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HCP : 36% des chefs d’entreprise anticipent une hausse de l’activité des services


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 11 Mars 2026

Le début de l’année 2026 s’annonce contrasté pour les services marchands non financiers au Maroc. Selon la dernière enquête de conjoncture publiée par le Haut-Commissariat au Plan, plus d’un tiers des chefs d’entreprise anticipent une progression de l’activité au premier trimestre. Mais derrière cet optimisme prudent se cache une réalité plus nuancée, où certains secteurs tirent la croissance tandis que d’autres continuent de ralentir.



HCP : 36% des chefs d’entreprise anticipent une hausse de l’activité des services

Les chefs d’entreprise marocains avancent avec prudence. Dans sa dernière enquête trimestrielle, le Haut-Commissariat au Plan indique que 36% des dirigeants du secteur des services marchands non financiers prévoient une hausse de l’activité au premier trimestre 2026, tandis que 14% anticipent une baisse. Le reste table sur une évolution relativement stable de l’activité. Ces résultats proviennent des enquêtes de conjoncture menées auprès des entreprises pour analyser l’évolution récente et les perspectives du secteur.
 

Dans le détail, plusieurs branches devraient jouer un rôle moteur. Les anticipations positives concernent notamment les transports terrestres et le transport par conduites, ainsi que l’entreposage et les services auxiliaires des transports. Ces segments profitent depuis plusieurs années de la montée en puissance de la logistique et du commerce au Maroc, dans un contexte marqué par l’extension des plateformes logistiques et le développement des infrastructures de transport.
 

À l’inverse, certaines activités pourraient connaître un ralentissement. Les chefs d’entreprise évoquent notamment les transports par eau, les activités de location et location-bail ainsi que les activités immobilières comme des branches où l’activité devrait reculer au cours du trimestre.
 

Du côté de la demande, la tendance reste globalement stable. 63% des dirigeants interrogés anticipent une demande inchangée, alors que 28% s’attendent à une augmentation. Cette prudence reflète un environnement économique encore incertain, dans lequel les entreprises semblent privilégier l’attentisme plutôt que des paris trop risqués.
 

Même logique pour l’emploi. Selon l’enquête, 61% des chefs d’entreprise prévoient une stabilité des effectifs, tandis que 22% envisagent une augmentation. Le marché du travail dans ce secteur, qui représente une part importante de l’économie des services, devrait donc évoluer progressivement sans véritable accélération des recrutements.
 

Pour comprendre ces prévisions, il faut aussi regarder la situation récente. Au quatrième trimestre 2025, l’activité du secteur aurait reculé selon 49% des chefs d’entreprise, alors que 34% déclarent une hausse, d’après les données du HCP. Cette évolution s’explique notamment par la baisse observée dans les télécommunications, le transport aérien et les activités de location et location-bail.
 

Dans le même temps, d’autres segments ont mieux résisté. Les activités d’hébergement et restauration, de transport terrestre et d’entreposage ont enregistré une progression, contribuant à limiter l’ampleur du recul global de l’activité.
 

Les indicateurs opérationnels confirment cette situation intermédiaire. Le taux d’utilisation des capacités de prestation du secteur s’est établi à 74%, signe d’un niveau d’activité relativement correct sans toutefois atteindre une pleine utilisation des capacités. Par ailleurs, 84% des chefs d’entreprise jugent leurs carnets de commandes à un niveau normal, ce qui traduit une certaine visibilité à court terme.
 

Sur le plan de l’emploi, les résultats restent également modérés. 23% des dirigeants déclarent une augmentation des effectifs, tandis que 60% parlent d’une stabilité. Cette évolution suggère une adaptation progressive des entreprises à la conjoncture plutôt qu’une expansion rapide.
 

Enfin, l’année 2025 a été marquée par des investissements ciblés. Selon 83% des chefs d’entreprise du secteur, les dépenses d’investissement ont principalement concerné le remplacement d’une partie des équipements et l’extension de l’activité. Une stratégie qui traduit une volonté d’améliorer les outils de production tout en préparant les entreprises à de nouvelles opportunités de croissance.


Au final, les données du HCP dessinent le portrait d’un secteur des services qui avance avec mesure. Ni véritable envolée, ni recul généralisé : plutôt une phase d’ajustement. Dans un contexte économique mondial encore incertain, cette prudence des entreprises marocaines apparaît moins comme un signe de fragilité que comme une stratégie de gestion du risque un équilibre entre vigilance et ambition.





Mercredi 11 Mars 2026