Le hasard du calendrier est mauvais.
Le jour même où plusieurs organisations professionnelles du transport routier de marchandises avaient fixé le début d’un mouvement de grève illimitée, le pétrole est reparti fortement à la hausse.
Lundi matin, le Brent évoluait autour de 107,8 dollars le baril, soit près de 3 % de hausse, dans un marché inquiet des tensions autour de Bab el-Mandeb et des difficultés affectant certaines routes d’exportation du Golfe.
Au Maroc, quatre organisations professionnelles avaient déposé un préavis de cessation d’activité à partir du 14 septembre. Elles demandent notamment une revalorisation et une régularisation de l’aide au gasoil, jugée insuffisante à environ 50 centimes par litre, ainsi qu’une révision de plusieurs dispositions fiscales et du programme de renouvellement du parc.
À cette heure, une prudence est indispensable : le dépôt d’un préavis et l’entrée théorique en grève ne permettent pas encore de mesurer l’ampleur réelle du mouvement sur le terrain.
C’est pourtant cette ampleur qui fera toute la différence.
Le jour même où plusieurs organisations professionnelles du transport routier de marchandises avaient fixé le début d’un mouvement de grève illimitée, le pétrole est reparti fortement à la hausse.
Lundi matin, le Brent évoluait autour de 107,8 dollars le baril, soit près de 3 % de hausse, dans un marché inquiet des tensions autour de Bab el-Mandeb et des difficultés affectant certaines routes d’exportation du Golfe.
Au Maroc, quatre organisations professionnelles avaient déposé un préavis de cessation d’activité à partir du 14 septembre. Elles demandent notamment une revalorisation et une régularisation de l’aide au gasoil, jugée insuffisante à environ 50 centimes par litre, ainsi qu’une révision de plusieurs dispositions fiscales et du programme de renouvellement du parc.
À cette heure, une prudence est indispensable : le dépôt d’un préavis et l’entrée théorique en grève ne permettent pas encore de mesurer l’ampleur réelle du mouvement sur le terrain.
C’est pourtant cette ampleur qui fera toute la différence.
Le transport routier et le système circulatoire de l'économie
Un camion ne transporte pas seulement des marchandises.
Il transporte des fruits vers les marchés de gros, des composants vers les usines, des conteneurs vers les ports, des produits importés vers les entrepôts et des marchandises exportées vers Tanger Med ou Casablanca.
Une perturbation courte et partielle peut être absorbée.
Une perturbation longue et importante commence rapidement à apparaître ailleurs.
- Dans les stocks.
- Dans les délais.
- Dans les prix.
- Dans les usines qui attendent leurs intrants.
Et dans les commerces qui attendent leurs livraisons.
Voilà pourquoi le conflit entre transporteurs et gouvernement dépasse rapidement le seul secteur du fret.
Il transporte des fruits vers les marchés de gros, des composants vers les usines, des conteneurs vers les ports, des produits importés vers les entrepôts et des marchandises exportées vers Tanger Med ou Casablanca.
Une perturbation courte et partielle peut être absorbée.
Une perturbation longue et importante commence rapidement à apparaître ailleurs.
- Dans les stocks.
- Dans les délais.
- Dans les prix.
- Dans les usines qui attendent leurs intrants.
Et dans les commerces qui attendent leurs livraisons.
Voilà pourquoi le conflit entre transporteurs et gouvernement dépasse rapidement le seul secteur du fret.
Le gasoil est devenu le nœud du problème
Les professionnels ne contestent pas seulement le niveau absolu du prix du carburant.
Ils contestent surtout l’écart entre leurs coûts et l’aide publique qu’ils reçoivent.
Selon les organisations signataires, le soutien au gasoil tournerait autour de 0,50 dirham par litre et ne suffirait plus à compenser l’augmentation des charges. Elles réclament notamment un versement plus régulier.
À cela s’ajoute un grief fiscal : la retenue à la source de 75 % de la TVA due dans certaines transactions.
Attention au chiffre.
Il ne s’agit évidemment pas d’une TVA à 75 %.
Il s’agit de la part de TVA retenue à la source, mécanisme dont certains transporteurs estiment qu’il fragilise leur trésorerie.
Le dossier devient donc presque un cas d’école de la petite entreprise marocaine confrontée à trois contraintes simultanées : coûts de carburant élevés, trésorerie tendue et faible capacité à répercuter immédiatement les hausses sur ses clients.
Ils contestent surtout l’écart entre leurs coûts et l’aide publique qu’ils reçoivent.
Selon les organisations signataires, le soutien au gasoil tournerait autour de 0,50 dirham par litre et ne suffirait plus à compenser l’augmentation des charges. Elles réclament notamment un versement plus régulier.
À cela s’ajoute un grief fiscal : la retenue à la source de 75 % de la TVA due dans certaines transactions.
Attention au chiffre.
Il ne s’agit évidemment pas d’une TVA à 75 %.
Il s’agit de la part de TVA retenue à la source, mécanisme dont certains transporteurs estiment qu’il fragilise leur trésorerie.
Le dossier devient donc presque un cas d’école de la petite entreprise marocaine confrontée à trois contraintes simultanées : coûts de carburant élevés, trésorerie tendue et faible capacité à répercuter immédiatement les hausses sur ses clients.
Qui paie finalement le diesel ?
C’est la question économique centrale.
Lorsqu’un litre de gasoil devient plus cher, quatre acteurs peuvent théoriquement absorber le choc.
Une partie réduit la marge du transporteur.
Une autre est répercutée sur le client.
Une partie peut être amortie par l’aide publique.
Et le reste finit parfois dans le prix final du produit.
Voilà pourquoi le débat sur le gasoil dépasse celui des transporteurs.
Il touche directement au pouvoir d’achat.
Lorsqu’un litre de gasoil devient plus cher, quatre acteurs peuvent théoriquement absorber le choc.
- Le transporteur.
- Le donneur d’ordre.
- L’État.
- Ou le consommateur.
Une partie réduit la marge du transporteur.
Une autre est répercutée sur le client.
Une partie peut être amortie par l’aide publique.
Et le reste finit parfois dans le prix final du produit.
Voilà pourquoi le débat sur le gasoil dépasse celui des transporteurs.
Il touche directement au pouvoir d’achat.
À 107 dollars, le contexte extérieur se durcit
La situation est d’autant plus sensible que le pétrole continue de monter.
Le Brent dépassait 107 dollars lundi matin sur fond de tensions croissantes autour de Bab el-Mandeb. Les Houthis se rapprochent de ce passage stratégique alors que l’oléoduc Est-Ouest saoudien, principale voie terrestre permettant de contourner le détroit d’Ormuz, a lui aussi été affecté par des attaques.
Pour le Maroc, cela signifie que la pression sur le transport peut venir simultanément de l’intérieur et de l’extérieur.
À l’intérieur : conflit social, fiscalité et trésorerie.
À l’extérieur : pétrole cher, fret maritime plus coûteux et tensions sur les routes d’approvisionnement.
Le cocktail mérite d’être surveillé.
Le Brent dépassait 107 dollars lundi matin sur fond de tensions croissantes autour de Bab el-Mandeb. Les Houthis se rapprochent de ce passage stratégique alors que l’oléoduc Est-Ouest saoudien, principale voie terrestre permettant de contourner le détroit d’Ormuz, a lui aussi été affecté par des attaques.
Pour le Maroc, cela signifie que la pression sur le transport peut venir simultanément de l’intérieur et de l’extérieur.
À l’intérieur : conflit social, fiscalité et trésorerie.
À l’extérieur : pétrole cher, fret maritime plus coûteux et tensions sur les routes d’approvisionnement.
Le cocktail mérite d’être surveillé.
Mais pas de panique avant les faits
Le pire service que l’on pourrait rendre à l’information serait d’annoncer dès maintenant une paralysie nationale.
Il faut d’abord observer.
- Combien de transporteurs suivent réellement le mouvement ?
- Quels ports sont touchés ?
- Les marchés de gros fonctionnent-ils normalement ?
- Les flux de Tanger Med et Casablanca ralentissent-ils ?
- Les industriels signalent-ils des difficultés ?
- Le gouvernement ouvre-t-il une négociation ?
Ce sont ces données qui permettront de savoir si nous sommes face à un mouvement sectoriel ou au début d’un problème logistique national.
Le Maroc n’est donc pas encore en rupture d’approvisionnement.
Mais il entre dans une semaine où il faudra surveiller quelque chose de très simple : la vitesse à laquelle les camions continuent de rouler alors que le prix du pétrole, lui, continue de monter.
Il faut d’abord observer.
- Combien de transporteurs suivent réellement le mouvement ?
- Quels ports sont touchés ?
- Les marchés de gros fonctionnent-ils normalement ?
- Les flux de Tanger Med et Casablanca ralentissent-ils ?
- Les industriels signalent-ils des difficultés ?
- Le gouvernement ouvre-t-il une négociation ?
Ce sont ces données qui permettront de savoir si nous sommes face à un mouvement sectoriel ou au début d’un problème logistique national.
Le Maroc n’est donc pas encore en rupture d’approvisionnement.
Mais il entre dans une semaine où il faudra surveiller quelque chose de très simple : la vitesse à laquelle les camions continuent de rouler alors que le prix du pétrole, lui, continue de monter.


