Fonction publique : 70.266 départs à la retraite prévus d'ici 2030


Rédigé par le Lundi 26 Octobre 2026

Entre 2026 et 2030, quelque 70.266 fonctionnaires civils devraient atteindre l'âge de la retraite au Maroc, selon les projections officielles. L'Éducation nationale sera particulièrement concernée, avec 28.012 départs attendus. Une évolution qui pose la question du renouvellement des compétences, des recrutements et de la continuité des services publics.



L'Éducation nationale particulièrement exposée

La fonction publique marocaine s'apprête à traverser une importante transition générationnelle. Selon le rapport sur les ressources humaines accompagnant le projet de loi de finances 2027, 70.266 fonctionnaires civils devraient partir à la retraite entre 2026 et 2030, après avoir atteint l'âge légal.

Ces projections, établies à partir des données de la Caisse marocaine des retraites, concernent plusieurs administrations essentielles au fonctionnement de l'État. Elles mettent en évidence un enjeu de renouvellement des effectifs, mais aussi de transmission des compétences et d'organisation des services publics. 

L'Éducation nationale concentre la plus grande part des départs attendus. Avec 28.012 fonctionnaires concernés, elle représente près de 39,9 % du total projeté et 14,9 % de ses propres effectifs. Cette évolution pourrait nécessiter une attention particulière aux besoins en personnels, à leur formation et à leur répartition entre les territoires.

Le ministère de l'Intérieur arrive ensuite, avec 15.945 départs prévus. Le secteur de la Santé devrait enregistrer 5.645 départs, contre 4.793 dans l'Enseignement supérieur et 2.792 dans l'Économie et les Finances. Le ministère de la Justice figure également parmi les administrations concernées, avec 2.307 départs projetés. 

Cette évolution s'inscrit dans une transformation plus large de la structure d'âge de l'administration. En 2026, les fonctionnaires civils âgés de 50 ans et plus représentent environ 33,7 % des effectifs, tandis que les moins de 35 ans n'en constituent que 23,1 %, selon les données reprises du rapport officiel.

Faut-il y voir une vague de recrutements à venir ? Pas automatiquement. Un départ à la retraite n'entraîne pas nécessairement le remplacement du poste par un nouveau fonctionnaire. Les besoins dépendent des budgets, des réorganisations administratives et des décisions de recrutement.

Pour les jeunes diplômés, la période pourrait néanmoins faire émerger des besoins dans l'enseignement, l'administration, les métiers techniques et la santé. Encore faudra-t-il que les concours et les formations correspondent aux compétences réellement recherchées. La transformation numérique ajoute une autre dimension : les administrations doivent préserver les savoir-faire accumulés tout en développant de nouvelles compétences.

Le véritable défi pour le Maroc sera donc de réussir le passage de relais : remplacer les compétences qui disparaissent, préparer celles de demain et garantir que les citoyens continuent de bénéficier de services publics de qualité.




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Lundi 26 Octobre 2026
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