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France : reprise des expulsions d’Algériens sous OQTF


Rédigé par le Jeudi 7 Mai 2026

La France a confirmé la reprise des expulsions de ressortissants algériens en situation irrégulière. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé jeudi que 140 reconduites à la frontière ont été effectuées depuis le début de l’année, marquant la reprise d’un dispositif suspendu pendant plusieurs mois.



Une reprise progressive des expulsions

France : reprise des expulsions d’Algériens sous OQTF

Selon les déclarations du ministre, les expulsions d’Algériens en situation irrégulière ont repris après une période d’interruption liée à des tensions diplomatiques entre Paris et Alger. Cette reprise s’accompagne également de la délivrance de 120 laissez-passer consulaires, nécessaires pour organiser les reconduites.
 

Laurent Nuñez a affirmé que les opérations avaient « redémarré » depuis une récente visite en Algérie, soulignant une amélioration progressive de la coopération administrative entre les deux pays. Il reconnaît toutefois que les résultats restent insuffisants et appelle à accélérer le rythme des expulsions.
 

Une coopération encore fragile sur les reconduites
 

Le ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer les expulsions groupées, permettant de rapatrier plusieurs personnes dans un même vol. Ce point est présenté comme un enjeu opérationnel majeur pour améliorer l’efficacité du dispositif.
 

Dans les centres de rétention administrative en France, les ressortissants algériens représentent une part importante des personnes retenues, avec environ 700 individus sur 2.000 places, soit près de 30 à 40 % des effectifs. Cette situation reflète les difficultés persistantes dans l’exécution des obligations de quitter le territoire français, notamment en raison des contraintes administratives et diplomatiques.
 

Un contexte diplomatique marqué par des tensions récentes
 

Les relations entre Paris et Alger se sont tendues à partir de l’été 2024, notamment après la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Ce dossier a accentué les divergences entre les deux pays et contribué à ralentir la coopération migratoire.Dans ce contexte, la reprise des expulsions apparaît comme un signal de normalisation progressive, même si les équilibres restent fragiles.
 

Une ligne d’apaisement affichée par Paris
 

Depuis sa prise de fonction, Laurent Nuñez adopte une approche différente de celle de son prédécesseur, privilégiant le dialogue avec Alger plutôt que la confrontation. Il affirme vouloir maintenir une coopération régulière afin d’éviter de nouvelles ruptures dans la gestion des flux migratoires.
 

Cette orientation vise à stabiliser un dossier sensible, au croisement des enjeux migratoires, diplomatiques et sécuritaires, dans un climat encore marqué par la méfiance entre les deux capitales.





Mamadou Bilaly Coulibaly
Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 7 Mai 2026