Sur le papier, l’objectif est compréhensible : réduire les inégalités territoriales d’accès aux soins. Le Maroc ne manque pas seulement de médecins. Il souffre surtout d’une répartition déséquilibrée des compétences, entre grandes villes mieux dotées et zones où l’accès à un spécialiste reste difficile.
Mais une mesure de service obligatoire ne réussit que si elle est perçue comme juste. Les jeunes médecins accepteront-ils cette contrainte si les conditions d’exercice, de logement, d’équipement et d’évolution professionnelle ne suivent pas ? L’État peut demander un effort national. Il doit aussi garantir un environnement digne, stable et motivant.
Ce décret ouvre donc un chantier plus large que la seule formation médicale. Il interroge la capacité du système de santé à organiser la solidarité territoriale sans créer un sentiment de sanction chez les futurs praticiens.
Le service territorial peut devenir un levier puissant. À condition qu’il ne soit pas vécu comme une assignation, mais comme un vrai pacte entre l’État, les soignants et les citoyens.