Formation du gouvernement : les négociations entrent dans leur phase active

Quels équilibres politiques Fatima Ezzahra El Mansouri devra-t-elle construire pour former sa majorité ?


Rédigé par le Lundi 5 Octobre 2026

Moins d’une semaine après sa nomination comme Cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri entre dans la phase concrète de constitution de la future majorité. Le PAM a officiellement mandaté une équipe chargée des consultations. À ce stade, aucune architecture définitive de coalition ni distribution de portefeuilles n’a été annoncée. L’enjeu est désormais de transformer les résultats des législatives en majorité politiquement cohérente et opérationnelle.



Une nomination qui ouvre la séquence constitutionnelle

Le 29 septembre 2026, le Roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri Cheffe du gouvernement et l’a chargée de former le nouvel exécutif. Le communiqué officiel précise que cette nomination intervient en application de l’article 47 de la Constitution et que Mme El Mansouri exerce la fonction de coordinatrice de la direction collégiale du Parti Authenticité et Modernité, arrivé en tête des dernières élections législatives.

La nomination ne signifie toutefois pas que le gouvernement est déjà constitué. Elle ouvre une phase de consultations au cours de laquelle la Cheffe du gouvernement désignée doit rechercher une majorité parlementaire, négocier les priorités programmatiques avec les formations susceptibles de la rejoindre et préparer la future composition ministérielle.

Cette distinction est essentielle : au moment de la clôture documentaire, il existe un mandat constitutionnel pour former le gouvernement, mais ni coalition finalisée ni liste officielle de ministres.

​Le PAM se dote d’une équipe de négociation

Réuni le 3 octobre à Skhirat, le Conseil national du Parti Authenticité et Modernité a confié le suivi des négociations à une commission comprenant Fatima Ezzahra El Mansouri, Fouzi Lekjaa, Ahmed Akhchichine et Abdellatif Ouahbi. Le parti présente cette structure comme chargée de poursuivre les discussions avec les différentes formations politiques afin de rechercher les compromis nécessaires à la construction de la majorité.

Cette décision institutionnalise le processus de négociation. Elle ne préjuge toutefois ni du nombre de partis qui intégreront la coalition, ni du poids qu’ils y obtiendront.

Lors de la même réunion, Fatima Ezzahra El Mansouri a mis en avant l’objectif de constituer un gouvernement capable de traduire les attentes exprimées par les électeurs en politiques publiques et en résultats concrets. Il s’agit à ce stade d’une orientation politique affichée par le PAM, et non d’un programme gouvernemental déjà arrêté.

​Le véritable enjeu sera programmatique

La construction d’une coalition ne se résume pas à une addition de sièges. Le futur gouvernement devra également produire un programme suffisamment cohérent pour articuler les promesses électorales de ses différentes composantes.

Les sujets qui devraient peser dans les discussions sont nombreux : pouvoir d’achat, emploi, protection sociale, investissement, santé, éducation, réformes administratives et numérique. Leur présence dans les négociations est politiquement probable, mais le contenu précis des arbitrages ne peut pas être affirmé tant qu’un programme gouvernemental officiel n’a pas été rendu public.

 





Lundi 5 Octobre 2026
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