La création d’un ministère réunissant l’intelligence artificielle, la transformation numérique et la réforme de l’administration ouvre une étape que j’accueille avec confiance et exigence.
Dans ma précédente tribune, j’ai salué cette évolution et adressé mes encouragements à Monsieur Ahmed Rahhou.
Cette confiance repose sur une conviction : l’expérience des organisations, de l’industrie et de la décision constitue une ressource précieuse pour conduire une transformation de cette ampleur.
L’interrogation soulevée dans l’article « Ahmed Rahhou, premier ministère de l’IA au Maroc : avons-nous nommé le futur ou recyclé le passé ? » mérite une discussion.
Pour ma part, je considère que l’expérience peut servir l’innovation lorsqu’elle aide à comprendre les contraintes, à mobiliser les compétences et à organiser le changement. Il appartient ensuite à l’action de démontrer cette capacité. Je déplore les critiques visant Monsieur Ahmed Rahhou en raison de son âge.
La compétence, la capacité d’écoute, le jugement et l’ouverture à l’innovation s’apprécient dans les idées et dans l’action. J’ai moi-même 70 ans et je suis prêt à discuter avec toutes celles et tous ceux qui, parfois maladroitement, font de l’âge un motif de discrimination.
Confrontons nos analyses, nos propositions et nos expériences : la qualité de notre contribution à l’avenir du pays mérite d’être appréciée sur cette base.
Le dialogue entre les générations peut nous aider à conjuguer la créativité, l’expérience et la volonté d’agir.
Plus d’un demi-siècle d’expérience dans l’informatique et le numérique, dont environ quinze années chez Hewlett-Packard en France et à l’international, puis dans le conseil, l’enseignement et la recherche, m’ont appris combien la réussite technologique dépend des conditions de sa mise en œuvre.
Une solution performante prend sa valeur dans une organisation capable de l’intégrer, de la maîtriser et d’en apprécier les effets.
C’est cette articulation entre savoirs, systèmes et performances que je développe dans mes livres et mes tribunes.
Cette confiance repose sur une conviction : l’expérience des organisations, de l’industrie et de la décision constitue une ressource précieuse pour conduire une transformation de cette ampleur.
L’interrogation soulevée dans l’article « Ahmed Rahhou, premier ministère de l’IA au Maroc : avons-nous nommé le futur ou recyclé le passé ? » mérite une discussion.
Pour ma part, je considère que l’expérience peut servir l’innovation lorsqu’elle aide à comprendre les contraintes, à mobiliser les compétences et à organiser le changement. Il appartient ensuite à l’action de démontrer cette capacité. Je déplore les critiques visant Monsieur Ahmed Rahhou en raison de son âge.
La compétence, la capacité d’écoute, le jugement et l’ouverture à l’innovation s’apprécient dans les idées et dans l’action. J’ai moi-même 70 ans et je suis prêt à discuter avec toutes celles et tous ceux qui, parfois maladroitement, font de l’âge un motif de discrimination.
Confrontons nos analyses, nos propositions et nos expériences : la qualité de notre contribution à l’avenir du pays mérite d’être appréciée sur cette base.
Le dialogue entre les générations peut nous aider à conjuguer la créativité, l’expérience et la volonté d’agir.
Plus d’un demi-siècle d’expérience dans l’informatique et le numérique, dont environ quinze années chez Hewlett-Packard en France et à l’international, puis dans le conseil, l’enseignement et la recherche, m’ont appris combien la réussite technologique dépend des conditions de sa mise en œuvre.
Une solution performante prend sa valeur dans une organisation capable de l’intégrer, de la maîtriser et d’en apprécier les effets.
C’est cette articulation entre savoirs, systèmes et performances que je développe dans mes livres et mes tribunes.
La transformation engage un système entier
Une politique d’intelligence artificielle relie des infrastructures, des données, des logiciels, des compétences, des métiers et des responsabilités. Les résultats dépendent de la manière dont ces composantes fonctionnent ensemble.
Une procédure administrative, par exemple, mérite d’être examinée dans son ensemble : sa finalité, les pièces demandées, les décisions successives, les délais et les difficultés rencontrées par les usagers.
Sa transformation devient tangible lorsqu’un citoyen comprend mieux ses démarches, obtient une réponse dans un délai prévisible et dispose d’un interlocuteur lorsqu’une difficulté survient.
Cette approche systémique appelle une coopération entre ministères, établissements publics, entreprises, universités et territoires. Elle suppose aussi d’associer les professionnels qui connaissent les situations concrètes.
L’agent public, le médecin, l’enseignant, l’entrepreneur ou l’artisan détiennent des savoirs indispensables à la conception de services utiles.
Une procédure administrative, par exemple, mérite d’être examinée dans son ensemble : sa finalité, les pièces demandées, les décisions successives, les délais et les difficultés rencontrées par les usagers.
Sa transformation devient tangible lorsqu’un citoyen comprend mieux ses démarches, obtient une réponse dans un délai prévisible et dispose d’un interlocuteur lorsqu’une difficulté survient.
Cette approche systémique appelle une coopération entre ministères, établissements publics, entreprises, universités et territoires. Elle suppose aussi d’associer les professionnels qui connaissent les situations concrètes.
L’agent public, le médecin, l’enseignant, l’entrepreneur ou l’artisan détiennent des savoirs indispensables à la conception de services utiles.
Concevoir, industrialiser et garder la capacité de décider
Dans L’IA et le pouvoir de décider, je défends une souveraineté fondée sur la compréhension et la maîtrise des choix.
Elle implique de pouvoir expliquer un système, examiner ses limites, adapter son fonctionnement et conserver des possibilités d’action.
Les partenariats internationaux doivent être appréciés à cette lumière : quelles compétences développent-ils au Maroc ? Quelle place donnent-ils à nos équipes dans la conception ? Quelles dépendances créent-ils ? Quelles possibilités d’évolution et de changement préservent-ils ? Dans Industrialiser l’IA au Maroc, j’insiste également sur les conditions du passage de l’expérimentation à une exploitation durable.
Un projet doit disposer de données préparées, d’équipes formées, d’un financement soutenable, d’une maintenance et de responsabilités clairement attribuées. Son utilité doit pouvoir être vérifiée dans la durée.
Cette discipline concerne aussi la gouvernance. Avec AI LIGHT, je propose de préciser les missions confiées aux agents d’IA, leurs autorisations, leurs limites et les conditions d’intervention humaine.
Une autonomie maîtrisée exige une exécution observable et des responsables capables de suspendre, de corriger et de répondre des effets produits. La même exigence de lisibilité peut inspirer le pilotage de la politique publique.
Elle implique de pouvoir expliquer un système, examiner ses limites, adapter son fonctionnement et conserver des possibilités d’action.
Les partenariats internationaux doivent être appréciés à cette lumière : quelles compétences développent-ils au Maroc ? Quelle place donnent-ils à nos équipes dans la conception ? Quelles dépendances créent-ils ? Quelles possibilités d’évolution et de changement préservent-ils ? Dans Industrialiser l’IA au Maroc, j’insiste également sur les conditions du passage de l’expérimentation à une exploitation durable.
Un projet doit disposer de données préparées, d’équipes formées, d’un financement soutenable, d’une maintenance et de responsabilités clairement attribuées. Son utilité doit pouvoir être vérifiée dans la durée.
Cette discipline concerne aussi la gouvernance. Avec AI LIGHT, je propose de préciser les missions confiées aux agents d’IA, leurs autorisations, leurs limites et les conditions d’intervention humaine.
Une autonomie maîtrisée exige une exécution observable et des responsables capables de suspendre, de corriger et de répondre des effets produits. La même exigence de lisibilité peut inspirer le pilotage de la politique publique.
Assurer la continuité et apprendre de l’expérience
J’ai salué le travail engagé par Madame Amal El Fallah Seghrouchni et l’ambition présentée pour l’intelligence artificielle au Maroc. Cette reconnaissance accompagne aujourd’hui mes encouragements à la nouvelle équipe.
La continuité de l’État demande de transmettre les connaissances, les engagements, les projets et leur état réel d’avancement. Elle permet de préserver le travail des équipes, d’éviter de refaire les mêmes études et d’orienter les moyens vers les besoins qui restent à satisfaire. Poursuivre une politique suppose aussi de pouvoir l’ajuster.
Un projet peut rencontrer une difficulté technique, une organisation insuffisamment préparée, des coûts sous-estimés ou une faible appropriation par ses utilisateurs.
Documenter ces situations permet de prendre des décisions mieux fondées. Les bénéfices attendus doivent, eux aussi, être examinés dans les territoires : accès des PME, services de proximité, formation, langues, réalités rurales et urbaines.
Les compétences des Marocaines et des Marocains, au pays comme à l’étranger, peuvent contribuer à cette évaluation et à la poursuite des réalisations.
La continuité de l’État demande de transmettre les connaissances, les engagements, les projets et leur état réel d’avancement. Elle permet de préserver le travail des équipes, d’éviter de refaire les mêmes études et d’orienter les moyens vers les besoins qui restent à satisfaire. Poursuivre une politique suppose aussi de pouvoir l’ajuster.
Un projet peut rencontrer une difficulté technique, une organisation insuffisamment préparée, des coûts sous-estimés ou une faible appropriation par ses utilisateurs.
Documenter ces situations permet de prendre des décisions mieux fondées. Les bénéfices attendus doivent, eux aussi, être examinés dans les territoires : accès des PME, services de proximité, formation, langues, réalités rurales et urbaines.
Les compétences des Marocaines et des Marocains, au pays comme à l’étranger, peuvent contribuer à cette évaluation et à la poursuite des réalisations.
Un bilan public pour préparer la suite
Je souhaite donc formuler une demande précise au nouveau ministère : réaliser et rendre public un bilan documenté de ce qui a été engagé par le gouvernement sortant dans les domaines du numérique et de l’intelligence artificielle.
Ce bilan devrait présenter ce qui a été réalisé et fonctionne effectivement, ce qui demeure en cours, ce qui n’a pas été réalisé et les raisons de ces écarts. Il devrait également préciser les moyens mobilisés, les résultats observés et les engagements qui restent à honorer.
À partir de cet état des lieux, les décisions pour la suite devraient être expliquées : quels projets poursuivre conformément à ce qui a été acté, lesquels accélérer, lesquels réorienter et, lorsque cela se justifie, lesquels interrompre ?
Chaque choix gagnerait à être accompagné de ses motifs, de ses responsables, de ses moyens et de son calendrier. Je souhaite fortement que ce travail soit rendu public et expliqué aux Marocaines et aux Marocains, dans des termes accessibles et par des moyens adaptés aux différents publics.
La publication d’un rapport doit s’accompagner d’une présentation compréhensible des acquis, des difficultés et des prochaines étapes, puis d’un suivi régulier.
Cette démarche permettrait de reconnaître les réalisations, de tirer les enseignements des engagements inaboutis et de donner une continuité concrète à l’action publique.
Les citoyens pourraient ainsi comprendre ce qui a été fait, ce qui reste à accomplir et pourquoi les décisions qui engagent leur avenir sont prises.
Ce bilan devrait présenter ce qui a été réalisé et fonctionne effectivement, ce qui demeure en cours, ce qui n’a pas été réalisé et les raisons de ces écarts. Il devrait également préciser les moyens mobilisés, les résultats observés et les engagements qui restent à honorer.
À partir de cet état des lieux, les décisions pour la suite devraient être expliquées : quels projets poursuivre conformément à ce qui a été acté, lesquels accélérer, lesquels réorienter et, lorsque cela se justifie, lesquels interrompre ?
Chaque choix gagnerait à être accompagné de ses motifs, de ses responsables, de ses moyens et de son calendrier. Je souhaite fortement que ce travail soit rendu public et expliqué aux Marocaines et aux Marocains, dans des termes accessibles et par des moyens adaptés aux différents publics.
La publication d’un rapport doit s’accompagner d’une présentation compréhensible des acquis, des difficultés et des prochaines étapes, puis d’un suivi régulier.
Cette démarche permettrait de reconnaître les réalisations, de tirer les enseignements des engagements inaboutis et de donner une continuité concrète à l’action publique.
Les citoyens pourraient ainsi comprendre ce qui a été fait, ce qui reste à accomplir et pourquoi les décisions qui engagent leur avenir sont prises.