Handball Championnat du monde des clubs Montada Derb Sultan, de Derb Sultan au sommet du handball mondial


Rédigé par le Mardi 22 Septembre 2026

Vingt-neuf ans après le KAC Marrakech, un club marocain retrouve la scène mondiale
Il y a des participations qui dépassent largement le cadre d'une compétition. Celle de Montada Derb Sultan au Championnat du monde des clubs en Égypte appartient à cette catégorie.
Pour la première fois de son histoire, le club casablancais va se retrouver face à quelques-unes des plus grandes formations du handball mondial. Mais au-delà du destin de Montada, cette présence constitue surtout un nouveau marqueur de l'évolution du handball marocain.



Il aura fallu attendre vingt-neuf ans pour revoir un club marocain à ce niveau. Le précédent remonte à 1997, lorsque le KAC Marrakech avait participé au Mondial des clubs et terminé à la huitième place avec Berrajaa ,Chrif entre autres encadrés par l’inusable Kassbiji.
Entre Marrakech 1997 et Casablanca 2026, une génération entière s'est écoulée. Le retour du Maroc sur cette scène n'est donc pas anodin.
De Marrakech à Derb Sultan : une longue traversée
Le parcours du KAC Marrakech avait constitué, à l'époque, une véritable ouverture sur le monde. Mais cette expérience n'avait pas été suivie d'une présence régulière des clubs marocains dans les grandes compétitions internationales.
 Le handball marocain a engagé depuis plusieurs années un travail de reconstruction et de structuration, particulièrement visible dans les catégories de jeunes et dans la multiplication des rendez-vous internationaux.
Ce travail ne produit pas nécessairement des résultats spectaculaires du jour au lendemain. Il commence par la formation, la détection, la régularité des championnats, l'encadrement des sélections nationales, la participation aux compétitions africaines et l'accumulation d'expérience.
C'est précisément cette continuité qui permet aujourd'hui à certains clubs et à certaines générations de franchir un nouveau palier grâce à une décennie de travail qui commence à produire ses effets.
 
 En effet depuis une dizaine d'années, le travail fédéral s'est progressivement articulé autour d'un objectif essentiel : élargir la base du haut niveau marocain.
 Car une sélection nationale compétitive ne peut pas être construite uniquement à partir de quelques joueurs confirmés. Elle a besoin d'un réservoir régulièrement renouvelé. De même, un club capable de se hisser au niveau international a besoin d'un championnat national suffisamment compétitif pour préparer ses joueurs à cette confrontation, en créant une nouvelle dynamique.
Montada est ainsi à la fois le bénéficiaire et l'un des acteurs de cette dynamique.
La progression d'une discipline ne se mesure pas uniquement aux résultats des équipes nationales.
Elle se mesure également à la capacité de ses clubs à franchir les frontières.
Sur ce plan, la présence de Montada est particulièrement intéressante. Elle permet au handball marocain de retrouver une visibilité internationale à travers un club, ses joueurs et son encadrement.
Car pour progresser durablement, les joueurs marocains doivent pouvoir rencontrer régulièrement des adversaires plus expérimentés, plus rapides et disposant d'une culture du haut niveau profondément enracinée.
Le Mondial des clubs offre précisément cette possibilité.or rencontrer des clubs tels leBarça, Füchse, Veszprém c’est se retrouver sur une autre planète
Le contraste est évidemment considérable.
Montada va se retrouver dans un environnement où évoluent des clubs comme le FC Barcelone, le Füchse Berlin ou encore le Veszprém HC, formations habituées aux grandes compétitions européennes et aux confrontations de très haut niveau.
Pour les protégés du President Laarabi, l'objectif ne peut raisonnablement pas être de se comparer immédiatement à ces institutions du handball mondial sur leurs propres bases. L’enjeu est ailleurs : mesurer l'écart, comprendre pourquoi il existe et surtout apprendre à le réduire.
C'est là que cette compétition prend toute sa valeur.
Le rythme d'exécution, l'intensité physique, la qualité des replis défensifs, la circulation de balle, la gestion des temps faibles, la préparation tactique : autant d'éléments que les joueurs et l'encadrement de Montada pourront observer et expérimenter directement.
Quand la défaite devient une expérience
Dans ce contexte, le résultat ne doit pas être le seul indicateur de réussite. Une équipe peut perdre un match et pourtant en sortir grandie.
Pour Yazid et Moustaquim administrateurs et chevilles ouvrières de cette équipe, chaque rencontre sera une confrontation avec un niveau que les joueurs ne rencontrent que rarement dans leur environnement habituel. Chaque séquence pourra devenir une source d'apprentissage. C’est à cela qu’aspirent ces deux dirigeants, doter leurs joueurs et leur club d’une expérience nouvelle et stimulante.
 Mais le véritable bénéfice du Mondial pourrait donc se mesurer après le Mondial. Pour le Montada   mais aussi tout le handball marocain
C'est ici que la participation de Montada prend une dimension nationale.
Le club ne représente pas seulement Derb Sultan ou Casablanca. Il porte également les couleurs d'un handball marocain qui cherche à retrouver une place plus régulière dans les compétitions internationales.Son expérience égyptienne pourra servir de référence aux autres clubs.
Elle pourra surtout montrer aux jeunes joueurs marocains qu'un parcours peut les conduire jusqu'à une confrontation avec les meilleures équipes du monde.
C'est cette culture de l'ambition qu'il faut progressivement installer.
 Le véritable défi sera maintenant d'éviter que cette présence reste exceptionnelle.
Le KACM avait ouvert la voie en 1997. Montada la reprend en 2026.
L'objectif, à terme, doit être que ce genre de participation ne soit plus considéré comme un événement exceptionnel, mais comme le résultat normal d'un championnat capable de produire régulièrement des clubs compétitifs au niveau continental.
Cela suppose de poursuivre le travail engagé : renforcer la formation, améliorer l'encadrement technique, multiplier les confrontations internationales, obliger les clubs à travailler davantage   et assurer une véritable continuité entre les sélections de jeunes et l'équipe nationale senior.
La reconstruction du haut niveau est une œuvre de longue haleine.
L'Égypte devrait être une étape, pas un aboutissement
Montada ne part donc pas en Égypte avec la pression de devoir rivaliser immédiatement avec les géants européens.
Il y va surtout pour apprendre, mesurer, progresser et transmettre cette expérience.
Vingt-neuf ans après Marrakech, un nouveau club marocain retrouve ainsi le rendez-vous mondial.
Le symbole est fort. Mais le plus important est peut-être ce qu'il annonce pour l'avenir.
Si le KAC Marrakech avait été, en 1997, un pionnier marocain dans cette compétition, Montada Derb Sultan peut être considéré comme le produit d'une nouvelle dynamique.
Une dynamique construite patiemment autour de la formation, des jeunes catégories, des sélections nationales, des compétitions et d'une volonté de renouer avec le haut niveau.
Le Mondial des clubs ne sera donc pas seulement une aventure casablancaise.
Il sera un test grandeur nature pour mesurer le chemin parcouru par le handball marocain.
Et surtout, pour savoir jusqu'où il peut désormais aller.
De Marrakech à Derb Sultan, de 1997 à 2026, l'histoire recommence. Mais cette fois, l'ambition doit être de faire en sorte qu'elle ne s'arrête plus là.
M.K




Journaliste depuis 79 à l'opinion. En savoir plus sur cet auteur
Mardi 22 Septembre 2026
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