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Importations céréales : le Maroc vise 30 millions de quintaux


Rédigé par le Lundi 20 Avril 2026



Le Maroc prévoit d’importer environ 30 millions de quintaux de céréales afin de sécuriser son approvisionnement. Même si la campagne agricole 2025-2026 s’annonce meilleure que les précédentes, le Royaume continue de dépendre du marché international pour couvrir une consommation structurellement élevée.

Le Royaume cherche à compenser les déficits accumulés par plusieurs années de sécheresse

Importations céréales : le Maroc vise 30 millions de quintaux
Le Maroc s’oriente vers l’importation d’environ 30 millions de quintaux de céréales afin de répondre à ses besoins intérieurs et de consolider sa sécurité alimentaire. Cette décision intervient dans un contexte paradoxal. D’un côté, la campagne agricole 2025-2026 affiche des perspectives plus favorables, avec une production céréalière prévisionnelle évaluée à 82 millions de quintaux par Bank Al-Maghrib, et même la possibilité d’atteindre 90 millions grâce aux pluies de printemps. De l’autre, cette amélioration ne suffit pas à effacer plusieurs années de sécheresse ni à couvrir entièrement la demande nationale, particulièrement forte en blé tendre, produit essentiel dans l’alimentation des ménages marocains. 
 
La dépendance du Royaume aux marchés extérieurs reste donc une réalité structurelle. Les professionnels du secteur meunier estiment que, malgré une récolte meilleure que lors des campagnes précédentes, les importations demeureront nécessaires pour équilibrer le marché. Ce volume de 30 millions de quintaux représente certes un recul par rapport aux 50 à 55 millions de quintaux importés durant les années de forte sécheresse, mais il confirme que la production nationale, même en reprise, ne peut à elle seule absorber les besoins du pays. Dans un pays où la consommation de pain et de farine reste élevée, l’enjeu n’est pas seulement agricole, il est aussi social et stratégique. 
 
Cette stratégie d’approvisionnement s’inscrit aussi dans un environnement international contrasté. Sur le papier, les perspectives mondiales de production céréalière sont relativement favorables, notamment selon les tendances relayées autour des prévisions de la FAO. Pourtant, les prix restent sensibles à des facteurs extérieurs comme le coût du fret maritime et celui de l’énergie. Au Maroc, des perturbations météo ont par ailleurs compliqué les opérations portuaires à Casablanca et à Jorf Lasfar, provoquant des surcoûts estimés autour de 20 dirhams par quintal selon des responsables professionnels. Le coût de revient de la tonne de blé importée évoluerait ainsi entre 265 et 268 dollars, ce qui maintient une forte pression sur la trésorerie des importateurs et des minotiers. 
 
Face à cette situation, le Maroc cherche à jouer sur deux tableaux : importer pour sécuriser l’offre, tout en protégeant la récolte locale lorsqu’elle est bonne. Des experts indiquent d’ailleurs qu’une suspension temporaire des importations de blé tendre pourrait être envisagée durant les mois de juin et juillet afin de favoriser la collecte et la valorisation de la production nationale. Cette approche traduit une volonté d’arbitrer entre ouverture au marché mondial et soutien à la filière locale. En toile de fond, la priorité reste inchangée : éviter toute rupture d’approvisionnement et préserver la stabilité alimentaire du pays dans un climat où la question agricole demeure étroitement liée aux aléas climatiques. 




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Lundi 20 Avril 2026