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Guerre au Moyen-Orient : la FAO alerte sur un choc alimentaire mondial imminent


Rédigé par le Vendredi 27 Mars 2026

Jeudi, depuis Rome, l’économiste en chef de la Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Máximo Torero, a tiré la sonnette d’alarme : le conflit qui s’intensifie dans le Golfe provoque l’une des perturbations les plus rapides et sévères des flux mondiaux de matières premières. Déclenchée le 28 février, la guerre affecte désormais directement la production et la sécurité alimentaire mondiale, bien au-delà du seul secteur énergétique.



Une crise qui dépasse l’énergie et touche l’alimentation

Guerre au Moyen-Orient : la FAO alerte sur un choc alimentaire mondial imminent

Le blocage du détroit d’Ormuz, axe stratégique du commerce mondial, a fait chuter de 95 % le trafic de pétroliers. En temps normal, ce corridor assure le transit de 35 % du pétrole brut mondial, 30 % du commerce d’engrais et 20 % du gaz naturel liquéfié. Une rupture brutale qui désorganise toute la chaîne agricole mondiale.
 

Un double choc pour les agriculteurs
 

Sur le terrain, les producteurs subissent un double choc : la flambée des prix des engrais et du carburant, deux intrants essentiels. Cette hausse rapide menace directement les rendements agricoles, alors que les campagnes de semis approchent dans plusieurs régions du monde.
 

Selon la FAO, si la crise se prolonge au-delà de quelques semaines, les conséquences pourraient s’intensifier rapidement. Un blocage de trois mois entraînerait une baisse des rendements et des ajustements forcés dans les cultures, avec des effets en cascade sur l’offre mondiale. Par ailleurs, la montée des prix du pétrole au-delà de 100 dollars le baril pourrait renforcer la concurrence des biocarburants, accentuant la pression sur les denrées alimentaires.
 

Des pays particulièrement vulnérables
 

Certaines économies sont déjà en première ligne. Des pays comme le Sri Lanka ou le Bangladesh, en pleine saison de récolte, risquent d’être rapidement fragilisés. En Afrique, les nations fortement dépendantes des importations alimentaires sont également exposées.
 

Dans le Golfe, les tensions se traduisent déjà par une hausse des prix alimentaires, notamment en Iran. Des pays importateurs comme le Qatar ou les Émirats arabes unis pourraient faire face à des pénuries, alors que le trafic maritime reste paralysé. À cela s’ajoute un risque indirect : la baisse des revenus des travailleurs migrants, qui pourrait réduire les transferts financiers vers leurs pays d’origine.
 

Une urgence à agir
 

Face à cette situation, la FAO appelle à des mesures immédiates : trouver des routes maritimes alternatives, soutenir financièrement les pays dépendants des importations et éviter les restrictions à l’exportation. À moyen et long terme, l’organisation insiste sur la ضرورة de renforcer la résilience des systèmes alimentaires, en diversifiant les sources d’approvisionnement et en investissant massivement dans ce secteur stratégique.
 

L’évolution du conflit dans les prochaines semaines sera déterminante. Si aucune solution rapide n’est trouvée, la crise énergétique pourrait se transformer en véritable crise alimentaire mondiale.





Mamadou Bilaly Coulibaly
Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.... En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 27 Mars 2026