G24 : les pays en développement réclament plus de poids au FMI


Rédigé par le Vendredi 16 Octobre 2026

Réunis le 13 octobre en Thaïlande, les ministres du G24, dont le Maroc est membre, ont demandé une meilleure représentation des pays en développement au FMI et des financements plus accessibles. Dette, protection des dépenses sociales et financement climatique figurent au cœur de leur communiqué. Derrière ces négociations internationales se joue la capacité des États à financer leurs priorités sans fragiliser leurs économies.



Une voix plus forte des pays en développement dans les institutions financières

Les pays en développement veulent peser davantage dans les décisions financières internationales. Lors de leur réunion du 13 octobre 2026 en Thaïlande, les ministres du G24 ont appelé à rééquilibrer leur représentation au Fonds monétaire international et à améliorer leurs conditions d’accès au financement.

Le Maroc appartient à ce groupe de coordination, qui défend les positions de ses membres sur les questions monétaires et de développement, notamment auprès du FMI et de la Banque mondiale. La réunion ministérielle était présidée par Taiwo Oyedele, ministre nigérian des Finances et ministre coordinateur de l’Économie.

Dans leur communiqué, les membres décrivent une économie mondiale résiliente, mais de plus en plus fragmentée. Les tensions géopolitiques, le renchérissement des matières premières et les perturbations commerciales pèsent sur la croissance. À ces difficultés s’ajoute une pression financière : des taux d’intérêt élevés peuvent accroître le coût des emprunts et accentuer les risques de surendettement.

L’une des principales revendications concerne les quotes-parts du FMI. Celles-ci déterminent notamment la contribution financière des pays et influencent leur poids dans les décisions de l’institution. Le G24 demande un réalignement qui reflète mieux la place des économies émergentes et en développement, tout en protégeant la représentation des membres les plus pauvres.

Le groupe s’oppose également à l’intégration de contributions financières volontaires dans la nouvelle formule de calcul. L’enjeu est de définir les règles de représentation, et pas seulement d’augmenter les ressources disponibles.

Le communiqué insiste sur la manière dont les programmes du FMI doivent être conçus. Les ministres demandent qu’ils soutiennent la croissance, préservent les dépenses sociales et l’investissement, et évitent les ajustements susceptibles de compromettre la reprise économique.

Cette position touche à un arbitrage central pour les États : rétablir leurs équilibres financiers sans réduire leur capacité à financer les services publics et les infrastructures. Le G24 réclame aussi une augmentation de la capacité de prêt des institutions de développement à un coût abordable. Il encourage le financement en monnaie locale et le renforcement des marchés de capitaux nationaux afin de limiter les risques liés aux fluctuations de change.

Pour le Maroc, ces débats concernent les conditions dans lesquelles peuvent être financés les investissements publics et privés. La participation au G24 ne constitue toutefois ni une enveloppe de financement ni un accord de prêt : elle offre un cadre pour défendre des positions communes dans les négociations internationales.

Sur la dette, le groupe demande des restructurations plus prévisibles, rapides et coordonnées. Il souligne que la vulnérabilité financière constitue un obstacle majeur à une croissance inclusive dans de nombreuses économies en développement.

Le financement climatique occupe également une place importante dans les revendications. Le G24 appelle à concrétiser l’objectif adopté à la COP29 d’au moins 300 milliards de dollars par an d’ici à 2035, avec les pays développés en première ligne. Les ministres demandent surtout une forte augmentation des moyens consacrés à l’adaptation. Pour les pays exposés aux sécheresses, aux inondations ou à d’autres événements extrêmes, il s’agit de financer des infrastructures et des dispositifs capables de réduire les dommages.

Au Maroc, les enjeux d’eau et de résilience donnent à cette discussion une portée concrète. Mais les engagements internationaux doivent encore se traduire en financements accessibles et en projets réalisés.

Le message du G24 est clair : les pays en développement réclament davantage de poids dans les décisions et de meilleures conditions pour financer leur avenir. Pour les citoyens, l’enjeu dépasse les réunions ministérielles : il concerne les moyens disponibles pour investir, soutenir l’activité économique et préserver les dépenses essentielles.




Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la… En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 16 Octobre 2026
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