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IA, spiritualité et responsabilité

Une alerte de Wald Maâlam.


Par Dr Az-Eddine Bennani.

L’intelligence artificielle suscite aujourd’hui un intérêt croissant dans tous les domaines de la société. Elle est mobilisée pour analyser des textes, produire des contenus, automatiser des tâches et accompagner la prise de décision. Cette dynamique s’étend désormais à des sujets sensibles, y compris à la spiritualité et aux textes religieux.

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos évoquent ainsi l’utilisation de l’intelligence artificielle pour analyser des textes sacrés et en tirer des interprétations ou des enseignements. Ces contenus rencontrent un large public, souvent attiré par la combinaison entre technologie avancée et thématiques spirituelles.



Face à ce phénomène, Wald Maâlam adopte une posture de vigilance.

IA, spiritualité et responsabilité
Sa démarche ne consiste pas à contester la technologie ni à entrer dans des débats techniques. Elle consiste à rappeler une distinction essentielle : celle entre les outils numériques et le domaine du sacré.

Pour Wald Maâlam, la religion relève d’une dimension particulière, qui engage le cœur, la conscience et la responsabilité.

Elle ne peut être assimilée à un ensemble de données ni à un objet d’analyse technique, quels que soient les progrès des technologies.

Dans cette perspective, l’intelligence artificielle, comme tout outil informatique, peut être utile dans certains contextes — organisation de l’information, accès aux connaissances, diffusion pédagogique.

Mais elle ne saurait être placée au cœur de l’interprétation, de la transmission ou de la médiation du religieux.

Wald Maâlam attire également l’attention sur la manière dont ces sujets sont parfois abordés dans certains contenus numériques.

Il observe que l’intelligence artificielle y est souvent évoquée de manière répétée, comme un argument d’autorité, sans que sa nature réelle, ses limites et son fonctionnement soient réellement expliqués.

Cette utilisation du terme « IA » tend à produire un effet de fascination, sans toujours s’accompagner d’une rigueur suffisante dans l’analyse. Elle s’inscrit souvent dans une logique de visibilité, propre aux réseaux sociaux, où l’objectif est d’attirer l’attention et de générer un maximum de vues.

Dans ce contexte, Wald Maâlam invite à distinguer entre la recherche de sens et les logiques de diffusion numérique.

Il souligne que notre religion, par sa profondeur et sa dimension spirituelle, ne doit pas être associée à des approches qui relèvent davantage du marketing de séduction que d’une démarche de connaissance.

Le sacré appelle au respect, à la mesure et à la responsabilité. Cette vigilance ne vise pas à rejeter les technologies, mais à en définir les limites d’usage.

Elle invite à préserver un espace où le sens, la transmission et la relation spirituelle ne sont pas soumis à des logiques d’optimisation, de performance ou de visibilité.

Pour Wald Maâlam, il est important de rappeler que toutes les innovations, même les plus avancées, ne sont pas destinées à s’appliquer à tous les domaines.

Certains espaces relèvent d’une autre temporalité, d’une autre profondeur, et nécessitent une approche spécifique.

Dans un environnement marqué par la rapidité des contenus et la recherche d’audience, cette position constitue une invitation à la responsabilité collective.

Elle appelle à un usage réfléchi des technologies, respectueux des équilibres culturels, spirituels et humains.

Ainsi, la question posée n’est pas celle des capacités techniques de l’intelligence artificielle, mais celle du cadre dans lequel elle est utilisée.

C’est dans cette réflexion que s’inscrit l’alerte de Wald Maâlam : veiller à ce que les outils numériques restent à leur place, et que le domaine du sacré conserve toute sa singularité.

Par Dr Az-Eddine Bennani.


Lundi 2 Mars 2026