Par Mohammed Yassir Mouline
L’annonce autour du projet IRIFI, présenté comme un système aérien marocain de longue portée pouvant atteindre jusqu’à 2 000 kilomètres, intervient dans un contexte régional où chacun surveille le voisin avec l’attention d’un gardien de parking ayant perdu son ticket… Le projet est présenté comme une nouvelle étape dans la montée en puissance de l’industrie de défense marocaine, avec l’objectif de développer et produire localement certaines capacités… Pour certains observateurs, voilà donc une drôle de surprise… le Maroc ne se contente plus d’acheter… Il veut aussi concevoir, développer, produire et apprendre à produire… Et c’est probablement cela qui dérange le plus… Car acheter une arme, c’est une transaction… Construire une industrie, c’est une stratégie…
Pendant longtemps, certains avaient pris l’habitude de regarder le Royaume à travers le catalogue de ses importations militaires… Comme si la souveraineté consistait à ouvrir un chéquier et à attendre la livraison… Mauvaise lecture… Le Maroc semble désormais vouloir ajouter une autre ligne à son cahier des charges… ne plus seulement acquérir des capacités, mais développer progressivement les compétences qui permettent de les produire sur son propre territoire… Et là, forcément, quelques calculatrices régionales commencent à chauffer…
Le plus savoureux reste peut-être le nom… IRIFI… Une appellation puisée dans l’identité amazighe du Maroc et associée au Rif… Dans une région où certains aiment découper le Royaume sur les cartes de leurs fantasmes géopolitiques, voilà que le Maroc rappelle, à sa manière, que ses régions ne sont pas des pièces détachées… elles participent toutes à la même souveraineté… L’élément le plus frappant et que son usine « IRIFI » serait implantée dans la capitale côtière du Rif, Nador, relativement proche de la frontière algérienne…
Le message est d’autant plus intéressant que l’industrie de défense ne se résume pas à une machine exposée dans un salon… Derrière un système militaire, il y a des ingénieurs, des chercheurs, des logiciels, des chaînes industrielles, de la formation, de la maintenance, de la recherche-développement et surtout une accumulation de savoir-faire… En d'autres termes, la vraie portée d’un programme industriel ne se mesure pas seulement en kilomètres… Elle se mesure en compétences acquises…
Et pendant que certains continuent à faire fonctionner leurs vieilles usines à slogans « menace, propagande, procès d’intention et indignation à géométrie variable… », le Maroc semble avoir choisi une autre mécanique… investir, diversifier ses partenariats, attirer les industriels et installer progressivement une capacité de production sur son sol… Il y a là une ironie assez délicieuse… Ceux qui rêvent de voir le Maroc dépendant découvrent qu’il travaille précisément à réduire ses dépendances... Ceux qui voudraient lui assigner une place permanente dans le rôle du client découvrent qu’il ambitionne aussi celui du producteur… Et ceux qui confondent souveraineté avec discours découvrent qu’elle peut également se fabriquer en usine…
Quant aux spécialistes régionaux de la catastrophe, ils pourront toujours sortir leurs cartes, leurs flèches rouges et leurs scénarios apocalyptiques… Le Maroc, lui, semble préférer les ingénieurs aux spécialistes du commentaire… Reste évidemment à distinguer les annonces, les lettres d’intention et les capacités effectivement opérationnelles… La portée annoncée d’un système ne suffit pas, à elle seule, à mesurer sa réalité militaire... Mais une chose est déjà parfaitement lisible… la question n’est plus seulement de savoir ce que le Maroc achète… Elle se transforme en une interrogation fondamentale… concernant les capacités de production domestique que le Maroc parviendra à développer demain…
Et c’est peut-être cette question-là qui donne le plus de migraines à ceux qui avaient pris l’habitude de rêver d’un Royaume dépendant… Car dans la géopolitique comme dans l’atelier, il existe une règle simple… celui qui apprend à fabriquer finit tôt ou tard par décider lui-même de ce dont il a besoin… Les autres peuvent continuer à commenter… Le Maroc, lui, semble avoir décidé de produire… Wa Assalamou Alaikoum wa Rahmatou Allah.
Pendant longtemps, certains avaient pris l’habitude de regarder le Royaume à travers le catalogue de ses importations militaires… Comme si la souveraineté consistait à ouvrir un chéquier et à attendre la livraison… Mauvaise lecture… Le Maroc semble désormais vouloir ajouter une autre ligne à son cahier des charges… ne plus seulement acquérir des capacités, mais développer progressivement les compétences qui permettent de les produire sur son propre territoire… Et là, forcément, quelques calculatrices régionales commencent à chauffer…
Le plus savoureux reste peut-être le nom… IRIFI… Une appellation puisée dans l’identité amazighe du Maroc et associée au Rif… Dans une région où certains aiment découper le Royaume sur les cartes de leurs fantasmes géopolitiques, voilà que le Maroc rappelle, à sa manière, que ses régions ne sont pas des pièces détachées… elles participent toutes à la même souveraineté… L’élément le plus frappant et que son usine « IRIFI » serait implantée dans la capitale côtière du Rif, Nador, relativement proche de la frontière algérienne…
Le message est d’autant plus intéressant que l’industrie de défense ne se résume pas à une machine exposée dans un salon… Derrière un système militaire, il y a des ingénieurs, des chercheurs, des logiciels, des chaînes industrielles, de la formation, de la maintenance, de la recherche-développement et surtout une accumulation de savoir-faire… En d'autres termes, la vraie portée d’un programme industriel ne se mesure pas seulement en kilomètres… Elle se mesure en compétences acquises…
Et pendant que certains continuent à faire fonctionner leurs vieilles usines à slogans « menace, propagande, procès d’intention et indignation à géométrie variable… », le Maroc semble avoir choisi une autre mécanique… investir, diversifier ses partenariats, attirer les industriels et installer progressivement une capacité de production sur son sol… Il y a là une ironie assez délicieuse… Ceux qui rêvent de voir le Maroc dépendant découvrent qu’il travaille précisément à réduire ses dépendances... Ceux qui voudraient lui assigner une place permanente dans le rôle du client découvrent qu’il ambitionne aussi celui du producteur… Et ceux qui confondent souveraineté avec discours découvrent qu’elle peut également se fabriquer en usine…
Quant aux spécialistes régionaux de la catastrophe, ils pourront toujours sortir leurs cartes, leurs flèches rouges et leurs scénarios apocalyptiques… Le Maroc, lui, semble préférer les ingénieurs aux spécialistes du commentaire… Reste évidemment à distinguer les annonces, les lettres d’intention et les capacités effectivement opérationnelles… La portée annoncée d’un système ne suffit pas, à elle seule, à mesurer sa réalité militaire... Mais une chose est déjà parfaitement lisible… la question n’est plus seulement de savoir ce que le Maroc achète… Elle se transforme en une interrogation fondamentale… concernant les capacités de production domestique que le Maroc parviendra à développer demain…
Et c’est peut-être cette question-là qui donne le plus de migraines à ceux qui avaient pris l’habitude de rêver d’un Royaume dépendant… Car dans la géopolitique comme dans l’atelier, il existe une règle simple… celui qui apprend à fabriquer finit tôt ou tard par décider lui-même de ce dont il a besoin… Les autres peuvent continuer à commenter… Le Maroc, lui, semble avoir décidé de produire… Wa Assalamou Alaikoum wa Rahmatou Allah.