Les 53 États membres de la région européenne de l’Organisation mondiale de la santé ont adopté à l’unanimité leur première feuille de route commune sur l’intelligence artificielle en santé. Le document vise une intégration sûre et utile de ces outils dans les systèmes de soins, afin d’améliorer la qualité des services, d’aider les professionnels et de progresser vers une couverture sanitaire plus accessible.
La feuille de route couvre la période 2026-2033 et organise l’action autour de quatre domaines : gouvernance, cadres éthiques et juridiques, données et infrastructures numériques, puis compétences et mise en œuvre. L’OMS insiste aussi sur la qualité des données, l’interopérabilité, la cybersécurité et l’évaluation en conditions réelles, plutôt que sur une adoption rapide sans contrôle.
Pour le Maroc, ce cadre ne constitue ni une règle applicable ni la preuve d’un déploiement national. Il fournit toutefois une grille de lecture utile avant tout investissement public ou privé : définir les responsabilités, protéger les droits des patients, vérifier les performances et former les soignants. L’expérience européenne rappelle que l’IA en santé ne peut être séparée de la confiance, de la sécurité et de l’égalité d’accès.
L’OMS indique que son diagnostic régional de préparation, publié en 2025, s’appuyait sur les réponses de 50 pays. Pour les acteurs marocains de la santé et du numérique, la leçon durable tient à la méthode : partir des besoins cliniques, garantir un contrôle humain et mesurer la valeur créée pour les patients. L’innovation devient alors un outil de renforcement du système de soins, et non une fin en soi.