La Fédération royale marocaine de volley-ball (FRMVB) a réagi pour la première fois à la disparition de deux joueurs de l'équipe nationale des moins de 18 ans lors du Championnat du monde organisé à La Haye, aux Pays-Bas.
Les deux volleyeurs, Othmane Bayadi et Mohamed El Bayari, âgés de 16 ans, ont quitté le lieu d'hébergement de la délégation marocaine au cours de la compétition, sans en informer les responsables de l'équipe.
Dans une déclaration accordée à Hesport, Abdel Hamid Ouaqouaq, président délégué de la FRMVB, a affirmé que plusieurs éléments laissent penser que cette disparition aurait été préparée à l'avance.
« Nous travaillons avec ces joueurs depuis des années afin de développer leur talent et d'élever leur niveau, malgré les difficultés que connaît cette discipline en matière de moyens et de soutien », a-t-il déclaré.
Le dirigeant n'écarte pas l'hypothèse d'une implication de l'entourage des joueurs. « Je n'exclus pas qu'au moins la famille de l'un des joueurs ait été informée à l'avance de ce qui allait se passer, voire qu'elle ait participé à son organisation », a-t-il ajouté.
Selon ses explications, les deux adolescents ont quitté discrètement l'hôtel où séjournait la sélection, laissant sur place leurs passeports ainsi que leurs effets personnels. Leur absence a été constatée au moment où l'équipe se préparait à une séance d'entraînement.
« Nous les attendions pour l'entraînement lorsque nous avons constaté leur disparition. Nous avons immédiatement alerté la police néerlandaise, l'ambassade du Maroc et pris contact avec leurs familles afin de les informer de la situation », a expliqué Abdel Hamid Ouaqouaq.
Le responsable fédéral a regretté que les efforts consentis pour former des jeunes joueurs capables d'évoluer au plus haut niveau soient compromis par « un comportement irresponsable consistant à quitter le stage afin de s'installer illégalement dans un pays européen ».
Il a également précisé que la Fédération avait pris les mesures habituelles d'encadrement dès l'arrivée de la délégation aux Pays-Bas. Les passeports des joueurs avaient été conservés par les responsables de l'équipe. Toutefois, le règlement de la Fédération internationale impose que, pendant les compétitions, les joueurs soient hébergés dans un espace distinct de celui réservé aux membres du staff technique et administratif, tout en restant à proximité.
Abdel Hamid Ouaqouaq a par ailleurs expliqué le délai pris par la Fédération avant de communiquer publiquement sur cette affaire. Selon lui, les dirigeants espéraient d'abord parvenir à une solution permettant le retour des deux joueurs au sein de la délégation.
« Au début, leurs familles se sont montrées coopératives et nous pensions pouvoir régler cette affaire à l'amiable. La famille de l'un des joueurs nous a même demandé de prendre en charge les frais de son retour, ce que nous avons accepté avant qu'elle ne change finalement de position », a-t-il indiqué.
Le président délégué a également affirmé que l'un des deux joueurs, originaire de Fnideq, disposerait de proches installés en Europe, laissant penser qu'il aurait choisi d'y rester.
En conclusion, la Fédération royale marocaine de volley-ball estime que cette affaire dépasse le cadre du sport. Elle considère qu'il s'agit d'un phénomène à dimension sociale, déjà observé dans plusieurs disciplines et dans différents pays africains lors de compétitions internationales, et qui nécessite une réponse globale impliquant l'ensemble des acteurs concernés.