'échappe évidemment pas à cette réalité. Son environnement est ce qu'il est depuis 1962.

Il serait toutefois excessif de voir derrière chaque incident une vaste conspiration. Les sociétés produisent naturellement leurs propres tensions, et celles-ci peuvent éclater à tout moment.

En revanche, il serait tout aussi naïf d'ignorer que certaines crises peuvent être instrumentalisées ou amplifiées par des acteurs poursuivant des objectifs politiques, diplomatiques ou médiatiques.

Cette fois ci par exemple, il n'a échappé à personne que certains médias ont tellement vite régit que l'on peut se demander s'ils n'étaient pas au courant que des jeunes allaient à la nage rejoindre Ceuta.

J'ai même vu une sorte de reportage qui avait bien l'ai d'avoir été préparé bien avant?

La véritable question n'est donc peut-être pas de savoir si des « forces occultes » existent au sens mystérieux du terme.

Elle est de déterminer si des réseaux d'influence, des campagnes de désinformation ou des stratégies de communication cherchent régulièrement à profiter des moments forts de la vie nationale pour détourner l'attention ou affaiblir le récit marocain.

Et Dieu sait que cette fois ci le discours de Sa Majesté a été riche dans sa partie bilan et fort inspirant dans sa partie perspective. Et il y a de quoi: tous les indices nationaux: politique, social et économique, sont bien au vert.

Face à cette réalité, la meilleure réponse demeure la transparence, la vigilance des institutions, le professionnalisme des médias et l'esprit critique des citoyens. Plus une société est capable de distinguer les faits des manipulations, moins elle devient vulnérable aux tentatives d'influence. Les marocains ne sont pas dupes.

Cette concomitance des faits n'est ni innocente ni due au hazard.

​Le hasard explique parfois certaines coïncidences.

Mais lorsque celles-ci deviennent récurrentes, il est légitime de les étudier avec méthode, sans céder ni au complotisme ni à la naïveté.

C'est précisément dans cet équilibre que se construit une analyse sérieuse des nouvelles formes de confrontation qui caractérisent le XXIᵉ siècle.

Au fait, pour les amis européens qui s’agitent un peu, il faut aussi ne pas oublier que Ceuta, Sebta pour les marocains est une enclave an nord du Maroc, que l'Espagne, avec Melilia avait refusé de restituer au Maroc au moment de l'indépendance.

C'est aussi une autre anomalie de l'histoire que les deux pays, peut être avec l’aide de l’Europe, doivent solder au plus vite.


Vendredi 31 Juillet 2026