Des frappes dans le nord et le sud du territoire
Selon la Défense civile, 31 personnes ont également été blessées lors de frappes menées à la fois dans le nord et le sud de Gaza. À Khan Younès, dans le sud, trois corps ont été transportés à l’hôpital Nasser après des frappes ayant touché des tentes et des habitations. À Gaza-ville, dans le nord, six autres corps sont arrivés à l’hôpital Al-Chifa après des bombardements dans des zones habitées.
L’organisme de secours, placé sous l’autorité du Hamas, évoque des tirs sur des secteurs civils. Sur le terrain, les images et témoignages font état de dégâts importants et d’une population une nouvelle fois prise au piège des combats, malgré les annonces de désescalade.
La version de l’armée israélienne
De son côté, l’armée israélienne affirme avoir mené des « frappes précises », à la fois aériennes et avec des blindés, en réponse à des tirs de “terroristes” contre ses forces. Selon cette version, un officier israélien a été grièvement blessé lors de l’incident.
L’armée situe les faits dans le nord de la bande de Gaza, à proximité de la Ligne jaune, qui marque le retrait des forces israéliennes d’environ la moitié du territoire. Ce dispositif s’inscrit dans la première phase d’un plan présenté par le président américain Donald Trump, censé ouvrir la voie à une fin définitive de la guerre. Sur le terrain, cette ligne reste un point de tension permanent, où chaque incident peut dégénérer rapidement.
Un cessez-le-feu sous pression constante
Malgré le cessez-le-feu annoncé le 10 octobre, les violences meurtrières se poursuivent. Samedi dernier déjà, des frappes israéliennes avaient fait 32 morts, selon la Défense civile, tandis que l’armée israélienne parlait de bombardements en réponse à des violations de l’accord.
Chaque camp accuse l’autre de rompre les engagements, dans un cycle de représailles qui fragilise un peu plus toute perspective de stabilisation. Pour les habitants de Gaza, cette situation entretient un climat d’incertitude totale, où la trêve reste théorique et la peur bien réelle.
Contexte régional et enjeux diplomatiques
Les frappes de ce mercredi interviennent deux jours après la réouverture très partielle du poste-frontière de Rafah, entre Gaza et l’Égypte. Cette réouverture a permis le passage de quelques dizaines de Palestiniens, dans les deux sens, mais reste loin de répondre aux besoins humanitaires.
Sur le plan diplomatique, l’émissaire américain Steve Witkoff a rencontré mardi à Jérusalem le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, après avoir fait pression pour cette réouverture limitée. Une médiation qui illustre la fragilité des équilibres actuels et les marges de manœuvre étroites des acteurs internationaux.
Ces nouvelles frappes rappellent que, à Gaza, le cessez-le-feu ne tient qu’à un fil. Entre incidents armés, ripostes militaires et négociations diplomatiques sous tension, la question demeure entière : combien de temps encore la trêve pourra-t-elle résister à l’escalade sur le terrain ?