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Foncier public : 5.862 hectares récupérés et 90,4 MMDH de projets annoncés


Rédigé par le Mardi 27 Octobre 2026

Le Maroc durcit le suivi de son foncier public mobilisé pour l'investissement. En 2025, l'État a récupéré 5.862 hectares attribués à des opérateurs n'ayant pas respecté leurs engagements contractuels. Parallèlement, plus de 55.000 hectares ont été mobilisés sur une autre période de référence, pour des investissements prévisionnels de 90,4 milliards de dirhams.



90,4 milliards de dirhams d'investissements prévus

Foncier public : 5.862 hectares récupérés et 90,4 MMDH de projets annoncés
Le foncier public destiné à l'investissement fait l'objet d'un suivi plus étroit au Maroc. Selon les données du rapport accompagnant le projet de loi de finances 2027, l'État a récupéré 5.862 hectares auprès d'investisseurs qui n'avaient pas respecté leurs engagements contractuels.

Cette opération, menée en 2025 par la Direction des domaines de l'État, concerne des terrains relevant du domaine privé de l'État, précédemment mobilisés pour accueillir des projets d'investissement. L'objectif est de permettre une nouvelle valorisation de ces superficies, plutôt que de les laisser immobilisées par des projets qui ne se concrétisent pas conformément aux engagements souscrits.

La récupération du foncier intervient parallèlement à une dynamique importante de mobilisation de terrains publics. Selon les chiffres publiés, plus de 55.000 hectares ont été mobilisés au cours de l'année 2025 et du premier semestre 2026. Ces opérations sont associées à des investissements prévisionnels estimés à 90,4 milliards de dirhams.

Il convient cependant de distinguer les deux indicateurs. Les 5.862 hectares récupérés correspondent à une opération de contrôle portant sur 2025. Les 90,4 milliards de dirhams représentent, eux, des intentions d'investissement liées à des terrains mobilisés sur une période plus large. Ce montant ne doit donc pas être assimilé à des investissements déjà entièrement réalisés ou effectivement décaissés.

Au Maroc, l'accès au foncier constitue un enjeu important pour les entreprises souhaitant développer des activités industrielles, logistiques, touristiques ou agricoles. La disponibilité d'un terrain adapté peut conditionner l'implantation d'une usine, la création d'une plateforme logistique ou le lancement d'un projet générateur d'emplois.

Mais l'attribution de foncier public ne garantit pas automatiquement la réalisation des projets. Des difficultés de financement, des retards administratifs ou le non-respect des cahiers des charges peuvent ralentir leur concrétisation. C'est précisément sur ce décalage entre engagements et réalisations que se concentre le suivi de l'État.

La récupération de terrains non valorisés peut contribuer à améliorer l'allocation de ressources publiques limitées. Son efficacité dépendra néanmoins de la rapidité de réaffectation des parcelles et de la qualité des nouveaux projets retenus. Pour les jeunes Marocains, cette politique possède une dimension très concrète : l'emploi. Un terrain mobilisé sans activité réelle ne produit ni emplois durables ni retombées économiques locales.

Le défi de l'investissement au Maroc n'est donc pas seulement de mobiliser des hectares et d'annoncer des milliards de dirhams. Il consiste surtout à faire émerger des projets opérationnels, créateurs d'activité et capables de contribuer au développement des territoires.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Mardi 27 Octobre 2026