Un potentiel maritime encore largement sous-exploité
C'est dans ce contexte qu'émerge l'objectif de développer une filière capable de créer plus de 25.000 emplois directs à l'horizon 2040. Les projections relayées par les professionnels évaluent son potentiel économique entre 17 et 33 milliards de dirhams.
Le secteur emploierait actuellement entre 8.000 et 10.000 personnes en incluant notamment la réparation de la flotte de pêche. L'ambition paraît cohérente avec les besoins du pays : entretien des navires, construction, réparation, équipements embarqués, ingénierie et services portuaires.
Elle rejoint aussi un impératif de souveraineté. Un Royaume tourné vers l'Atlantique ne peut éternellement dépendre de capacités étrangères pour une large partie de ses besoins maritimes.
Une filière intégrée reste à construire
Mais le passage du potentiel à l'industrie exige bien davantage qu'un chantier naval moderne. Il faudra une gouvernance stable, des commandes suffisamment prévisibles, des formations adaptées et un réseau de sous-traitants capables de respecter des normes exigeantes. La concurrence internationale, déjà très structurée en Asie et en Europe, ne laissera aucune place à l'improvisation.
Les 25.000 emplois annoncés restent donc une projection, pas une promesse acquise. Le Maroc possède les ports, la position géographique et une demande intérieure réelle.
Il lui manque encore une filière intégrée. C'est précisément là que commence le vrai chantier.